Prix du pétrole : le transport routier évoque une possible mobilisation

Transport_routier_gasoilAlors que la révolte des marins-pêcheurs gronde dans les ports français, le transport routier s'inquiète à son tour de la flambée des prix du carburant.

La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) – qui considère que le secteur est "entré dans une zone à risque" - réunira ses instances jeudi prochain pour "prendre position", a ainsi annoncé lundi le délégué général de l'organisation Jean-Paul Deneuville.

L'Unostra, qui représente les PME, parle de "phase difficile" et évoque "les risques d'une mobilisation".

La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) qui regroupe quelque 12.500 entreprises de transport routier, n'envisage pas, pour l'heure, des actions coup de poing comme celles menées par les pêcheurs. Elle fait toutefois valoir que l'impact de l'envolée du prix du pétrole se conjugue avec la prochaine mise en place d'une écotaxe sur les poids lourds en France et des disparités fiscales européennes. Rappelant que dans le prix du gazole, "l'essentiel est constitué par de la fiscalité", son délégué général, Jean-Paul Deneuville réclame ainsi "une harmonisation fiscale au niveau européen".

"L'évolutions des prix a toujours posé un problème dans un secteur comme le nôtre très concurrentiel, d'autant plus que le prix du transport est très inégal à cause de la fiscalité d'un pays à l'autre. Nous sommes 22% au-dessus de la moyenne européenne", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Sur le plan national, un mécanisme pour répercuter les hausses importantes de prix du carburant a été instauré en janvier 2006. Mais "la répercussion en bonne date et à un bon niveau est toujours très difficile" et "très souvent, une part reste à la charge des entreprises", alors que "les marges dans le transport sont extraordinairement faibles", estime-t-il.

"Donc, dans une période aussi tendue, il faut impérativement veiller à une meilleure harmonisation des fiscalités", a-t-il ajouté, évoquant une "crise pétrolière durable". "Cette situation pose la question de l'allégement de la fiscalité et du coût du travail dans notre secteur", a-t-il poursuivi. "On réunit nos instances jeudi prochain et c'est là que nous prendrons position. Mais on peut déjà considérer qu'on est rentré dans une zone à risque", a-t-il précisé, tout en écartant pour l'heure le recours à des actions coup de poing.

De son côté, l'Unostra a appelé les transporteurs à "saisir partout en France (les) élus" pour "les alerter sur les conséquences d'une telle envolée du prix du carburant et des risques d'une mobilisation", lundi dans un communiqué. "On rentre dans une phase difficile", a estimé la présidente de l'Unostra, Catherine Pons, dans un entretien avec l'AFP, en rappelant que le poste carburant représentait 25% des dépenses pour un transporteur routier. "On ne peut pas laisser tout un pan de l'économie pour qui le poste énergie est si important se contenter d'attendre que le carburant augmente, avec les outils que l'on a et qui sont insuffisants", a-t-elle déclaré. L'Unostra demande donc une remise plus importante sur la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), estimant que la France est aujourd'hui "dans une petite moyenne européenne". "Le carburant restera longtemps la véritable raison qui fera descendre dans la rue les transporteurs", a estimé Mme Pons.

La présidente de l'Unostra rappelle en outre que la hausse actuelle des prix du carburant intervient dans une période de négociation tarifaire pour 2008 avec les chargeurs, et de négociation annuelle sur les salaires.

L'ensemble des hausses du carburant et salariales pèse "extrêmement lourd", estime-t-on aussi à la Fédération des entreprises de transport et logistique de France (TLF), autre organisation importante du secteur. "Les taux d'accises (sur le gazole) sont supérieurs en France", observe un porte-parole de TLF, qui pose le "problème de la concurrence européenne" en matière fiscale.

Selon la FNTR, la hausse du gazole dépasse 10% depuis le début de l'année, tandis que la facture pour la profession s'est élevée à 5,7 milliards d'euros en 2006 contre 4 milliards en 2003.

Dans un entretien accordé au Parisien dimanche, la ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde a affirmé qu'elle n'envisageait pas de baisse des taxes sur le carburant pour compenser l'envolée des prix pétroliers mais affirme que le gel des prix du gaz sera maintenu. "Nous évoluons avec des contraintes budgétaires qui ne nous permettent pas d'écraser les sources de revenus pour le budget de l'Etat", a-t-elle ajouté.

L'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) a demandé vendredi au gouvernement "d'agir" face à l'augmentation des prix des carburants, notamment en jouant sur les taxes, ce qui permettrait selon elle "d'amortir les hausses".

Poursuivant sa course folle, le baril de Brent de la mer du Nord a battu un nouveau record lundi en montant à 92,31 dollars à Londres, effaçant ainsi son précédent record (92,21 USD), qui datait de vendredi, le marché spéculant de nouveau sur une possible hausse de la demande pétrolière. Vers 17H30 GMT, il se repliait à 92,10 dollars (+2 cents) par rapport à la clôture de vendredi. A la même heure, le baril de brut léger américain perdait 22 cents à 95,71 dollars, peu après être monté jusqu'à 96,12 dollars, soit à quelques cents de son niveau historique (96,24 dollars).

Après avoir ouvert en nette baisse sur des inquiétudes sur un ralentissement marqué de l'économie américaine, les prix de l'or noir ont repris leur ascension après la publication de l'indice d'activité du secteur des services aux Etats-Unis, qui est ressorti meilleur que prévu.

La flambée actuelle des cours de l'or noir est alimentée notamment par des craintes sur le niveau jugé insuffisant de l'offre à l'approche de l'hiver au vu de la demande qui explose, notamment dans les pays émergents tels la Chine et l'Inde.

Un facteur de soutien des cours reste le bas niveau du dollar, monnaie d'échange pour le brut. Un dollar faible rend le pétrole bon marché pour les investisseurs hors zone billet vert et accroît donc indirectement l'intérêt pour l'or noir en attirant notamment les fonds spéculatifs. La devise américaine s'échange actuellement à près de 1,45 dollar pour un euro, soit des niveaux historiques depuis la création de la monnaie unique

Sources : AFP, Associated Press

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2 Commentaires

  1. 1

    et les taxis ...

    Taxis: la FNAT s'élève contre "la perte de la détaxe" sur la TIPP
    PARIS - La Fédération nationale des artisans du taxi (FNAT) s'élève contre la "perte de la détaxe" sur la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), lundi dans un communiqué, et annonce une réunion mardi des oragnisations professsionnelles du secteur.

    "Subissant de plein fouet la nouvelle hausse des carburants, et malgré les promesses du gouvernement, les taxis constatent que la détaxe n'est pas maintenue dans le projet de loi de finances 2008", déclare la FNAT.

    La fédération annonce une réunion mardi, à son initiative, de l'ensemble des organisations professionnelles du taxi "pour contrer la dernière volte-face du gouvernement".

    Selon la FNAT, une "suppression définitive de la détaxe conjuguée à la nouvelle flambée du prix des carburants risque d'avoir des répercussions de 10 à 15% sur le pouvoir d'achat des taxis".

    Les syndicats de taxis avaient organisé une journée de manifestation le 26 septembre, notamment pour demander le maintien de la détaxe sur la TIPP qui doit prendre fin en 2008.

    "Le gouvernement avait assuré les professionnels du maintien de la détaxe", affirme la FNAT.

    (AFP / 05 novembre 2007 19h22)

  2. 2

    gregory

    perso il y a quelque chose que je n'arrive pas à comprendre

    lagarde a l'intention de convoquer les sociétés pétrolières pour que le prix a la pompe baisse

    oui super.....sauf que

    ->le pétrole quoi que l'on fasse augmentera de plus en plus, car selon certains analystes nous sommes en plein dans le peak oil

    ->les sociétés pétrolières ont des couts de productions et d'explorations, du a la rareté des puits de pétroles, et que ceux -ci sont de plus en plus loin dans la croute terrestre

    Donc, a force de jouer sur les forces economiques, a un moment donné il y aura blocage, car les sociétés pétrolières seront dans l'incapacité de faire quoi que ce soit, ou alors disparaitre (ce que je doute et heureusement :))

    Sans compter que demander une comprehension des prix a la pompe aux sociétés pétrolières inclus indirectement du chomage parmi les prestataires de la société pétrolière

    Et pendant ce temps là....la TIPP elle on y touche pas

    Logique (enfin là c'est ironique) vu que c'est une taxe qui va directement dans les caisses de l'etat

    Pour finir, les pecheurs et routiers, se plaignent que le pétrole coute cher, sans pour autant remettre en cause leur mode de fonctionnement, là aussi il y a un soucis

    Et ce soucis deviendra illogique, quand dans 10-15 ans, le pétrole vaudra 150$

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