Arcelor Mittal : 7 morts, 23 disparus dans une mine au Kazakhstan

Arcelor__karaganda Au moins sept mineurs sont morts et 23 de leurs collègues sont portés disparus, après une explosion vendredi dans une mine de la région de Karaganda – au centre du Kazakhstan - exploitée par le géant sidérurgique ArcelorMittal, selon des informations communiquées par les autorités kazakhes.

"Sept personnes sont mortes, c'est officiel, et 23 personnes sont considérées comme disparues. On ne sait rien de leur sort", a indiqué à la presse le gouverneur de la région de Karaganda, Nourlan Nigmatouline. Seuls les corps de quatre victimes ont été sortis de la mine, alors que sept mineurs ont été hospitalisés, a-t-il ajouté. La porte-parole du ministère des Situations d'urgence, Natalia Kim, a pour sa part indiqué à l'AFP que 24 mineurs étaient portés disparus.

Les circonstances de l'accident ne sont pas encore connues, mais une explosion de méthane est "vraisemblablement" à l'origine du sinistre, a indiqué le gouverneur. Les plans de secours prédéfinis pour la mine ont été immédiatement mis en application, ajoute ArcelorMittal dans un communiqué. Les opérations sont actuellement en cours. Les plus hauts responsables d'ArcelorMittal Temirtau management, y compris le Président M. Satish Taparia sont d’ores et déjà présents sur les lieux. Une procédure d’investigation a été lancée en vue de déterminer les causes de l'accident.

Mr Lakshmi Mittal, President and CEO d’ArcelorMittal, a immédiatement réagi dams un communiqué : “Je regrette profondément qu’un accident se soit produit dans l’une de nos mines au Kazakhstan. Nous faisons actuellement tout notre possible pour localiser les personnes qui ne répondent pas à l’appel, et assister les opérations de sauvetage. La sécurité de nos employés est notre priorité absolue, et d’importants investissements ont été réalisés les années passées en vue d’améliorer les pratiques opérationnelles et les consignes de management, permettant de garantir la santé et la sécurité aux salariés de nos mines du Kazakhstan. »

Sources : AFP, Arcelor Mittal

 

8 Commentaires

  1. 1

    PM Kazkhstan

    11.01.2008 / 18:35 PM sent telegram of condolences to victims of Abaiskaya mine’s blast

    ASTANA. January 11. KAZINFORM. Prime Minister of Kazakhstan Karim Massimov has sent a telegram of condolences to families of the victims of a methane explosion at the Abaiskaya mine in Karaganda region today, Kazinform has learnt from PM’s press service.

    “On behalf of the Government of the Republic of Kazakhstan and on my own behalf, I express our sincere condolences to the relatives and families of the perished miners and all victims of the accident.

    Unfortunately, even in the 21st century coal production remains not only hard and honorable but one of the most dangerous labor as before.

    We share sorrow of the miners’ families that have lost the most precious – their sons, husbands and fathers. The whole country mourns with you,” the telegram of condolences says.

  2. 2

    Xinhua

    ALMA-ATA, 11 janvier (Xinhua) -- Au moins sept mineurs ont été tués et 23 autres portés disparus dans l'explosion d'une mine qui s'est produite vendredi dans la région de Karaganda, au centre du Kazakhstan, a rapporté l'agence de presse russe Interfax.

    Le gouverneur de la région de Karaganda, Nurlan Nigmatulin a fait savoir que des secouristes s'efforçaient d'éteindre un incendie provoqué par l'explosion du gaz de méthane dans la mine Abaiskaya.

    Un total de huit équipes de secours travaillaient sur place mais leurs opérations ont été handicapées par une fumée épaisse.

    Le gouverneur a fait remarquer que la plupart des mineurs avaient évacué alors que sept corps ont été retrouvés jusqu'à présent et plus de 20 personnes sont portées toujours disparues.

    L'explosion est survenue à environ 09H30 locales (03H30 GMT) dans la mine Abaiskaya, située dans la région de Karaganda, au coeur du Kazakhstan. Cette mine de charbon appartient au géant d'acier mondial Arcelor Mittal, a rapporté l'agence Interfax.

    La mine Abaiskaya est l'une des huit mines kazakhes appartenant à Arcelor Mittal, le plus gros producteur d'acier du monde, basé au Luxembourg.

  3. 3

    Mittal convoqué

    14 janv. 08 00:44:52


    Kazakhstan/explosion dans une mine ArcelorMittal: Lakshmi Mittal "convoqué"
    ABAÏ (Kazakhstan) -


    Le PDG d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, a été "convoqué" par les autorités kazakhes à la suite d'une explosion dans une mine exploitée par son groupe, et est attendu lundi au Kazakhstan, a annoncé samedi le vice-Premier ministre Oumirzak Choukeev.

    "Nous l'avons convoqué afin qu'il vienne au plus vite... Il est attendu lundi", a-t-il déclaré devant la presse à Abaï, la ville où se trouve la mine de charbon du géant sidérurgique ArcelorMittal.

    Vingt-trois mineurs sont toujours portés disparus à la suite de l'explosion vendredi dans cette mine du centre du Kazakhstan, où les opérations de secours ont été interrompues pour des raisons de sécurité. Sept personnes sont mortes.

    En 2004 et en 2006, des explosions de méthane avaient déjà fait des dizaines de morts dans une mine exploitée par ArcelorMittal qui possède un complexe sidérurgique à Temirtau, dans cette même région de Karaganda.

    Le syndicat des mineurs a dès vendredi dénoncé les conditions de travail dans les mines kazakhes du numéro mondial de l'acier.

    Ce dernier avait toutefois annoncé au printemps 2007 un vaste programme d'investissements, d'un montant de 500 millions de dollars, et destiné à moderniser et sécuriser l'exploitation du charbon au Kazakhstan.

  4. 4

    Attention Algerie

    même si Mittal reste très discret sur le sujet
    impact important au niveau production

    http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=84002

  5. 5

    El WATAN

    Arcelor Mittal Annaba - El Watan - 17/01/2008

    La production sera-t-elle revue à la baisse ?
    Après l’explosion de son convertisseur, la société Arcelor Mittal de Annaba du géant mondial du fer et de l’acier parviendra-t-elle à atteindre l’objectif de production de 1,3 million de tonnes d’acier liquide programmé en 2008 ?

    La nouvelle direction générale de l’usine d’Arcelor Mittal conduite par le Français Bernard Bousquet a sûrement sa stratégie pour faire face à cet aléa, d’autant plus que des incidents technologiques analogues se sont déjà produits dans plusieurs usines sidérurgiques d’Arcelor Mittal de par le monde.

    Si des mesures urgentes et efficaces ne sont pas prises, celui survenu le 2 janvier au niveau de l’aciérie à oxygène n°2 causant un arrêt de plus de deux mois, selon les experts de Siemens (Allemagne), aura certainement des conséquences négatives sur les résultats prévus, d’autant plus également que l’installation industrielle sinistrée représente un maillon stratégique dans le processus de production au niveau de l’ancien complexe sidérurgique d’El Hadjar.

    Les appréhensions sont permises si l’on se réfère aux expériences et déclarations de quelques cadres sidérurgistes bien au fait de la situation, d’où la réunion de jeudi dernier ayant regroupé la directrice des ressources humaines (DRH) du complexe Arcelor Mittal de Annaba et son patron au niveau du groupe avec les syndicalistes UGTA de l’entreprise.

    Selon des indiscrétions, il a été évoqué lors de cette réunion la création d’un groupe de sociétés spécialisées dans la fabrication des produits sidérurgiques implantés en Algérie, au Maroc, en Bosnie et en Macédoine. Il a été question également des conséquences de l’explosion du convertisseur sur l’utilisation des employés qui se retrouvent actuellement en chômage technique. Ces ouvriers vont être affectés à d’autres tâches, notamment l’entretien et la maintenance des installations industrielles, en attendant la remise en service de l’aciérie à oxygène n°2.

  6. 6

    ANNABA

    Les retombées de l’incendie d’Arcelor Mittal : 30/01/08 Jeune Independant

    Une seconde commission d’enquête à Annaba

    par Amira Bahri
    Les conséquences de l’incendie survenu le 2 janvier dernier à l’usine d’Arcelor Mittal ont paralysé 50 % des équipements du complexe et réduit au chômage technique plus de 1 200 travailleurs. Quelque 1 200 travailleurs, sur un effectif de 8 000 agents du groupe Mittal Steel, sont au chômage technique pour deux mois, délai fixé par les consultants de «Siemens», la société chargée de la réhabilitation des équipements endommagés.

    En attendant, une seconde commission d’enquête a été dépêchée sur les lieux pour faire toute la lumière sur ce grave incendie. A l’origine de cette situation, l’incendie qui s’est déclaré, suite à une explosion qui a occasionné la paralysie de l’un des deux principaux poumons du complexe, en l’occurrence le convertisseur de l’aciérie à oxygène n° 02 et d’autres équipements.

    Les dégâts sont estimés à plusieurs milliers de dollars. Pour rappel, les éléments du rapport d’expertise des enquêteurs fait état d’un incident technique dû à une infiltration d’eau dans le convertisseur et les armoires des installations électriques, ce sur quoi une commission d’enquête travaille pour en vérifier l’exactitude.

    Les conséquences de ce drame ont eu pour effet l’arrêt, voire la paralysie de plusieurs unités, comme le laminoir fil rond (LFR). Face à cet arrêt de presque 50 % du complexe, l’objectif de production de 1, 3 tonne pourrait être revu à la baisse d’au moins 30 %, selon certains.Face à l’inquiétude des travailleurs, le directoire du syndicat, représenté en la personne de M. Kouadria Smail, secrétaire général par intérim du syndicat, déclare qu’il ne s’agit nullement d’un sabotage ou d’un acte terroriste.

    «Ce genre d’incident n’est pas particulier à notre pays, des cas similaires surviennent chaque année dans les filières du groupe implantées partout dans le monde», souligne-t-il.

    L’interlocuteur cite, à titre d’exemple, l’incident survenu en Indonésie, où les dégâts matériels et humains ont été considérables.

  7. 7

    lyes

    mettre en place un dispositif qui enregistre et compare automatiquement les paramètres de fonctionnement des instalations de façon à déterminer les opérations de maintenance à effectuer.

  8. 8

    Yves-Michel Riols (Lorraine)

    En Europe comme en Amérique, les salariés des aciéries absorbées par le géant indien n'ont pas à s'en plaindre. Et ce sont les syndicats qui le disent...

    La peinture a beau être un peu fatiguée, en dépit de la nappe de brouillard, on distingue encore aisément les grosses lettres rouges. L'inscription géante, « Unimétal », figure encore sur l'un des murs d'enceinte de l'usine sidérurgique de Gandrange, à une trentaine de kilomètres au nord de Metz. Même si le site lorrain a été vendu il y a six ans à Mittal Steel, des vestiges du passé subsistent. Mais, pour l'essentiel, tout a changé. Et plutôt en mieux, à en croire les employés. Il n'y a pas grand monde ici, parmi les 993 salariés, pour regretter les anciens maîtres des lieux.

    Ni à Gandrange ni ailleurs : le résultat de notre enquête dans quatre des pays où est implanté le n° 1 mondial de l'acier est surprenant. La réputation de prédateur de Lakshmi Mittal laissait pourtant présager le pire. Sur le terrain, le bilan du patron indien est plutôt flatteur. Dans les quatre pays où nous avons observé l'effet Mittal, les rachats d'usines se sont à chaque fois accompagnés d'un redressement financier et d'une relance de la production. Avec une règle d'or : si les profits sont au rendez-vous, la politique sociale est délocalisée au niveau de chaque entreprise. A elle de l'adapter en fonction de ses exigences et des besoins locaux.

    C'est notamment le cas en Lorraine, où la « méthode Mittal » a été synonyme de renaissance. Le plus étonnant, c'est la réticence de la direction actuelle à le clamer haut et fort. Depuis le tintamarre suscité par l'OPA de Mittal Steel sur Arcelor, l'équipe de Gandrange fait profil bas. Elle n'a pourtant pas à rougir de son bilan. Mais de bons ingénieurs ne font pas forcément de bons VRP. En témoigne cette visite organisée début février par la direction. Bernard Lauprêtre, l'affable patron du site, n'est visiblement pas à l'aise face à la presse ! Sa diction est appliquée, sa chevelure rouille impeccablement peignée, mais son propos est poussif. Il faut le provoquer pour qu'il sorte de ses gonds et livre enfin le fond de sa pensée : « Une entreprise promise à un funeste avenir au milieu des années 90 a retrouvé sa raison d'être au sein de Mittal Steel. »

    A Gandrange, Lakshmi Mittal n'a procédé à aucun licenciement ; depuis 1999, le « prédateur » a même embauché 300 personnes, surtout des jeunes. La création d'une cinquantaine d'autres d'emplois est prévue cette année. En 2004, pour la première fois depuis des lustres, l'entreprise a retrouvé le chemin des profits. Le groupe a par ailleurs fortement investi (50 millions d'euros) et l'aciérie de Gandrange dispose maintenant d'un laminoir entièrement automatisé, l'un des plus modernes d'Europe. La production est pilotée depuis une tour de contrôle climatisée, avec une vue plongeante sur les coulées de fonte qui avancent dans la pénombre à plus de 10 mètres par seconde.

    Pour mesurer l'ampleur des changements introduits par Mittal Steel, il faut paradoxalement quitter ce vaste site de 300 hectares, zébré de pylônes et de voies ferrées, qui abrite, en outre, des colonies de chevreuils et quelques nids de hérons. Les meilleurs avocats du magnat indien se trouvent à la sortie de l'usine, au premier étage d'une ancienne maison particulière où sont installés les locaux de la... CGT ! En franchissant la porte, le regard croise une bannière rouge à l'effigie de Che Guevara et une affiche ornée du portrait de Karl Marx appelant à « une Europe communiste ». On s'attend à une charge violente contre le géant de l'acier anglo-indien qui a mis en ébullition les syndicats de l'Hexagone. D'autant que, depuis plus de trente ans, Gérard Lopparelli, le chef de la section syndicale, a été de toutes les luttes pour la sidérurgie lorraine. On se dit d'abord que l'on a mal compris. On lui fait répéter. Mais le syndicaliste, un quinquagénaire combatif, n'en démord pas. Depuis l'arrivée de Mittal Steel à Gandrange, assure-t-il, « on voit une large ouverture au dialogue et un vrai souci des hommes et de l'environnement » ! Alors que la direction de l'entreprise se perd dans des explications alambiquées sur la « méthode Mittal », Gérard Lopparelli, lui, lève en quelques mots les soupçons de dumping social qui pèsent contre le groupe de Lakshmi Mittal. « Les sidérurgistes de Gandrange ont le même statut que ceux d'Arcelor », insiste-t-il. Ils ont conservé les conventions collectives, les conventions sociales, ont négocié les trente-cinq heures sans perte de salaire ni d'emplois. De plus, « les mesures d'hygiène et de sécurité ont été renforcées », le budget du comité d'entreprise s'est accru de 55 000 euros par an et, l'année dernière, la moitié du personnel - en priorité les jeunes - a reçu une augmentation mensuelle de 150 à 200 euros. « Du jamais-vu dans l'histoire de l'entreprise », se félicite Gérard Lopparelli.
    2 sur 2
    Autant dire que le ramdam autour de l'OPA sur Arcelor le fait sourire. « Quand nous avons été repris par Mittal Steel, en 1999, aucun dirigeant politique ne s'est ému, se souvient le syndicaliste. Francis Mer, ancien patron d'Arcelor, nous vantait cet accord en disant qu'il avait trouvé un repreneur de qualité pour assurer l'avenir du site. » Un avis que défendait aussi à l'époque l'adjoint de Francis Mer, un certain Guy Dollé, l'actuel PDG d'Arcelor... Gandrange, une exception dans l'empire Mittal ? La tentation est forte de se dire que le patron indien présente patte de velours en Europe de l'Ouest pour désamorcer les critiques. Pourtant, à y regarder de plus près, l'histoire semble se répéter aux quatre coins du monde. Le Mexique est à cet égard emblématique. C'est là que Mittal Steel a réalisé l'une de ses premières implantations d'importance à l'étranger. Le groupe s'y est installé en 1992, à la faveur de la vente de l'entreprise publique Sicartsa, dont l'une des branches est devenue Mittal Steel Lazaro Cardenas.

    Situé dans l'Etat du Michoacan, dans l'ouest du pays, c'est aujourd'hui le premier producteur d'acier du Mexique, avec près de 4 millions de tonnes par an. Là encore, la réputation de repreneur au rabais tombe à l'eau. En 2009, l'entreprise aura bénéficié depuis sa reprise d'investissements gigantesques : plus de 1 milliard de dollars ! La production est maintenant quatre fois supérieure à celle d'il y a dix ans. Le seul bémol concerne les rapports avec le syndicat. Ils ont été houleux au début car Mittal Steel a voulu remettre en cause le monopole syndical, une anomalie héritée du long règne du parti unique (PRI), alors au pouvoir. Le nouvel employeur a cherché à en finir avec l'un des abus classiques des anciens régimes autoritaires : l'obligation pour tous les salariés d'adhérer au syndicat officiel. Après une longue épreuve de force, le groupe anglo-indien a finalement dû céder. Mittal Steel, avocat malheureux du pluralisme syndical, voilà encore de quoi surprendre !

    Aujourd'hui, même Napoléon Gomez Urrutia, le secrétaire général du syndicat national des travailleurs des mines et de la métallurgie, vante les mérites d'un groupe qui a révisé à la hausse, en août dernier, la convention collective de l'entreprise. L'accord a abouti à une augmentation salariale de 20 % ! La situation reste, en revanche, plus tendue avec la société nationale concurrente, Sicartsa. Ce qui vaut cet hommage involontaire de Napoléon Gomez Urrutia : « Il est regrettable qu'une entreprise étrangère donne l'exemple à l'industrie nationale en matière de respect du droit du travail... »

    Il n'a pas été très difficile de donner l'exemple en Roumanie, l'un des premiers anciens pays communistes d'Europe à accueillir Mittal Steel, aujourd'hui présent dans toute la région, de la Pologne à la Macédoine. La forte corruption et le retard systématique dans le paiement des salaires (trois à quatre mois) ont poussé les ouvriers roumains à se jeter dans les bras de Lakshmi Mittal en 2001. L'arrivée du patron indien avait pourtant été précédée d'une tempête politique. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, était ouvertement intervenu auprès du gouvernement roumain pour soutenir la démarche de Lakshmi Mittal, qui venait de signer un chèque de 125 000 livres (183 000 euros) à l'attention du Parti travailliste...

    Cette polémique a vite été oubliée tant les autorités roumaines étaient soulagées de trouver un repreneur pour le combinat sidérurgique Sidex, basé à Galati, dans l'est du pays, dont personne ne voulait. Et pour cause : les pertes de ce mastodonte bâti par le régime communiste se chiffraient à 1 million d'euros par jour ! Pour 70 millions d'euros, la holding anglo-indienne a acheté 92 % des actions et s'est engagée à investir environ 400 millions d'euros en dix ans dans la modernisation du site et la protection de l'environnement. Quant aux effectifs de Sidex, ils sont passés de 28 000 à 16 500 salariés, grâce à un plan de départ volontaire attractif : 4 500 euros et une indemnité mensuelle de 70 euros pendant un an. Dans un pays où le salaire moyen est de 250 euros, les conditions proposées par ce plan ont été massivement acceptées. « On ne peut pas reprocher grand-chose au patronat, affirme Nica Mocanelu, président de la Fédération des syndicats sidérurgiques. Aujourd'hui, nos conditions de travail se sont améliorées, nous avons un salaire moyen de 300 euros et, surtout, nous sommes payés dans les temps ! »

    Même si la situation aux Etats-Unis est très différente, l'arrivée de Mittal Steel en 1998 a, là aussi, suscité d'énormes attentes après la sévère crise traversée par la sidérurgie locale dans les années 80. Le groupe d'origine indienne est devenu depuis le premier producteur d'acier du pays et il possède désormais quatorze sites dans huit Etats. Certes, le groupe a annoncé, fin décembre, la suppression de 800 emplois à Weirton (Virginie- Occidentale), mais les ouvriers veulent croire que le dégraissage se fera sans trop de casse grâce aux départs volontaires.

    Leurs collègues d'Inland, l'aciérie historique de Chicago, s'emploient à les rassurer : depuis 1998, Mittal a redressé leur entreprise, et elle a renoué avec les profits en 2004. « Mittal s'est toujours montré un patron socialement responsable », témoigne avec enthousiasme Tom Hargrove, du syndicat United Steelworkers. « Un cinquième des 8 500 emplois ont été supprimés en sept ans, mais cela s'est fait par des départs volontaires. L'an dernier, Mittal nous a offert un haut-fourneau de 100 millions de dollars. On n'avait pas eu d'équipement aussi moderne depuis vingt ans ! Et il n'a touché ni à nos conditions de travail ni à nos acquis, qu'il s'agisse de nos retraites ou des bourses d'études pour nos enfants. Je ne vois vraiment pas pourquoi les ouvriers européens auraient peur de Mittal... »

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée