L'Iran semble une nouvelle fois tenter d'amadouer les membres de l'Onu, les "aguichant" en mettant avant les importants potentiels de ses champs d'hydrocarbures.
Alors même que la chancelière allemande Angela Merkel s'est dite prête à adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran pour défendre Israël si Téhéran ne renonce pas à son programme nucléaire controversé, le ministre du Pétrole iranien vient d'annoncer que l'Iran allait prochainement démarrer l'exploitation d'Azadegan, le plus grand champ pétrolier du pays, d'une production de 25.000 barils par jour. Parallèlement, le cours du pétrole n'arrête pas de flamber, poussé à la fois par les tensions géopolitiques, la baisse des stocks et les spéculations.
Le ministre par intérim, Gholamhossein Nozari, a précisé que l'exploitation du champ d'Azadegan allait commencer durant "les mois d'Azar (22 novembre au 21 décembre) et Bahman (22 décembre au 20 janvier) avec une production de 25.000 barils par jour". M. Nozari a révisé en hausse les réserves estimées du champ, les portant à 42 milliards de barils contre une estimation précédente de 32 milliards.
L'Iran avait attribué l'exploitation au japonais Inpex, mais la société s'est pratiquement retirée du projet fin 2006 sous la pression du gouvernement japonais .... et américain, en raison du refus de l'Iran de suspendre son programme nucléaire sensible. L'exploitation du champ a été ensuite attribuée à Petroiran, une société qui dépend du ministère du Pétrole.
Selon M. Nozari, la production iranienne a atteint le niveau de 4,1 millions de mbj durant les deux derniers mois et va passer à 4,2 mbj d'ici mars 2008. Pour rappel, l'Iran est le quatrième producteur mondial et le deuxième de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
Un responsable de la Compagnie nationale du pétrole de l'Iran (NIOC), Mohammad-Ali Khatibi, a récemment déclaré que les revenus pétroliers de l'Iran devraient atteindre 70 milliards de dollars durant l'exercice qui s'achève en mars 2008, en hausse de 10 milliards de dollars par rapport à l'année passée.
Alors qu'en juin 2005, la presse germanique affirmait que le numéro un allemand de l'énergie EON envisageait de développer des activités gazières en Iran afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe, la position officielle de l'Allemagne semble se durcir envers l'Iran.
Dans un discours prononcé mardi soir à Berlin devant le conseil central des Juifs en Allemagne, Mme Merkel a souligné son attachement à la sécurité de l'Etat hébreu. "Je revendique clairement la responsabilité historique particulière de l'Allemagne pour la sécurité et l'existence d'Israël. J'ai conscience, au vu de la menace pour Israël que représente le programme nucléaire de l'Iran, que cela ne doit pas rester de vains mots. Ces mots doivent être suivis d'actes," a martelé la chancelière.
"Nous nous engageons ensemble avec nos partenaires en faveur d'une solution diplomatique. Ce qui implique que l'Allemagne, si l'Iran ne cède pas, est disposée à de nouvelles sanctions plus sévères," a-t-elle expliqué, une position qu'elle entend aborder avec le président américain George W. Bush ce week-end au Texas.
"En même temps, l'Allemagne soutient avec détermination dans le cadre du processus de paix au Proche-Orient la vision de deux Etats dans des frontières sûres et en paix," a-t-elle poursuivi, qualifiant de "grande chance" la réunion à ce sujet prévu fin novembre à Annapolis, près de Washington.
Déplorant que "les horreurs du national-socialisme" puissent tomber "si vite dans l'oubli", Mme Merkel a lancé: "avec quelle détermination devons-nous réagir lorsque le président iranien veut détruire Israël et relativise l'Holocauste ? (...) Et la chancelière de proposer "détermination et unité" face à l'Iran et "zéro tolérance pour l'intolérance" face à la xénophobie en Allemagne.
Pourtant, en janvier 2006, le journal financier allemand Handelsblatt avait révélé qu'EON envisageait de travailler sur des projets gaziers en Iran, et ce malgré l'opposition de l'Europe et des Etats-Unis aux projets nucléaires iraniens. “Nous ne pouvons nier que l'Iran possède les 2eme plus grandes réserves du gaz du monde” avait alors concédé le PDG Wulf Bernotat. Eon souhaitait notamment – à l'époque – coopérer au sein du projet du pipeline Nabucco.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est attendu prochainement à Bahreïn pour sa première visite dans ce royaume allié des Etats-Unis avec lequel Téhéran entretient des relations tendues, a par ailleurs indiqué mardi un responsable bahreïni. "Le président Ahmadinejad effectuera une visite à Bahreïn, après sa participation au sommet de l'Opep", prévu les 17 et 18 novembre à Ryad, la capitale saoudienne, a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat sans autre précision.
L'archipel de Bahreïn, dont les habitants sont majoritairement chiites mais qui est dirigé par une dynastie sunnite, entretient des relations empreintes de méfiance avec l'Iran où s'expriment, d'une manière récurrente, des revendications territoriales sur ce pays arabe.
En juillet, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a dû démentir à Manama toute visée territoriale sur Bahreïn après une polémique provoquée dans le journal iranien Kayhan, dont le directeur général Hossein Shariatmadari affirmait que "le peuple à Bahreïn revendique la réunification de cette province avec la mère patrie, l'Iran islamique".
Plus récemment, le prince héritier de Bahreïn, cheikh Salmane ben Hamad Al-Khalifa, a, dans une interview aux quotidiens britanniques The Times et The Daily Telegraph, accusé l'Iran de chercher à acquérir l'arme atomique. C'était la première fois qu'un haut responsable du Golfe lançait de telles accusations publiques contre Téhéran.
Le nouveau vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Alireza Cheikh Attar, récemment en visite à Manama, s'est déclaré confiant que les monarchies arabes du Golfe n'autoriseraient pas l'utilisation de leurs territoires pour une action militaire éventuelle contre l'Iran. "Nous sommes certains que les pays du Golfe Persique ne permettront pas que l'on utilise leurs territoires pour des attaques éventuelles contre l'Iran", a-t-il dit cité par l'agence officielle iranienne Irna.
Il a remercié le parlement bahreïni pour avoir adopté récemment un texte "interdisant l'utilisation du territoire bahreïni pour une attaque contre l'Iran. Si quelqu'un attaque l'Iran, nous utiliserons tous les moyens pour nous défendre", a-t-il dit. Pour rappel, Bahreïn, allié "non-Otan majeur" des Etats-Unis, est le siège de la Ve flotte américaine. Quelque 5.000 Américains, en majorité des militaires, vivent dans ce pays du Golfe.
L'Iran semble jouer la carte du pétrole et de la diplomatie arabe tout azimut puisque Téhéran a officiellement ouvert mardi deux consulats dans les deux principales villes du Kurdistan irakien, dans le nord de l'Irak, à Erbil et Soulaimaniyeh. "Nous avons aujourd'hui de bonnes relations politiques et économiques avec l'Irak (...). Les deux consulats ont été ouverts en coordination avec le gouvernement irakien et les autorités du Kurdistan, qui sont responsables de la sécurité", a déclaré à Erbil l'ambassadeur d'Iran en Irak, Hassan Kazemi Qomi.
Erbil (330 km au nord de Bagdad) est la capitale du Kurdistan irakien, entité quasi-indépendante par rapport au gouvernement central de Bagdad. Le second consulat iranien a débuté ses activités à Soulaimaniyeh (300 km au nord-est de la capitale irakienne).
La mise en place de ces deux représentations diplomatiques était prévue par un accord entre Téhéran et les autorités kurdes irakiennes, négocié le 8 octobre pour permettre la réouverture de la frontière avec cette partie nord de l'Irak.
Pour rappel, le 24 septembre, l'Iran avait ordonné la fermeture de sa frontière avec le Kurdistan irakien en représailles à la capture à Soulaimeniyeh par les forces américaines d'un Iranien accusé de soutenir des milices chiites irakiennes. Parallèlement à l'ouverture des deux consulats au Kurdistan, l'accord entre l'Iran et les responsables kurdes prévoyait la mise en activité de deux consulats d'Irak à Kermanshah et Urmia (Orumiyeh), dans le nord-ouest de l'Iran.
Début janvier, l'armée américaine avait mené une opération sur la représentation iranienne à Erbil, simple "bureau de liaison" selon Bagdad mais véritable "consulat" selon l'Iran, arrêtant cinq ressortissants iraniens sur place qui sont toujours détenus. "Malheureusement, les forces américaines détiennent toujours cinq des nôtres", a souligné à ce propos l'ambassadeur Qomi, qui a demandé leur libération.
L'Iran compte désormais quatre consulats en Irak, avec Bassorah (550 km au sud de Bagdad) et Kerbala (110 km au sud). Les deux nouveaux consulats d'Erbil et Soulaimaniyeh "peuvent jouer un grand rôle dans l'économie du Kurdistan", a assuré M. Qomi, qui a appelé les pays arabes à ouvrir à leur tour des représentations dans la région. De son côté, le Premier ministre kurde a jugé que ces consulats permettraient "de renforcer les relations du Kurdistan avec l'Iran".
Sources : AFP, L'Usine Nouvelle

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Arabie: préparer les armées des monarchies du CCG à affronter les "menaces"
RYAD - Le vice-ministre saoudien de la Défense, Abdel Rahmane Ben Abdel Aziz, a appelé mercredi les six monarchies pétrolières du Golfe à développer leurs armées face aux "menaces (qu'elles) affrontent".
"Il nous incombe d'oeuvrer pour le développement de nos forces armées pour qu'elles soient en mesure d'assurer la stabilité régionale et la sécurité des sources d'énergie à la lumière des menaces que nous affrontons", a dit le prince Abdel Rahmane lors d'une réunion à Ryad des ministres de la Défense des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Cet impératif militaire est dicté "par un voisinage stratégique, un changement des sources de menaces, l'apparition du danger terroriste et la montée de forces régionales influentes dans la région" du Golfe, a ajouté le prince Abdel Rahmane, cité par l'agence officielle Spa.
Il semblait se référer notamment à l'Iran dont le programme nucléaire controversé fait planer le risque d'un nouveau conflit armé dans la région.
Le responsable saoudien a plaidé pour "une coordination en matière d'armement et de formation" entre les forces armées du CCG (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Koweït, Bahreïn, Qatar et Oman).
Le secrétaire général du CCG, Abdel Rahmane Al-Attiyah a, pour sa part, appelé les pays membres à se tenir prêts à à l'éventualité d'un conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.
"Les dangers et les défis que vit notre région nous commandent d'être vigilants et de nous préparer" à toute éventualité, a-t-il dit, invitant les six membres du CCG à "conjuguer leurs efforts, unifier leurs potentialités et coordonner leurs actions à tous les niveaux".
M. Attiyah a déclaré à la presse avoir reçu, le 5 novembre, une étude de faisabilité sur un programme nucléaire régional pour le Golfe, élaborée avec l'aide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Elle sera soumise aux ministres des Affaires étrangères du CCG, qui se réuniront le 12 novembre à Doha pour préparer le sommet du groupe régional, prévu début décembre au Qatar, a-t-il ajouté.
Lors de leur dernier sommet annuel en décembre 2006 à Ryad, les chefs d'Etat des six monarchies du CCG avaient annoncé leur volonté de développer "un programme commun dans le domaine de la technologie nucléaire à des fins pacifiques, conformément aux normes et règles internationales".
(AFP / 07 novembre 2007 19h43)
08 novembre 2007 à 01:26Ajoutez un commentaire
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