Un Casino Barrière sur les " cendres" d'AZF à  Toulouse

Casino_barrieretoulouseTout compte fait, la catastrophe dite AZF, survenue à Toulouse le 21 septembre 2001 aura eu quelques aspects positifs. Enfin, certes, pas pour tout le monde ..

Mais c'est tout de même grace aux surfaces  liberees» par l'explosion de l'usine Grande-Paroisse (TOTAL) que le Casino Barrières a pu s'implanter. Aubaine pour la mairie qui va ainsi bénéficier de royalties somptueuses dégagées par l'exploitation du site.

Ironie du sort, tabou ? Si beaucoup d'elements sont mis en avant pour lutter contre l'implantation du casino, pas une voix n'ose invoquer la décence et les plaies encore ouvertes d'AZF, voire la remise en cause de l'emplacement du pole chimique, où le maintien des activités voisines de l'usine SNPE. Les 2 x 2 voies de la rocade étant pourtant les seuls "obstacles" séparant les deux sites.

Alors, si certaines voix s'élevent contre le principe méme des jeux de casinos, et le caractére inondable des lieux ... comme à l'époque où les permis de construire ont été accordés, les élus ont rapidement fait le  "calcul"  ...

Le groupe Barriére a ainsi inauguré cette semaine le casino de Toulouse, qui a pour vocation de devenir l'un des premiers casinos de France. Un investissement de 73 millions d'euros a été effectué pour la construction du site, qui devrait se placer parmi les dix premiers établissements de France. Un investissement que le groupe espére rentabiliser dans un délai de dix ans maximum, compte tenu d'une commission reversée à la ville de lordre de 15% du produit brut issu des jeux. Au total, l'établissement devrait générer 12 millions d'euros de recettes par an pour la Ville, jusqu'à la fin de la concession de 18 ans.

Azf0901origin_big Car les activités de hasard sont trés lucratives pour les casinotiers ... mais aussi pour l'état, qui empoche des impôts, et pour la ville, qui touche un prélévement sur les jeux et la redevance domaniale (8,5 % du CA des jeux, restos et bars). Sans compter la taxe professionnelle.

Le casino de Toulouse a été concédé par la ville au groupe Lucien Barriére, aprés appel d'offres. Un contrat trés précis prévoit les rapports entre municipalité et concessionnaire. Des pénalités sont ainsi prévues, une coquette somme de 5 000 € par jour de retard à partir de la date de mise en service programmée initialement. L'établissement aurait dû ouvrir ses portes le 1er avril 2007 ... faites le calcul, sachant que bien évidemment les parties ne sont pas d'accord sur la date à prendre en compte pour la fin des travaux ...

Lors de sa séance du 23 octobre, le conseil municipal a reculé la date de départ des indemnités du 1er avril au 23 août, tenant compte des délais d'instruction du permis de construire plus longs que prévus (4 mois et 23 jours de plus). L'architecture du nouveau casino, bâti sur pilotis, a dû, en effet, intégrer son implantation en zone inondable.

Ouvert depuis un mois, le casino a déjà  accueilli 100.000 visiteurs. Il dépasse ainsi les derniéres prévisions du groupe, pourtant déjà révisées à la hausse. L'établissement est conçu pour recevoir 1 million de visiteurs par an, auxquels s'ajouteront 200.000 spectateurs dans la salle de spectacles de 1.200 places, qui produira 150 événements chaque année.

Ensiaazfphotos10 Pourtant, oserais-je dire, le 21 septembre 2001, l'explosion de l'usine AZF toucha de plein fouet le site du Ramier de l'ENSIACET (ex ENSIGC) situé à 400 métres de l'épicentre de l'explosion.
Le site fut complétement détruit, plus de 180 personnes furent blessées et par delà  les stigmates physiques, le choc psychologique fut immense.

La premiére cité universitaire de Toulouse est en effet construite sur l'aile du Ramier en 1954. Il s'agit de la cité Daniel-Faucher construite sur pilotis à l'image du pavillon suisse de la Cité internationale universitaire de Paris conçu par Le Corbusier. L'institut du Génie Chimique fondé en 1940 est construit en 1957 ... à l'actuelle place du casino de Toulouse, nous dit-on (et je confirme !).

Les anciens batiments de la Poudrerie sont en partie conservés pour héberger l'institut. Ce dernier change de nom et se transforme en école nationale supérieure des ingénieurs du génie chimique. Mais l'école ne survit pas à l'explosion de l'usine AZF en 2001 ... Désormais un nouveau  temple du jeu  y tient place.

Rappelons qu'en juin dernier, une fuite d'acide chlorhydrique dans l'usine chimique Isochem (groupe Société nationale des poudres et explosifs, SNPE) a provoqué un nuage blanc au dessus de l'usine à Toulouse, "irritant mais à priori pas toxique", a-t-on appris auprés de la préfecture et de l'usine. "Un important nuage blanc s'est formé au dessus de l'usine et s'est déplacé progressivement hors du site. La teneur en acide chlorhydrique s'est tréz rapidement diluée", indique un communiqué d'Isochem, précisant que cet incident n'a fait aucun blessé" et qu'"il n'y a eu aucune pollution liquide". Les accès à cette usine, qui avait été endommagée par l'explosion de l'usine AZF voisine le 21 septembre 2001, ont été temporairement fermés.

Sources : La Tribune, DDM, Ensiacet, PerformanceBourse


 

7 Commentaires

  1. 1

    Bastien3100

    Madame Studer quand vous parlez de permis de construire accordés à Total, permettez-moi de m'étonner sachant que ce groupe n'était propriétaire d'AZF que depuis avril 2000 date à laquelle Atofina, propriétaire de Grande-Paroisse, fusionna avec Total et ELF-Aquitaine.

    Quand à l'implantation du casino-théâtre en zone inondable et si proche d'une usine classée Seveso toujours en activité et accidentogène, comme l'a démontré l'actualité 2007, vous faites bien de le faire remarquer. On notera aussi et c'est plus cocasse que ce casino, lieu de perdition s'il en est, fait face à la grande mosquée d'Empalot, elle-même en cours de construction sur la rive droite de la Garonne. Le Vice et la Vertu face à face en quelque sorte !

    Enfin, et pour être complet notons aussi que la petite usine hydroélectrique du Ramier qui produisait autrefois une partie de l'énergie de la Poudrerie Nationale, actuelle SNPE-ISOCHEM, a été cédée fin octobre à la société SCI Rives de Garonne, cogérée par le rugbyman-sculpteur-restaurateur Jean-Pierre Rives et Bibi Heuillet. Le bâtiment en béton qui date du début du XXème siècle sera transformé en restaurant. L'idée reviendrait à Philippe Douste-Blazy, grand promoteur du cancéropôle.

  2. 2

    Elisabeth

    merci bastien31 pour vos pertinentes reamrques

    Il est vrai que l'info comme quoi le site AZF n'est passé aux mains de TOTAL que peu de temps avant l'explosion est TRES méconnu, ce qui pourrait expliquer mon -trop - rapide "résumé"

    je voulais dire le permis de construire accordé pour construire l'usine détenue par Total, à l'époque de la catastrophe


    Puisque vous semblez bien connaitre, à qui et à quelle époque a été attribué le permisde construire de l'usine ?

  3. 3

    Elisabeth

    Le site AZF, construit en 1925 par l'Onia (Office national industriel de l'azote), fut privatisé sous le nom APC (Azote et produits chimiques) en 1967. L'usine devient AZF (Azote et fertilisants) en 1983 et appartient depuis 1990 à la filiale Atofina (ex Elf-Atochem), la branche chimie du géant TotalFinaElf.

  4. 4

    Bastien31

    Vous écrivez
    "je voulais dire le permis de construire accordé pour construire l'usine détenue par Total, à l'époque de la catastrophe"
    mais de quoi donc voulez-vous parler ? un permis de construire quelle usine ?

  5. 5

  6. Elisabeth Studer

    6

    Elisabeth Studer

    Dix ans après AZF, la triple peine des riverains des sites classés


    LA ROCHELLE - Les odeurs, la menace d'incendie et, bientôt, l'obligation de financer de nouvelles fenêtres ou renforcer un toit pour pouvoir rester... Dans ce quartier de La Rochelle, les riverains d'un site classé à risque ont l'impression de vivre une triple peine, dix ans après AZF.

    Comment ont-ils pu construire ça aussi près des maisons ? Je ne comprends pas, se lamente Celeste Gomes en désignant par sa fenêtre, à quelques dizaines de mètres, les 48 cuves géantes du site de stockage de carburant de La Pallice.

    Ce qui m'inquiète le plus, c'est de ne pas savoir quoi faire. Faut-il chercher une autre maison ? Faut-il continuer à avoir peur ?, ajoute cette retraitée de 70 ans, qui s'est installée ici en 1969, soit avant que ne surgissent les premières cuves et les mauvaises odeurs.

    Sa maison, dit-t-elle, est l'une des neuf qui seront frappées d'expropriation dans le cadre du plan de prévention des risques technologiques (PPRT) en cours d'élaboration, un dispositif issu de la loi votée en 2003 après l'explosion de AZF, qui avait tué 31 personnes à Toulouse il y a dix ans.

    Au bout de la même rue, Elie Fourmeau explique qu'il pourra rester dans sa maison, plus éloignée des cuves, mais ne voit pas comment il pourra financer les travaux qui vont lui être imposés : J'ai quatre sous devant moi, comment faire?

    Mesure phare de la loi post-AZF de 2003, les PPRT prévoient, autour des quelque 650 sites industriels à haut risque (raffineries, usines chimiques, etc.) diverses mesures : une expropriation dans les zones les plus proches et, dans les plus éloignées, des travaux (fenêtres, toiture, pièce confinée, etc.) face aux risques d'explosion, d'incendie ou de nuage toxique.

    Sur les 420 PPRT prévus (certains regroupant plusieurs sites), 378 sont aujourd'hui prescrits, c'est-à-dire cartographiés, et un quart (107) approuvés, donc effectifs, selon les chiffres du ministère de l'Ecologie.

    Payer ou partir

    Le ministère évalue à 2,2 milliards d'euros le coût, assumé par l'Etat, les collectivités et les industriels, des milliers d'expropriations prévues.

    Les travaux, eux, sont estimés à environ 200 millions d'euros pour 20 à 30.000 habitations concernées. Un financement qui, dans ce cas, n'est pris en charge qu'à hauteur de 30% par l'Etat, le reste revenant aux propriétaires.

    Ce qui fait dire à l'association Respire, qui regroupe 200 habitants de La Pallice, que les riverains sont les oubliés de la loi post-AZF.

    C'est une question sociale, pour Marc Sénant, spécialiste des risques industriels chez France Nature Environnement (FNE), qui rappelle que les riverains des sites à risque sont souvent des habitants aux revenus modestes.

    Ils vivent une triple peine: ils ont les nuisances au quotidien, un danger mortel comme l'a montré AZF et maintenant ont leur dit: +Si vous voulez rester, il va falloir payer les travaux...+, souligne-t-il,

    Ce blocage financier explique pourquoi, selon FNE, la situation n'a pas évolué autour des sites Seveso depuis la catastrophe de 2001.

    Il y a vrai cri d'alarme sur la prise en compte de la situation des riverains, confirme Yves Blein, président de l'association Amaris regroupant plus de 200 collectivités locales exposées à des risques technologiques majeurs.

    C'est la faiblesse du dispositif, admet-on au ministère de l'Ecologie, qui met toutefois en exergue les avancées en matière de prévention des risques technologiques depuis AZF, en évoquant notamment les investissements réalisés par les industriels sur leur site - 250 à 300 millions annuels - qui ont permis de réduire d'environ 350 km2 la superficie des zones exposées au risque.


    (©AFP / 15 septembre 2011 19h52)
    ------------
    "Comment ont-ils pu construire ça aussi près des maisons ? Je ne comprends pas, se lamente Celeste Gomes " .... l'argent, toujours l'argent Madame !!!
    on n'a pas hesité à faire un casino devant les cendres d'AZF .... et la cheminée d'usine de la SNPE !
    Allez voir amdame tout ce qui se construit autour de feu AZF et le site de la SNPE ... vosu comprendrez encore une fois que l'argent explique tout, dans tous les sens d'ailleurs.
    Au debut d'AZF ou plutot de l'ONIA, les salaries de l'usine etaient tres contents d'etre loges à cote ... surtout qu'ils ont alors beneficie de terrains pas trop chers et de la construction d'infrastructures scolaires
    Dites à un seul croupier du casino qu'il risque encore de devoir etre confronté à une catastrophe majeur au cas ou la SNPE etait touchée ... vous direz qu'il vous dira de vous taire .... de peur de perdre son emploi

  7. 7

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée