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La TVA sociale fait un mauvais come-back
Miracle cauchemar budgétaire des bonnes résolutions 2008, preuve éclatante de la véracité de la théorie du flux et reflux, ultime avatar de la politique de la communication au jour le jour, la TVA sociale revient.
Eh oui, c'est encore cette bonne vieille histoire de TVA sociale, TVA anti-délocalisation ou TVA Emploi (!) : appelez-la comme vous voulez, c'est la même chose de toute façon.
Si le message du gouvernement Fillon 2 sur le sujet n'était pas déjà complètement brouillé, on pourrait toujours suggérer aux français de se mettre à la kabbale, histoire de comprendre si oui ou non, Nicolas Sarkozy compte mettre en place cette TVA renforcée censée favoriser les entreprises françaises.
Le Blog Finance a depuis longtemps suivi cette réforme si difficile à accoucher : la dernière fois qu'on en a entendu parlé, c'était le 24 septembre. Un certain Eric Besson (en photo ci-contre), secrétaire d'Etat à la prospective avait rendu quelques jours auparavant son rapport sur la TVA Emploi au gouvernement Fillon 2. Les réactions de la majorité oscillaient entre le soutien de principe du bout des lèvres, et la critique horrifiée à peine voilée...
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Selon le bon principe qu'il vaut toujours mieux parler en premier (après bien sûr les voeux de notre Président trônant siégeant devant un énigmatique risible lutin qui a fait beaucoup parler de lui), Eric Besson a déclaré ce matin sur France 2 que la TVA Emploi "donnera lieu à un arbitrage du président de la République au printemps».
Selon Eric Besson, la fiscalisation de la protection sociale sera « (dans) les dix ou quinze ans inéluctable». Elle entraînera «moins de cotisations sociales et plus d'impôts et de taxes». Et de citer en exemple certains pays du Nord de l'Europe qui «financent leur protection sociale non pas sur les cotisations assises sur les salaires (…) mais sur des impôts et des taxes».
Pour rappel, Christine Lagarde, Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi du gouvernement déclarait le 11 septembre dernier qu' "en tant que telle, en l'état de la croissance et sans un accompagnement ferme en matière de maintien des prix, (la TVA sociale) ne serait pas propice en ce qu'elle serait facteur d'inflation et probablement peu créatrice d'emplois".
Eric Besson quant à lui pense tout à fait l'opposé de son ministre de tutelle (quoi de plus normal pour un transfuge du PS diront les mauvaises langues...) : il faut que "ce qui relève de la solidarité nationale soit financé par des prélèvements fiscaux, qui pèsent moins sur l'activité, le pouvoir d'achat et sur l'emploi».
Ah... Mais qui y comprend encore quelque chose ? Sûrement pas les Français !
Les voeux présidentiel ont pourtant été clairs : "J'ai voulu mettre chacun face à ses responsabilités" a déclaré Nicolas Sarkozy. Responsabilités face à une croissance qui tourne à la Bérézina, à un déficit qui devient abyssal et à des perspectives d'avenir qui tiennent plus du domaine de la fantasmagorie (la fameuse fumeuse politique de civilisation) que de la progression du niveau de vie ?
Certes, tout ne peut être résolu en un jour a psalmodié notre Président : Il va falloir que les Français se fassent tout doucement à l'idée d'une TVA à 25% : tant pis pour le niveau de vie du citoyen lambda.
Tout de même... Après la fin plus ou moins programmée des 35 heures, le choc fiscal favorisant outrageusement les plus gros contribuables, le projet d'un impôt plancher et maintenant l'abandon pur et simple de la progression du pouvoir d'achat, la pilule parait décidément dure à avaler.
Mais peut-être Nicolas Sarkozy estime-t-il que c'est finalement le bon moment pour faire passer les réformes les plus impopulaires, les municipales de mars prochain ne pouvant être que sanglantes pour les candidats UMP ?
Sphynx ou fumiste, c'est désormais à chacun d'apprécier si la France a fait le bon choix lors des dernières élections présidentielles. Rendez-vous très bientôt, le soir du premier tour des municipales.
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Commentaires
Nasky
2 janv. 08 17:40:12
Si la gauche "gagne" les municipales, ça ne veut pas dire que les Français regrettent d'avoir élu Sarkozy... Cela peut juste être un avertissement exigeant des résultats. Mais en aucun cas qu'ils auraient préféré la Ségo qui n'a rien à dire et proposer à part "aimons-nous les uns les autres et tenons-nous par la main" ou Bayrou, seul et sans projet.
Jugeons dans 5 ans pour dire si on regrette ou pas plutôt.
Jean-Philippe GREGOIRE
2 janv. 08 18:31:05
@ Nasky : attendre cinq ans ? Mais c'est la méthode Chirac ça !
Aurélien
2 janv. 08 18:45:20
Soyons précis, 53% "seulement" des français ont choisi la peste. 47% ont voté pour le choléra. Et en plus une bonne partie de chaque côté avait voté pour d'autres maladies bien plus graves...
Elisabeth
3 janv. 08 14:15:48
Au fait JP : bingo hier soir sur Google grace à ton article !!
Bravo !
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