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Infomobile (ex-SFR) : travailler sans être payé
Alors que certains attendent encore fébrilement leurs étrennes, certains espèrent tout « simplement » le paiement de leur salaire … Car si certains slogans nous engagent à travailler plus pour gagner plus, les ex-salariés du Centre d’Appel SFR récemment repris par Infomobile (filiale de Téléperformance) dans le cadre de l’article L122.12 du Code du travail, et les nouveaux employés directement embauchés demandent que leur soit réglé le juste fruit de leur labeur.
Après la situation chaotique de début décembre où les salariés ont du manifester leur mécontentement auprès de la direction pour toucher un acompte sur leur salaire, employés et élus pensaient « naïvement » que les choses étaient rentrées dans l’ordre. C’était sans compter sur les méthodes peu citoyennes et encore moins légales qui semble-t-il prévalent chez cette filiale de Teleperformance, par ailleurs prestataire de SFR (groupe Vivendi).
Lors d’une dernière réunion 2007 des délégués du personnel à Toulouse, plusieurs salariés sont venus spontanément le 28 décembre dernier faire état de leur situation : découvert abyssal, interdit bancaire, certains contraint de s’endetter pour venir travailler.
Car même au 21 ème siècle, difficile d’exercer une activité le ventre creux. "J'ai recensé même le cas d'un salarié qui n'a pas été payé et qui est contraint de loger dans sa voiture", avait souligné quant à elle mi-décembre une déléguée syndicale Sud », qui indiquait par ailleurs que tous les avantages des salariés ayant appartenu à SFR avaient été "revus à la baisse".
Certains salariés ne disposant même plus d’un pécule minimum leur permettant de « financer » leur repas de midi, la direction sous la pression des salariés et organisation syndicale s’est vu contrainte de répartir - parmi les salariés présents qui en faisaient la demande - le stock de tickets restaurants alors en sa possession et disponible immédiatement, aboutissant ainsi à l’octroi « quasi royal » de 5 tickets restaurants par personne concernée.
Comment Infomobile, dont la directrice était en séminaire dans la station balnéaire de Cancun au Mexique, la semaine avant Noël pense-t-elle résoudre ces situations ? La réponse est vaste, et conduit à moult interrogations ..
Depuis, certes des virements ont été effectués, mais ne correspondent pas à l’intégralité des sommes dues. Pendant ce temps-là, les échéances bancaires débitées sur les compte-courant des salariés ne prennent quant à elles aucun retard …
Cerise sur le gâteau, Infomobile a vivement réagi à un article paru dans la Dépêche du Midi, dressant un constant peu reluisant de la situation. Depuis, un nouvel article aux allures de communiqué officiel a tenté de redorer le blason de la filiale de la Téléperformance, tandis que l’article incriminé reste bizarrement introuvable en ligne …
Depuis l'annonce du transfert des trois centres d'appel SFR, filiale de Vivendi, à un de ses sous-traitants, Téléperformance, près de 460 salariés sur les 730 que comptait le centre de Toulouse "ont quitté l'entreprise ou sont en train de le faire", a indiqué Stéphane Michaud, délégué du personnel CFTC. Les délégués syndicaux, dont certains ont été poursuivis en justice par la direction de l'entreprise qui conteste leur mandat électif, ont confirmé par ailleurs le projet de déménagement de leur entreprise, sans pouvoir préciser le lieu d'implantation futur.
Sources : AFP, Dépêche du Midi, Syndicats Infomobile (ex-SFR)
A lire également :
. SFR/externalisation centres d’appels:plan social déguisé ?
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Voici les sites qui parlent de Infomobile (ex-SFR) : travailler sans être payé:
Commentaires
Adam
7 janv. 08 18:19:43
Elisabeth Studer,
Pourriez-vous m'éclairer de vos lumières dans le domaine de la téléphonie mobile.
Comment se fait-il que l'Etat français n'arrive pas à vendre une licence de téléphonie mobile à 619 millions d'euros alors que l'Arabie Saoudite a réussi à vendre il y a quelques mois une licence de téléphonie mobile à 6,1 milliards de dollars?
L'Etat français n'aurait-il pas le sens des affaires?
Adam
7 janv. 08 19:05:44
Adam bonjour,
Pour essayer de donner un élément de réponse :
Pour la même raison qui oblige les opérateurs à payer la construction d'un site relais 100 000 € quand c'est payé 500 000 € là bas. Le forfait 2 heures vaut certainement 4 fois plus cher... Qui pour nous en parler?
Elisabeth
7 janv. 08 19:40:33
effectivement en arabie saoudite, il ne doit pas avoir ou peu de réseau filaire donc le réseau mobile est plus rentable car quasiment non concurrencé.
après il faut voir le prix des communications et le pouvoir d'achat des clients ;)
Adam
7 janv. 08 22:03:52
Elisabeth Studer,
Vous êtes une nouyvelle fois de plus mauvaise langue sur l'Arabie Saoudite (le système de santé ça ne vous rappelle rien?).
Après renseignement il apparaît que le marché de la téléphonie que ce soit fixe ou mobile soit très développé.
J'ai regardé les tarifs de Saudi Telecom et le prix de la minute à partir d'un fixe est de 5 halalas(0,9 centime d'euros) en local et 10 en national (1,8 centimes d'euros) et pour le mobile c'est 45 halalas( 8 centimes d'euros) vers les numéros Saudi Telecom et 50 halalas vers les autres opérateurs (9 centimes d'euros). Je précises que les halalas sont une subdivision par 100 du Riyal un peu comme les cents (ou centimes pour certains) sont une division par 100 de l'euro.
Les prix sont donc bien moins chers en Arabie Saoudite qu'en France et je ne crois pas que la différence de pouvoir d'achat qui ne doit pas être si énorme que cela puisse expliquer cet écart.
P.S. : Vous n'aimez pas l'Arabie Saoudite on dirait. Ce pays est pourtant très moderne mais on dirait que vous avez quelques clichés. C'est dommage.
Elisabeth
7 janv. 08 22:09:33
Et si l'on revenait sur le sujet de l'article, qu'en dites vous ?
mimi31
7 janv. 08 22:15:54
Bonjour et merci Elisabeth,
Oui merci pour cet article. Je fais partie des ex-SFR qui ont "choisi" de quitter la société négrière Infomobile-Téléperformance. Je dis "choisi" car tout le monde sait qu'il s'agit d'un licenciement déguisé. Entre partir avec des indemnités + Assedic ou travailler pour des esclavagistes qui vont bientôt mettre la clé sous la porte, c'est vite vu. Vous avez bien résumé la situation pour ecux qui nous remplacent. Pendant ce temps la direction se prélasse au soleil. Cette direction qui est proche du pouvoir en place. Tout le monde est complice de cette débandade, le gouvernement à avaliser le transfert. Deux semaines après avoir reçu une délégation de l'intersyndicale, l'Elysée a décoré de la légion d'honneur le PDG de SFR. Pour notre ministre de l'économie, il y a sauvegarde des emplois. Seulement, pas avec les mêmes salariés Christine...
Adam
7 janv. 08 22:47:31
Elisabeth Studer,
Vous n'allez quand même pas faire votre "Jean-Philippe Grégoire"?
Vous n'avez pas demandé de revenir sur le sujet dans le fameux article consacré au Sahara Occidental qui a déchaîné tant de passions et que vous avez vous même alimenté.
En tant que journaliste vous devriez accepter la critique lorsque vos affirmations sont erronées et en reflètent pas la réalité.
Les médias aiment bien nous faire croire que nous sommes des privilégiés et que les gens vivent beaucoup moins bien que nous dans d'autres pays , or cela n'est pas forcément vrai.
Peut-être avez-vous l'intention de bloquer cette discussion comme votre confrère Jean-Philippe Grégoire lorsqu'il est à court d'argument?
Mon but n'est pas de vous dénigrer mais de vous aider à avancer.
La liberté d'expression est de plus en plus menacée et pas par ceux qu'on cherche à nous faire croire.
Question à Lagarde
8 janv. 08 18:17:00
Ministère interrogé : ECO - Ministère de l'économie, des finances et de
l'emploi
Question n° 50-10809 :
Mme Catherine Lemorton interroge Mme la ministre de l'économie, des
finances et de l'emploi sur le régime fiscal accordé au groupe Vivendi
Universal le 26 août 2004, l'autorisant à adopter un régime fiscal
dérogatoire, dit du bénéfice mondial consolidé.
Pour Vivendi, la baisse
d'impôt consécutive à l'application de ce dispositif est très
conséquente - plus d'un demi-milliard d'euros d'économie fiscale par an
-. En contrepartie, le groupe a pris auprès de l'administration fiscale
des engagements en matière de développement de l'emploi sur le
territoire national. La réalité sur le terrain est bien différente des
plans comptables et des stratégies financières sur papier glacé. Le
groupe vient de se séparer de centres d'appels de sa filiale SFR en
cédant les activités à Infomobile, filiale du groupe Téléperformance. Le
groupe Vivendi avait connaissance en cédant les activités de centre
d'appel qu'il engageait un processus de délocalisation des activités. Je
vous avais interpellée pour vous faire part de nos craintes sur les
pertes d'emploi qu'engendrerait cette cession. Aujourd'hui, certains
salariés embauchés depuis le 13 Octobre 2007 sur le site toulousain
n'avaient toujours pas été payés le 10 Décembre 2007, sous prétexte d'un
bug informatique ou de défaut de Relevé Identité Bancaire. C'est la
logique du travailler plus pour ne rien gagner. Vous n'avez pas souhaité
jusqu'à aujourd'hui répondre à la représentation nationale, estimant que
vous ne pouviez rien faire en vous réfugiant derrière la logique de la
liberté d'entreprise. Vous pouvez agir en retirant l'agrément autorisant
Vivendi Universal à adopter le régime fiscal du bénéfice mondial
consolidé. Vous montreriez par cette démarche que l'emploi et l'activité
économique doivent être préservés sur notre territoire.
Madame la
ministre, Comptez vous mettre un terme à ce régime dérogatoire ?
Elisabeth
8 janv. 08 18:20:14
SFR , 2eme annonceur en France , ce qui peut expliquer la pression qui a pu être faite sur le journal La Depeche du Midi
Elisabeth
8 janv. 08 22:59:31
Voici la réponse de luc Chatel aux questions de Catherine Le morton
Catherine Lemorton :
Le Président de la République a expliqué ce matin que les exonérations de charges seraient conditionnées à la politique salariale de l’entreprise.
Le Gouvernement compte-t-il mettre un terme à ce régime dérogatoire pour les entreprises comme Vivendi Universal qui ne respectent pas leurs engagements en matière de développement de l’emploi sur le territoire national ?
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de la consommation et du tourisme.
M. Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de la consommation et du tourisme :
Comme vous le savez, madame la députée, le régime du bénéfice consolidé permet à une société française tête de groupe de calculer son résultat fiscal sur l’ensemble des résultats réalisés par ses filiales situées à la fois en France et ailleurs dans le monde.
L’agrément n’est accordé que si le groupe dispose d’une implantation internationale diversifiée ou est en phase de développement à l’étranger, et si les avantages devant résulter pour le groupe de l’application de ce régime ont des contreparties économiques suffisantes pour la collectivité française, notamment en matière d’exportations et de création d’emplois.
Vivendi Universal est un groupe international présent dans les secteurs de la musique, de la télévision, mais aussi de la téléphonie mobile et de l’internet – un regroupement portant sur ces deux domaines est d’ailleurs en cours avec Neuf Télécom.
Le groupe Vivendi a pris des engagements portant notamment sur la création d’emplois dans certaines zones du territoire, au moyen de l’implantation de centres d’appels dédiés à l’activité de téléphonie mobile de SFR, aujourd’hui deuxième opérateur de téléphonie en France.
Ces engagements font l’objet d’un suivi constant de la part de nos services depuis 2004.
À la date d’aujourd’hui, je peux vous assurer que les engagements qui avaient été pris par le groupe lors de sa demande d’agrément au régime du bénéfice consolidé ont été respectés.
Ainsi, alors qu’il avait été prévu de créer 300 emplois sur le site de Belfort et autant sur celui de Douai, nous en sommes respectivement à 361 et 309 emplois en CDI.
Il va de soi, madame la députée, que si le groupe Videndi devait, dans les mois qui viennent, engager des réductions importantes d’effectifs, donc revenir sur ses engagements, le Gouvernement pourrait recourir au principe de la remise en cause de l’agrément. Toutefois, au vu de ce que nous pouvons constater actuellement, il n’y a pas lieu de considérer que les engagements pris par Vivendi ne sont pas respectés, donc de revenir sur l’agrément qui lui a été délivré.
M. le président. La parole est à Mme Catherine Lemorton.
Mme Catherine Lemorton. J’estime qu’un Gouvernement qui veut développer l’emploi devrait se montrer plus vigilant quant au respect des engagements pris par une société en contrepartie des avantages fiscaux qui lui ont été octroyés.
Ces engagements ne devraient pas se limiter au court terme, afin de ne pas permettre à la société concernée de procéder au « sale travail » en externalisant, comme l’a fait Vivendi.
L’exemple est patent, pour ne pas dire pathologique, sur le site de Toulouse, où il ne reste plus que 310 salariés sur les 800 qui s’y trouvaient encore le 1er août dernier et où les conditions sanitaires et sociales se sont dégradées de façon dramatique du fait de la mise en œuvre de mesures de dumping social et de baisses de salaire de 30 % – encore faut-il, d’ailleurs, que les salaires soient versés ! –, ce qui fait que nombre de salariés sont en arrêt de travail.
J’entends votre réponse, monsieur le secrétaire d’État, mais je m’inquiète du fait que les engagements pris par les sociétés en contrepartie d’avantages soient souscrits à trop court terme.
Adam
8 janv. 08 23:43:27
Elisabeth Studer,
Le site "Tunisie affaire" évoque la possibilité d'installation des centres d'appels SFR en Tunisie :
http://www.tunisieaffaire.com/index.php?option=com_content&task=view&id=90&Itemid=97
Que dira Madame Lagarde lorsque les emplois promis par SFR ne seront plus au rendez-vous?
Elisabeth
8 janv. 08 23:52:55
Merci bcp pour l'info !
le sujet pourrait être encore une fois un arrangement politique entre amis ...
je recehrche les élements
Elisabeth
9 janv. 08 00:00:02
"Les repreneurs ont assuré de conserver les salaires pendant 15 mois mais pas les avantages sociaux des salariés SFR, ni assurent que demain les actuels centres d'appels ne seront pas délocalisés ailleurs car le site SFR de Lyon (cité internationale) et de Poitiers (face au Futuroscope) représentent des coûts immobiliers trop importants.
Ainsi, les salariés français conserveront temporairement les salaires mais pas les conditions de travail.
Mais si les salariés français redoutent les délocalisations, les pays du Mahgreb (Algérie, Maroc, Tunisie) redoublent d'efforts pour attirer les entreprises internationales susceptibles de créer nombre d'emplois.
En fait, le meilleur candidat pour une future délocalisation envisageable sera Téléperformance et ses sites mondialement répartis sur 30 pays dont la Tunisie. "
c'est bien ce que les syndicats redoutent
cf.
SFR/externalisation centres d’appels:plan social déguisé ?
Adam
9 janv. 08 00:20:19
Les centres d'appel représentent 250.000 emplois en France. Combien seront délocalisés à terme? Le secteur connaît une forte croissance mais les pays du Maghreb ont pris compris qu'ils pouvaient capter le marché francophone et donc la création d'emplois se fera de l'autre côté de la Méditerranée.
Elisabeth
9 janv. 08 01:06:52
c'est clair ...
l'Ile maurice , egalement très appréciée par les opérateurs.
sebastien
12 janv. 08 13:34:07
bonjour
moi je suis aussi un ancien sfr mais qui est toujours en poste sur le site de lyon, donc sous la direction d'infomobile( je vous rassure pour pas bien longtemps , encore un mois et c'est la quille)...
en effet on gere des conneries immenses de cette boite... ça les derange nullement de laisser des salariés dans la merde: des retards de paies, des virements ou accomptes soit disant effectués etc etc !! j'ai vraiment honte de voir ça ... nous,à lyon,ils ont ete tres genereux, en novembre ils ont certes proposé de donner des tickets restos mais c'etait juste une avance sur le mois de decembre !! joli le kdo deguisé ... bref il est dommage de voir de nos jours comment des societes traitent leurs employes !!!



