Alors que le PDG de Lafarge, Bruno Lafont s'est dit jeudi "très ouvert" à l'arrivée d'un représentant de Groupe Bruxelles Lambert (GBL) - le holding de l'homme d'affaires belge Albert Frère - au conseil d'administration du groupe, Saint-Gobain a par ailleurs démenti "catégoriquement" tout contact avec Lafarge en vue d'un rapprochement.
C’est pourtant ce qu’affirmait Le Figaro dans un article publié jeudi.
Suspens en vue ...
- Lafarge très favorable à une entrée d’Albert Frère
Répondant à des questions au cours d'une conférence de présentation des résultats, le PDG de Lafarge, s’exprimant au sujet du Groupe Bruxelles Lambert (GBL) a en effet déclaré : "Je suis très ouvert à ce qu'ils entrent au conseil d'administration, je le souhaite et je l'espère". Pour rappel, Groupe Bruxelles Lambert, premier actionnaire de Lafarge, possède à ce jour 17,4% de son capital. Interrogé sur le nombre de sièges que GBL pourrait occuper au conseil d'administration, M. Lafont n'a pas souhaité apporter de réponse.
- St-Gobain dément tout contact avec Lafarge pour un rapprochement -
Saint-Gobain dément "catégoriquement" tout contact avec Lafarge en vue d'un rapprochement, contrairement à ce qu'indique Le Figaro, a déclaré une porte-parole du groupe. Le Figaro écrit jeudi que les deux groupes ont noué des contacts en vue d'une fusion et que le P-DG de Lafarge, Bruno Lafont, s'est vu proposer la direction du nouvel ensemble tandis que Pierre-André de Chalendar, actuel patron de Saint-Gobain, l'aurait épaulé. Jean-Paul Beffa aurait conservé un poste de présidence non exécutive. Bruno Lafont aurait cependant opposé une fin de non recevoir à l'opération, estimant qu'elle manque de sens industriel, a ajouté Le Figaro.
Pourtant, toujours selon Le Figaro, cette idée pourrait avoir du sens pour au moins trois raisons : des métiers communs (les matériaux de construction), des tailles compatibles (26,8 milliards d'euros pour Saint-Gobain, 20 milliards pour Lafarge) et un schéma marital auquel les banquiers d'affaires pensent depuis longtemps. «Il y a quinze ans déjà, nous surnommions ces deux groupes Jules et Jim», sourit l'un d'eux, cité par le Figaro.
Mercredi, la société d'investissement Wendel, premier actionnaire de Saint-Gobain avec 15,5% du capital, avait affirmé ne pas être à la recherche d'un partenaire avec lequel s'allier pour monter en puissance dans le groupe de matériaux de construction. De son côté, Pierre-André de Chalendar, directeur général de Saint-Gobain, a déclaré à l'AFP "être serein par rapport à sa stratégie" à la suite de la montée de Wendel au capital de son groupe. Pour sa part, Saint-Gobain a annoncé avoir dégagé un chiffre d'affaires semestriel en hausse de 5,5%, à 32,63 milliards d'euros, et a confirmé son objectif d'une croissance du résultat net courant d'au moins 20%.
- Lafarge: forte hausse des résultats sur 9 mois -
Le groupe français Lafarge a dégagé, sur les 9 premiers mois de l'année, un bénéfice net en hausse de 40% à 1,534 milliard d'euros, et prévoit de dépasser l'objectif de croissance de 10% du résultat net par action par an sur 2005-2008.
Dans un communiqué publié jeudi, Lafarge indique avoir réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 4% à 13,279 milliards d'euros, tiré par «la forte croissance des pays émergents». Au seul troisième trimestre, Lafarge a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 5% à 4,894 milliards d'euros et un bénéfice net en hausse de 9% à 600 millions d'euros. La marge opérationnelle du groupe est «en forte progression», passant de 16,3% à 18,4%, souligne le groupe. Les pays émergents enregistrent une hausse de 11% de leur chiffre d'affaires et de 30% de leur résultat d'exploitation. Au total, sur les 9 premiers mois de l'année, «les marchés émergents représentent 45% du résultat d'exploitation du groupe». «La contribution des marchés émergents aux résultats du groupe s'accroît de façon remarquable», se félicite Bruno Lafont, «avec notamment un décollage de nos résultats en Europe de l'est et en Asie».
Malgré le ralentissement du marché résidentiel aux Etats-Unis, Lafarge affiche des résultats en hausse, +21% pour le ciment et +31% sur les granulats et béton, «malgré une contraction des volumes». «Notre plan stratégique produit les résultats attendus», assure M. Lafont, «l'objectif de réduction des coûts sur la période 2006-2008», nommé plan Excellence 2008, «sera réalisé à hauteur de 60% à la fin de l'année».
Sources : AWP/AFX, Reuters, AFP, Trends.be

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.