Areva/France: avancées sur le nucléaire civil en Inde

SarkozyindelauvergeonCompte-tenu de “l'intérêt” que portent les Etats-Unis au secteur nucléaire de l'Inde, il est d'autant plus important de le noter.

Le groupe nucléaire public français Areva a remporté deux contrats dans la transmission et la distribution d'électricité auprès de groupes indiens pour un montant global de 41 millions d'euros. Parallèlement, la France et l'Inde ont paraphé un accord sur le nucléaire civil.

Par delà ces contrats, le dossier nucléaire iranien joue un rôle important. En janvier 2006, New Delhi avait rejetté catégoriquement toute tentative de lier son vote à l'AIEA à l'accord de coopération indo-américaine sur l'énergie nucléaire civile qui lui était proposé.

- Areva remporte des contrats

Les contrats, remportés par le pôle transmission et distribution du groupe, ont été annoncés à New Delhi au cours de la visite du président français Nicolas Sarkozy, précise pour sa part Areva.

LauvergeonparisotindeLe premier contrat d'une valeur de 23 millions d'euros a été signé avec le groupe NTPC. Il "comprend le design, l'ingénierie, la fabrication et la livraison d'un ensemble de transformateurs de puissance, pour le projet de centrale thermique Indira Gandhi, de 3 fois 500 MW, située à Jhajjar. Selon le groupe, "c'est la plus grande commande de transformateurs de puissance jamais passée dans le pays".

Le deuxième contrat d'un montant de 18 millions d'euros, signé avec Powergrid, "comprend l'amélioration des systèmes existants de transmission" d'une sous-station dans l'Etat de Bihar, dans l'Est de l'Inde.

- France et Inde s'accordent sur le nucléaire civil

La France et l'Inde ont paraphé un accord cadre de coopération dans le nucléaire civil en marge de la visite à New Delhi du président Nicolas Sarkozy, selon des informations communiquées par l'Elysée.

Compte tenu de l'ancienneté de la coopération française et indienne dans ce domaine, cet accord est beaucoup plus détaillé et avancé que ceux qui ont été signés avec la Libye, l'Algérie et les Emirats arabes unis, précise l'Elysée. Il pourrait de ce fait ouvrir très vite la voie à la fourniture par la France de centrales nucléaires avec des réacteurs de troisième génération (EPR).

Pour être officiellement signé, cet accord doit obtenir le feu vert européen d'Euratome. En tout état de cause la diplomatie française affirme être “totalement confiante dans le résultat".

Sa mise en application dépend cependant aussi de plusieurs conditions, dont la conclusion d'un accord de garanties entre l'Inde et l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui placerait les installations civiles sous le contrôle de l'AIEA et qui est actuellement en cours de négociation.

... Et du grain de sel que pourraient venir apporter les Etats-Unis, voyant d'un mauvais oeil de si importants contrats lui échapper ... Washington tenterait ainsi de monnayer d'éventuelles largesses politiques et financières en échange d'une position indienne en défaveur de l'Iran. La stratégie américaine ne s'arrête pas là, l'Inde tardant toujours à s'engager à participer au gazoduc oh combien stratégique Inde-Iran-Pakistan.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs rappelé vendredi que la France défendait l'”exception indienne,” estimant que New Delhi s'est engagée à placer sous le contrôle de l'AIEA ses réacteurs nucléaires civils et que son économie en forte croissance doit pouvoir bénéficier de la technologie nucléaire civile afin de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

"L'Inde n'a jamais contribué à la prolifération, l'Inde a déclaré vouloir séparer les activités nucléaires civiles et militaires, l'Inde, à ma connaissance en 1998, a déclaré un moratoire sur les essais (nucléaires), l'Inde est prête à satisfaire à toutes les obligations de l'AIEA", a rappelé le chef de l'Etat.

"La France souhaite obtenir le consensus européen et international pour que l'Inde puisse bénéficier d'une exception et se tourner vers le nucléaire civil (...) à ma connaissance, ce n'est plus qu'une affaire de semaines et l'autorisation doit être donnée", a-t-il poursuivi.

En Octobre 2207, les parlementaires américains ont donné leur feu vert à une coopération nucléaire entre les États-Unis et l'Inde. Âprement négocié depuis des mois au Sénat et à la Chambre des représentants, le texte de loi autorise Washington à fournir aux Indiens des réacteurs et du combustible nucléaires à des fins civiles.

Il revient ainsi sur trente ans de gel entre les deux pays. Puissance nucléaire déclarée depuis 1998, après avoir effectué un premier essai en 1974, l'Inde n'est pas signataire du traité de non-prolifération (TNP). À ce titre, New Delhi n'est donc pas censé accéder au marché nucléaire civil ni obtenir l'assistance du groupe des fournisseurs du nucléaire (NSG), qui compte 44 pays.

Une première version du texte de loi conditionnait la coopération avec l'Inde par le soutien de celle-ci aux efforts déployés par Washington pour contenir le programme nucléaire de l'Iran. Position difficilement acceptable pour l'Inde, qui compte Téhéran parmi ses alliés traditionnels.

“Il faut reconnaître que les négociations internationales prennent du temps", a pour sa part estimé vendredi le premier ministre indien Manmohan Singh. "Nos discussions avec l'AIEA progressent. Nous espérons sincèrement qu'elles puissent se conclure avec succès sans retard", a-t-il ajouté.

Une fois obtenu l'agrément de l'AIEA et du NSG, "les choses peuvent aller très vite", affirment les experts du dossier, "car l'Inde est déjà une puissance nucléaire et ses ingénieurs sont déjà formés".

A noter que Paris a également signé avec l'Inde une « déclaration sur le développement nucléaire à des fins pacifiques », lors de la visite de Jacques Chirac à New Delhi, en février 2006.

- L'Inde : un important potentiel pour Areva

Selon le groupe nucléaire français Areva, l'Inde envisage de se doter d'ici trente ans de 25 à 30 centrales nucléaires. Les plus optimistes estiment que ses entreprises d'électricité pourraient commander jusqu'à cent réacteurs dans les prochaines décennies. Par sa puissance (1 650 MW), l'EPR correspond aux attentes des électriciens indiens, jugent les experts d'Areva.

En juillet 2006, lors d'un déplacement en Inde, Mme Lauvergeon n'avait pas ménagé ses efforts. Elle avait dit "espérer qu'une part importante de réacteurs EPR soit fabriquée ici", les usines installées en Inde pouvant aussi fabriquer des composants de centrales réexportés à travers le monde.

Pays d'un milliard d'habitants, l'Inde devra décupler sa production d'énergie en 2020 s'il veut maintenir sa forte croissance. Or le pays n'est doté que de quinze centrales nucléaires produisant moins de 3 gigawatts, soit 2,2 % de l'électricité. Ses besoins devraient atteindre des capacités de 30 gigawatts avant quinze ans, soit près d'une trentaine de centrales bénéficiant des technologies occidentales.

En avril 2006, Laurent Zecchini indiquait dans le Monde : “ la France et les Etats-Unis ont des arguments pour accorder à l'Inde un statut d'exception. Au-delà de l'affichage altruiste - aider New Delhi à relever le défi du développement -, les deux pays expliquent qu'il est urgent de sortir l'Inde de son ghetto nucléaire, de l'aider à réduire ses besoins en pétrole, ce qui allégera d'autant la pression sur le marché pétrolier"...

Sources : AFP, Reuters, Le Monde, Le Figaro

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4 Commentaires

  1. 1

    el gringo

    Londres est prêt à oeuvrer à un désarmement nucléaire total

    Lors de sa récente visite en Inde, le premier ministre britannique, Gordon Brown, a abordé la question du nucléaire civil et militaire. Précédant de quelques jours Nicolas Sarkozy, il a déclaré, le lundi 21 janvier, devant la Chambre de commerce de Delhi que son pays sera "à l'avant-garde de la campagne internationale pour accélérer le désarmement parmi les pays possesseurs (de l'arme nucléaire), pour prévenir la prolifération à de nouveaux Etats et, en dernier ressort, pour parvenir à un monde libéré des armes nucléaires". La Grande-Bretagne est prête à mettre son expertise au service d'une "véritable" élimination des têtes nucléaires, a-t-il ajouté.

    Une telle démarche, extrêmement rare de la part du chef de gouvernement d'un pays possédant l'arme nucléaire, s'inscrit dans la perspective de la prochaine conférence de révision du traité de non-prolifération (TNP) qui doit avoir lieu en 2010. Ce traité, datant de 1968, interdit théoriquement la possession de l'arme nucléaire aux pays qui ne la possédaient pas à l'époque. Il enjoignait, en contrepartie, aux cinq puissances nucléaires (les Etats-Unis, l'URSS, la Chine, la Grande-Bretagne et la France) de progresser vers un désarmement total. Si des accords de limitation ont été passés entre Washington et Moscou - les détenteurs des plus importants arsenaux -, l'objectif de la disparition des armes nucléaires n'a jamais été sérieusement envisagé.

    "LA COURSE EST TERMINÉE"
    C'est un des arguments avancés par les Etats qui ne respectent pas le TNP, soit qu'ils ne l'ont pas signé, soit qu'ils n'en respectent pas les principes. En annonçant que Londres est décidé à remplir la totalité de ses engagements, M. Brown veut "envoyer un signal fort à tous les membres de la communauté internationale : la course vers la constitution de stocks toujours plus nombreux et plus vastes de moyens nucléaires de destruction est terminée".

    Le premier ministre a aussi attiré l'attention sur le fait que l'intérêt croissant pour le nucléaire civil dans un nombre d'Etats de plus en plus grand porte en lui-même "un risque accru de prolifération nucléaire à des fins militaires". Pour lui, la mise à la disposition de ces pays de la technologie nucléaire civile - y compris l'enrichissement de l'uranium - doit être conditionnée à "l'engagement ferme" de ces pays à respecter les normes les plus strictes de non-prolifération militaire, sous la surveillance renforcée de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/01/26/londres-est-pret-a-oeuvrer-a-un-desarmement-nucleaire-total_1003967_3214.html#ens_id=1001327

  2. 2

    el gringo

    Uranium: privée de fournisseurs étrangers, l'Inde investit dans la prospection sur place


    L'Inde investira 175 millions de dollars dans la prospection de ses gisements nationaux d'uranium afin de subvenir à la pénurie de combustible à laquelle font face ses centrales nucléaires, a annoncé à Bombay Anil Kakodkar, chef du département Energie nucléaire du gouvernement indien.


    Afin de faire face au manque de combustible de ses centrales, l'Inde n'est pas en mesure de s'approvisionner à l'étranger, car elle n'a pas signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires, et les réserves nationales sont actuellement insuffisantes.


    "Nous envisageons de prospecter au Rajasthan, dans l'Andhra-Pradesh, le Karnataka et le Meghalaya entre autres", a-t-il fait savoir.


    En Inde, plusieurs gisements sont à l'heure actuelle exploités dans l'Etat du Jharkhand et des travaux visant à permettre l'exploitation d'un nouveau gisement dans l'Andhra-Pradesh sont en cours.


    "Nous investissons des sommes énormes dans la prospection des gisements d'uranium, et si nous faisons une découverte importante, nos problèmes seront résolus", a-t-il indiqué.


    New Delhi envisage la signature d'un accord de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire avec Washington afin de surmonter l'isolement international auquel elle est soumise dans le domaine du commerce des technologies nucléaires, ainsi que de l'uranium.


    Par ce document, New Delhi s'engage à assurer la sécurité de ses installations nucléaires. En échange, les Etats-Unis tolèrent l'exception constituée par l'Inde aux règles fixées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le groupe de fournisseurs du nucléaire, qui interdisent la vente d'uranium et de technologies aux pays non-signataires.


    Cependant, l'accord n'a pas été signé en raison de l'opposition des alliés communistes et d'autres partis de gauche du gouvernement, qui considérèrent qu'il porte atteinte aux intérêts du pays.


    Les communistes ont menacé de retirer leur soutien au gouvernement de Manmohan Singh au parlement, si l'accord est conclu en dépit de leur volonté.
    http://fr.rian.ru/world/20080512/107147064.html


    Le président iranien promet le gazoduc Iran-Pakistan-Inde
    Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a promis la con- struction prochaine d'un gazoduc reliant l'Iran à l'Inde via le Pakistan, un chantier essentiel pour l'Inde aux besoins énergétiques croissants.


    Les entretiens avec le Premier ministre indien Manmohan Singh sur ce gazoduc, évalué à 7,5 milliards de dollars, "ont été très positifs et nous espérons mettre la dernière touche à ce projet dans un proche avenir", a déclaré le chef de l'État iranien au cours d'un point de presse.


    Ce gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI) est "un projet immense (...) avec des conséquences sociales, économiques et politiques pour nos 2 pays", a plaidé M. Ahmadinejad, qui a passé quelques heures à New Delhi en provenance du Sri Lanka où il a lancé des projets énergétiques d'une valeur de 1,2 milliard de dollars, dont l'agrandissement de l'unique raffinerie de pétrole de l'île.


    Avant le Sri Lanka, le président iranien était lundi à Islamabad où il avait réglé avec son homologue pakistanais Pervez Musharraf tous les différends qui retar- daient la construction de ce gazoduc IPI.


    Un accord pour lancer définitivement ce chantier devrait être signé prochainement, avait dit le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi, cité par l'agence Associated Press of Pakistan.


    Par ailleurs, l'Inde et l'Iran veulent tripler "au cours des prochaines années" leur commerce bilatéral à 30 milliards de dollars par an, selon le ministre Menon.
    http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?xt=xt34&page=newsdetail&newsid=41551


    L'Inde, aussi, a commencé à souligner que le projet de gazoduc Iran/Pakistan/Inde est "faisable". Un puissant lobby indien pro-américain pèse de tout son poids contre l'Inde pour qu'elle ne passe pas d'accord avec le régime iranien. Le gouvernement indien ne pouvait pas prendre un meilleur avantage avec l'escale récente à New Delhi du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Les médias iraniens ont rapporté qu'Ahmadinejad n'avait pris aucun engagement vis-à-vis du camp indien sur l'accord en suspens de 25,6 milliards de dollars [16,5 Mds €] sur le GNL, que l'Inde a négocié pendant près de huit ans, ou sur l'accord de gazoduc.


    Selon l'agence de presse iranienne officielle, "Avec l'accord nucléaire indo-américain glissant dans les limbes, le gouvernement de Manmohan Singh à Delhi a ressenti avec perspicacité l'importance de réaffirmer ses liens avec l'Iran, à la fois comme un geste apaisant envers ses alliés de gauche qui s'opposent à l'accord nucléaire et comme source alternative et pragmatique d'énergie pour l'économie croissante du pays."

  3. 3

    el gringo

    Adoption du pacte nucléaire civil entre l'Inde et les USA


    La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté samedi le pacte nucléaire civil entre l'Inde et les Etats-Unis qui met en place pour 40 ans une coopération sous forme de transferts de technologies et de fournitures de matériel nucléaire.


    Le texte, qui doit ensuite être validé par le Sénat, a été adopté par 298 oui contre 117 non, a précisé une porte-parole de la Chambre. Le président George W. Bush avait rencontré jeudi à la Maison Blanche le Premier ministre indien Manmohan Singh pour l'assurer qu'il "s'efforçait" de faire adopter ce pacte.


    L'accord qui met fin à des décennies d'interdiction de collaboration nucléaire avec l'Inde, devrait cimenter une nouvelle relation stratégique entre les deux pays. "La coopération nucléaire civile entre les Etats-Unis et l'Inde aura des bénéfices économiques et stratégiques majeurs pour les deux pays, dont une sécurité énergétique renforcée, la capacité de compter sur une source d'énergie plus respectueuse de l'environnement, de nouvelles opportunités économiques et de plus grands efforts vers la non-prolifération", avait plaidé la Maison Blanche.
    http://www.rtlinfo.be/news/article/174908/--adoption+du+pacte+nucleaire+civil+entre+l+inde+et+les+usa


    Les 29 et 30 septembre, le Premier ministre indien Manmohan Singh pourrait signer à Paris des contrats commerciaux qui permettront à Areva de vendre à l'Inde plusieurs réacteurs nucléaires de type EPR pour un montant de 20 milliards d'euros soit un quart des investissements prévus par l'Inde pour les 15 prochaines années dans le nucléaire. L'Inde souhaite augmenter ses capacités de 60 GW.
    http://www.romandie.com/infos/news2/080927125750.u5lrmrtc.asp

  4. 4

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