Israël parviendra-t-il au but que George-W Bush lui-même n'a pas réussi à atteindre ? A savoir, dresser l'opinion internationale contre l'Iran.
Si l'épisode du récent incident dans le détroit d'Ormuz aurait pu faire monter la mayonnaise, peu de monde s'y est laissé prendre. Il faut dire que l'Iran a su sur ce point extrêmement bien utiliser les ressources offertes par video et autres media.
Alors que la tension s'atténue sur le dossier nucléaire iranien - nombre de pays concrétisant ces temps derniers des accords pétroliers avec cet important pays producteur - il est fort possible que le président américain envoie son allié israélien tenter de remettre de l'huile sur le feu, histoire peut-être de se garder quelques miettes du gâteau en or noir iranien.
N'écoutant que son courage, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a appelé jeudi les chefs d'entreprise réunis à Davos à boycotter l'Iran face à "la menace mondiale" que représente le régime de Téhéran en raison notamment de ses ambitions dans le nucléaire. Je vous laisse apprécier.
"Si chaque société ici, si chaque pays représenté décidait de retirer ses investissements d'Iran, cela pourrait arrêter Téhéran", a ainsi lancé Mme Livni devant un parterre d'hommes d'affaires et de responsables politiques lors du Forum économique mondial.
Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne sont convenus mardi à Berlin de présenter au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution pour dissuader Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.
"L'Iran soutient le terrorisme, l'Iran nie l'Holocauste, l'Iran appelle à effacer Israël de la carte", a lancé la ministre, en ajoutant que le soutien de Téhéran aux mouvements extrémistes au Moyen-Orient "minait" la possibilité d'un accord de paix israélo-palestinien. "Une puissance formidable est réunie dans cette salle", a souligné la ministre. "On peut arrêter l'Iran grâce à vous", a-t-elle ajouté.
Encore faut-il que ces hommes d'affaires soient convaincus qu'une action de ce type converge avec leurs intérêts, ceux de leur entreprise et ceux de leur pays ...
La nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU contre l'Iran sera "punitive", a affirmé jeudi quant à lui le numéro 3 du département d'Etat américain, Nicholas Burns, s'inscrivant en faux contre des déclarations russes soutenant que le texte ne prévoyait pas de sanctions supplémentaires.
Mr Burns s'exprimait après avoir co-présidé à Tel-Aviv avec le vice-Premier ministre israélien Shaoul Mofaz une réunion, axée sur l'Iran, de la commission de coopération stratégique israélo-américaine.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé pour sa part que le projet de résolution prévoyait "des mesures supplémentaires" mais pas de nouvelles sanctions.
Mais selon M. Burns, le texte prévoit "une interdiction de voyager pour certains responsables iraniens". "Ceux sur la liste, qui occupent des postes clés au sein de l'industrie militaire iranienne, ne pourront voyager nulle part dans le monde". Il prévoit aussi "un gel des avoirs de certaines institutions et une interdiction d'exporter des produits à usage double", susceptibles d'être utilisés dans les domaines civil et militaire, a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs affirmé que l'accord des grandes puissances sur un nouveau texte était "très significatif d'un point de vue politique car les Iraniens disaient publiquement ces derniers mois que le Conseil de sécurité n'allait pas agir et qu'il n'était pas uni". Ce qui pourrait bien être le but ultime de cet “effet d'annonce” souhaité par Washington.
M. Burns a en outre assuré que l'éventuel recours à la force contre l'Iran n'avait pas été discuté lors de ses discussions en Israël. “Je crois qu'il y a encore du temps pour la diplomatie et que nous devons épuiser les options diplomatiques” a-t-il affirmé.
Il s'est ainsi démarqué des déclarations de l'ancien ambassadeur américain à l'ONU John Bolton, qui a estimé lors d'un colloque en Israël mardi que l'Etat hébreu devrait recourir à l'option militaire s'il voulait empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire. "Monsieur Bolton ne travaille plus pour le gouvernement américain et ne parle pas en son nom", a-t-il dit en qualifiant ses propos de "très extrêmes".
Commençant à savoir louvoyer aussi bien que les Etats-Unis entre mauvaise foi et subtile argumentation, l'Iran a refusé de recevoir la plainte de Washington sur le récent incident entre navires iraniens et américains au motif que la plainte parle de "Golfe" au lieu de "Golfe persique", a rapporté mercredi l'agence de presse officielle IRNA. Cette dernière rapportait des propos d' Ali-Akbar Rezaie, chef du premier département des Affaires américaines relevant du ministère iranien des Affaires étrangères.
"Ainsi, étant donné cela, aucun message n'a été reçu et bien sûr, dès que la version corrigée sera déposée, une enquête sera lancée", a précisé Rezaie.
Les Etats-Unis ont informé le 10 janvier qu'ils avaient formulé une protestation officielle contre l'Iran sur l'incident du 6 janvier lors duquel selon Washington, cinq navires iraniens auraient harcelé et menacé d'attaquer trois bâtiments de la marine américaine dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz.
"Nous avons préparé et remis à la Suisse une note diplomatique protestant formellement contre cet incident", a dit à la presse le porte-parole adjoint du département d'Etat américain Tom Casey. La Confédération helvétique est en effet chargée des intérêts américains à Téhéran par le biais de son ambassade sur place depuis 1980.
Des vedettes rapides iraniennes ont approché en décembre des navires de guerre américains à deux reprises dans le détroit d'Ormuz, provoquant dans l'un des cas un tir de sommation de la Marine américaine, a révélé le 11 janvier dernier un responsable du Pentagone. Ce dernier avait par ailleurs souligné que le troisième incident intervenu le 6 janvier dernier était le plus grave de la série même si aucun tir n'avait été lancé.
Le 19 décembre, l'USS Whidbey Island, un bâtiment de guerre amphibie, a lancé des tirs de sommation à l'approche d'une vedette iranienne dans les eaux du détroit d'Ormuz, a-t-il indiqué. Pour rappel, une part considérable de la production mondiale de pétrole transite par ce détroit. Le deuxième incident a concerné l'USS Carr, une frégate dotée de missiles guidés, qui "a eu un contact très rapproché avec trois petits bateaux", de l'ordre de 500 mètres de distance, alors que le navire américain croisait vers le Golfe via Ormuz.
Si les Etats-Unis ont protesté formellement auprès de l'Iran pour l'incident survenu le 6 janvier, peu avant un voyage de George W. Bush au Moyen-Orient, par la suite, les militaires américains ont admis qu'il leur était "impossible de savoir" si la menace qu'ils dénoncent émanait bien de vedettes iraniennes. La révélation de deux incidents en décembre fait suite à cet aveu ....
Sources : AFP, Xinhua
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2 Commentaires
1
Encore le pétrole et pourtant beaucoup de pays viole les lois internationnal beaucoup plus que l'Iran
25 janvier 2008 à 01:302
""Si chaque société ici, si chaque pays représenté décidait de retirer ses investissements d'Iran, cela pourrait arrêter Téhéran", a ainsi lancé Mme Livni"
Israel n'avait pas de relations économico-militaires importantes et longues avec l'Afrique du Sud lors du régime de l'apartheid (également en pleine "ambition nucléaire")?
Et il ne manque pas d'autres exemples récents et biens documentés dans la presse israélienne non néocon.
25 janvier 2008 à 11:33Ajoutez un commentaire
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