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Gazoduc Nabucco: GDF devancé par RWE ?

Gazoduc Nabucco: GDF devancé par RWE  ?

Nabucco_pipeline2Le numéro deux allemand de l’énergie RWE serait actuellement préféré au français Gaz de France pour devenir le sixième partenaire du projet de gazoduc Nabucco, affirme lundi le Handelsblatt citant un responsable du ministère de l’Energie turc.

Pour rappel, RWE est en concurrence avec GDF sur ce dossier dont le but consiste en la connexion et la mise en valeur des réserves de gaz naturels existantes dans la Zone de la Mer Caspienne et au Moyen-Orient, avec les marchés européens. Le projet Nabucco, estimé à 4,6 milliards d’euros, prévoit ainsi d’acheminer du gaz naturel de la Turquie à l’Autriche via la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, afin de réduire la dépendance de l’Europe de l’Ouest vis-à-vis de la Russie pour ses approvisionnements gaziers.

“Nous pouvons dire que RWE est devant Gaz de France”, a déclaré ce responsable – dont le nom n’est pas cité – au journal des affaires allemand.

Les cinq pays déjà associés (Turquie, Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Autriche) sont à la recherche d’un sixième partenaire pour réaliser d’ici à 2012 ce gazoduc de 3.300 km partant de la Caspienne et contournant la Russie. La décision aurait dû être annoncée de longue date, mais elle traîne en raison des réserves de la société turque Botas vis à vis de Gaz de France, affirme le Handelsblatt.

“C’est aux partenaires du consortium de décider qui va participer”, a réagi un porte-parole de RWE, interrogé par le journal. Il a réaffirmé l’intérêt du groupe à faire partie du projet de gazoduc, jugé essentiel pour diversifier l’approvisionnement de l’Europe, très dépendante de la Russie pour son énergie.

En aout dernier, Ankara avait d’ores et déjà annoncé qu’elle préférait RWE à Gaz de France (GDF) pour participer au gazoduc Nabucco.

La construction et l’exploitation du pipeline ont été confiées à un consortium international dirigé par la compagnie pétrogazière autrichienne OMV. Le projet associe pour l’instant cinq sociétés de pays distincts mais celles-ci sont à la recherche d’un sixième partenaire. Celui-ci sera désigné officiellement d’ici la fin de l’année. Sont impliquées actuellement dans le projet les compagnies OMV Autriche, MOL Hongrie, BOTAS Turquie, Bulgargaz Bulgarie et Transgaz Roumanie.

Le responsable général du projet du gazoduc Nabucco sera choisi d’ici la fin de l’année, plusieurs offrants s’étant présentés à ce jour. Le chargé de projet sera aidé également par un délégué local de chaque pays impliqué et devra finaliser le projet en 2009, quand la construction proprement-dite commencera. Le gazoduc devrait être prêt en 2012.

Les cinq compagnies ont signé le 11 octobre 2002 à Vienne, un Accord de coopération sur la mise en place d’un ’’Consortium’’ en vue d’effectuer une ’’Étude de faisabilité’’ sur la création d’une route totalement nouvelle de transport des gaz naturels des zones de production citées, par la construction d’un gazoduc sur le territoire des cinq pays et ayant comme point de départ les frontières de la Turquie avec la Géorgie et l’Iran, et comme point final le noeud Baumgarten en Autriche, noeud important où sont collectés les gaz russes qui transitent vers l’Europe de l’ouest. De même, le branchement au gazoduc d’autres sources de gaz disponibles de la zone (Syrie, Irak, Égypte) sera pris en compte.

Certains analystes estiment que le projet constitue désormais la dernière chance pour la création d’un gazoduc échappant au contrôle de la Russie. Pour le Turkménistan, il devient ainsi possible d’acheminer du gaz en Turquie sans devoir construire un nouveau gazoduc sous la mer Caspienne (…).

En 2010, les traités de nombreux fournisseurs de gaz européens avec le gazier Gazprom seront renégociés. L’existence d’une source alternative de gaz renforcerait la position des Européens dans les négociations, estiment les analystes.

Le ministre turc de l’Energie, Hilmi Güler, avait déclaré au mois de mai dernier que l’ambitieux projet de gazoduc transcaspien Nabucco destiné à exporter les hydrocarbures de la mer Caspienne vers l’Europe en contournant la Russie serait réalisé “malgré tout”. “Nous réaliserons nécessairement le projet Nabucco prévoyant les exportations de gaz naturel du bassin de la mer Caspienne vers l’Europe via la Turquie. Aucun événement conjoncturel ne pourra empêcher sa mise en oeuvre“, avait-il souligné à Ankara à l’occasion du congrès international du pétrole et du gaz IPETGAS 2007.

A noter par ailleurs que la Grèce et la Turquie ont inauguré dimanche un gazoduc qui acheminera du gaz de la Caspienne vers l’Europe. Cette infrastructure a elle aussi pour but de diminuer la dépendance énergétique du vieux continent envers la Russie.

La Grèce et la Turquie, dont les relations se sont quelque peu réchauffées malgré la persistance de points d’accroc comme Chypre et certaines îles de l’Egée, étaient convenues en 2004 de lancer le chantier de ce gazoduc de 285 km entre Karacabey, dans le nord de la Turquie, et Komotini en Grèce. Le gazoduc aura à terme une capacité de 12 milliards de mètres cubes par an, dont un quart pour la Grèce et le reste destiné à être réexporté vers le reste de l’Europe. Le gaz provient des gisements de Chah Deniz. en Aerbaïdjan.

Sources : AFP, Reuters, Rompress, Courrier International, Turquienews

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5 commentaires

  1. attila 20 novembre 2007 à 06:33

    Selon Gas Matters Today, la compagnie azérie SOCAR pourrait être le sixième partenaire du projet Nabucco.
    Azerbaijan’s state oil company SOCAR could become the long-awaited sixth partner in the planned Turkey to Austria Nabucco gas pipeline. In a television interview to be broadcast today, Austria’s economy minister Martin Bartenstein is expected to say that Azerbaijan will be an important supplier in the future (along with Turkmenistan or Kazakhstan) and that a further one or two partners may be added to the Nabucco consortium, according to reports.
    This would mean the door is still open for either RWE or Gaz de France to join OMV, MOL, Transgaz, Bulgargaz and Botas in the $5 billion, 3,300 km pipeline. In August, RWE CEO Harry Roels told a press conference that RWE expected to join the consortium by the end of this year. GdF has also expressed interest; however, it faces Turkish opposition after the French lower house passed a bill criminalising denials of Turkish genocide against Armenia in 1915.
    Nabucco – which is scheduled to begin construction next year and be onstream by 2011 – is expected to run from Turkey to Bulgaria, Romania, Hungary and Austria. As well as Caspian suppliers, there has also been speculation that the pipeline could be fed gas from Egypt, Iran, Iraq and even Russia.

  2. Elisabeth 20 novembre 2007 à 11:45

    Merci ! et ravie de vous revoir ici !!

  3. Turquie/iran 20 novembre 2007 à 16:33

    Energie: la Turquie signe un accord avec l’Iran en dépit de pressions US
    ANKARA – La Turquie a signé mardi avec son voisin iranien un accord pour des projets communs de production d’énergie en dépit de pressions américaines contre les investissements en Iran.
    L’accord prévoit la construction conjointe de trois centrales thermiques, deux en Iran et une en Turquie, d’une capacité de 2.000 megawatts chacune, ainsi que de plusieurs centrales hydroélectriques en Iran, d’une capacité totale de 10.000 megawatts, a rapporté l’agence de presse Anatolie.
    Après la cérémonie de signature, le ministre turc de l’Energie Hilmi Güler, passant outre les manifestations américaines de mécontentement, a assuré que de nouveaux accords seraient conclus dans les jours à venir avec l’Iran.
    “La signature (d’accords) va continuer. Nos efforts se poursuivent”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Parviz Fattah.
    Celui-ci s’est réjoui de l’amélioration de la coopération économique entre Turcs et Iraniens.
    “L’amélioration de nos relations peut gêner certains milieux mais elle ne fera de mal à personne”, a-t-il dit, selon la traduction en turc de ses propos. “Ils doivent accepter cela”.
    Les Etats-Unis ont appelé leurs alliés, dont la Turquie, à imposer des sanctions économiques à l’Iran en raison de son refus de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium, dont Washington soupçonne qu’il a des finalités militaires.
    Des entreprises privées et publiques seront impliquées dans le projet, dont l’évaluation de coût sera annoncée au début de l’année prochaine, a indiqué M. Güler.
    Il prévoit également la mise à niveau des réseaux électriques entre les deux pays.
    Ankara a déjà signé en juillet un accord préliminaire avec Téhéran pour le transit de gaz naturel iranien et turkmène à destination de l’Europe et le développement par des entreprises turques de trois puits de gaz en Iran.
    L’accord devrait donner un coup de fouet au programme de construction d’un gazoduc et d’un oléoduc de 3.300 kilomètres, surnommé “Nabucco”, pour transporter le gaz du Moyen-Orient vers l’Union européenne en contournant la Russie.
    La Turquie importe déjà du gaz iranien via un gazoduc reliant la ville iranienne de Tabriz (nord-ouest) à Ankara.
    (AFP / 20 novembre 2007 14h46)

  4. attila 22 novembre 2007 à 21:50

    Rude coup pour le projet Nabucco après la signature par Gazprom et Eni du gazoduc south stream. cependant GDF reste toujours intéressé et va même investir dans la construction de pipelines de gaz en roumanie avec la Hongrie et la Bulgarie.
    Je retrouve la dépèche ;)

  5. attila 22 novembre 2007 à 21:52

    French gas company Gaz de France (GdF) is interested in investing in gas pipelines linking Romania with Hungary and Bulgaria, Romanian news site The Money Channel reported Wednesday afternoon.
    “We are interested in participating in the construction of the Giurgiu (Romania)-Ruse (Bulgaria) and Arad (Romania)-Szeged (Hungary) gas pipelines in order to connect these gas markets and optimize our clients’ portfolio,” Jean Francois Carriere, president of Gaz de France was quoted as saying.
    The construction of the Hungarian-Romanian pipeline, which will stretch over 100 kilometers (km), has already started, with Romanian pipeline operator Transgaz already completing 30% of the 60 km section that will run in Romania. The pipeline will link the Western Romanian city of Arad and the Southern Hungarian city of Szeged.
    While Carrierre declined to provide the level of GdF’s possible investment, he noted that the company is also thinking of supplying natural gas to the network as well.
    “We have 800,000 clients in Hungary alone and if we realized these interconnections, we could optimize the flux,” Carrierre said.
    GdF is the majority owner of Hungarian gas utility Egaz-Degaz, one of Hungary’s five regional gas distribution utilities. Egaz-Degaz serves Northwest Hungary and Southeast Hungary, including Szeged and its surroundings.
    Meanwhile, Ioan Rusu, CEO of Transgaz said that his company will restart negotiation with Hungary’s top oil and gas company MOL over the construction of the pipeline. MOL representatives earlier requested that no transit tariff be applied for the Hungarian stretch of the pipeline.
    GdF is also interested in the construction of the Giurgiu (Southern Romania)-Ruse (Northeast Bulgaria) gas pipeline, which will be eight km long and needs a RON 3.4 mln investment, according to Romania’s energy strategy, adopted by the government in September.

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