Le Malawi met son énergie dans l’uranium

Malawi_uranium_map_fig_2_projectove Selon un rapport publié par le Fonds monétaire international (FMI), la mine d'uranium de Karonga pourrait rapporter au Malawi une recette de 1,6 milliard de dollars pendant la décennie à suivre.

Sa mise en activité est prévue pour 2009.

Alors que le pétrole a parfois – voire même souvent - été considéré comme une malédiction pour les pays dotés d’une ressource extrêmement convoitée, espérons qu’il n’en soit pas de même pour l’uranium… Il n’est pas interdit d’y croire

La mine pourrait contribuer à une augmentation de 25% des exportations du Malawi, un pays traditionnellement agricole, et à une croissance de 10% du produit intérieur brut (PIB), indique le rapport. Elle pourrait ainsi apporter au gouvernement malawite des recettes fiscales d'un montant de 300 millions de dollars.

Le Malawi a accordé une licence à la compagnie australienne Paladin Energy, laquelle compte commencer sa production début 2009 dans cette mine située dans le district de Karonga (nord).

Paladin Africa, filiale du groupe australien Paladin Resources, a ainsi été autorisée en avril à réaliser des travaux d’extraction, après la signature avec le gouvernement d'un accord d’une durée de 10 ans.

Mais, d’ores et déjà, gouvernement et ONG du Malawi ont mené les premiers combats d’une bataille sur les ressources énergétiques. Il fallait – malheureusement - s’y attendre.

Des organisations de défense des droits de l'Homme du Malawi ont entamé en juin 2007 une action en justice contre la compagnie minière australienne Paladin et le gouvernement du Malawi en vue de stopper un projet d'extraction d'uranium dans ce pays, évalué à $ 185 millions.

« Nous avons obtenu une injonction contre Paladin et contre le gouvernement du Malawi pour non-respect des procédures concernant l'extraction d'uranium, avait alors déclaré John Chawinga, secrétaire de la Commission catholique pour la paix et la justice, l'une de ces ONG réunies en coalition.

" Nous avons énuméré douze sujets d'inquiétude que nous souhaitons voir clarifiés par le gouvernement et la compagnie ", avait-t-il expliqué, ajoutant que la coalition souhaitait en particulier que le gouvernement « réexamine" une étude sur les conséquences écologiques du projet.

En cas d'extraction minière à Kayelekera, à 40 km à l'ouest du district de Karonga, les associations craignent une pollution du lac Malawi, troisième plus grand lac d'Afrique et source d'eau potable, de ressources poissonnières et d'emploi pour des millions d'habitants.

M. Chawinga avait également évoqué les risques d'une " exposition aux radiations" pour la population qui pourrait, selon lui, avoir « des conséquences catastrophiques pour les générations futures ».

Un responsable de Paladin, Martin McAllen, a pourtant affirmé qu'aucune eau usée ne serait « directement rejetée dans l'environnement ou les rivières ". « Elle sera retenue et stockée dans des étangs conçus à cet effet », a-t-il assuré.

Un porte-parole du ministère de l'Énergie et des mines, Charles Msosa, a de son côté assuré que le gouvernement s'était conformé à la réglementation environnementale.

En novembre 2007, la plainte s’est « brusquement évaporée » comme le rapporte si bien le site mineweb.

Source : www.lesafriques.com , AFP

 

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