Cela ne laisse présager rien de bon pour la suite … "EADS a besoin de dégager un milliard d'euros d'économies de coûts en plus d'ici à 2010 pour faire face au recul du dollar face à l'euro," a déclaré jeudi son directeur général Louis Gallois.
Interrogé sur la radio BFM, Louis Gallois a estimé que les résultats du groupe d'aéronautique et de défense pour les neuf premiers mois de l'année 2007 "ne sont pas bons".
Salariés,syndicats et sous-traitants, déjà forts inquiets, voient une nouvelle fois le ciel se charger de nuages noirs forts menaçants ...
- Gallois : de nouvelles mesures pour pallier l'euro fort -
Le patron d'EADS, Louis Gallois, a prévenu jeudi qu'il «fallait réagir au glissement du dollar» face à l'euro, dans le cadre du plan de restructuration Power8, établi au début de l'année sur la base d'un euro plus faible.
«Il faut que nous réagissions à ce glissement du dollar. Les équipes d'Airbus sont au travail», a-t-il déclaré sur la radio BFM. «Il faut appliquer Power8 et faire des mesures additionnelles. Il faut ajouter des mesures. On ne peut pas rester les deux pieds dans le même sabot», a-t-il dit.
Lors d'une audio-conférence, le dirigeant a également indiqué que le groupe devait faire face « à une faiblesse accrue du dollar » cela affectant les perspectives du groupe. Cette situation impose selon lui de renforcer Power8, l'environnement forçant le groupe « à envisager des mesures supplémentaires d'économies, d'efficacité et de création de cash". Il estime par ailleurs "qu'il est nécessaire d'accélérer la modification des rapports avec les fournisseurs et les clients."
Louis Gallois a relevé par ailleurs les avancées de Power 8. "Nous sommes dans les temps et même en avance sur l'objectif 2007 de Power 8 en matière d'économies et de réductions d'effectifs, Airbus est entièrement réorganisé et nous pensons annoncer bientôt des décisions sur la cession de plusieurs sites industriels".
- Gallois soutient le discours de Sarkozy -
Louis Gallois a également ajouté qu'il partageait les remarques de Nicolas Sarkozy, faites mercredi devant le Congrès américain, selon lesquelles la baisse du dollar pourrait conduire à des frictions commerciales. "Je partage pleinement les remarques du président Sarkozy lorsqu'il dit qu'une baisse du dollar pourrait conduire à une guerre économique", a-t-il déclaré. La situation actuelle "est insupportable", a poursuivi Louis Gallois, ajoutant que la zone euro n'est pas responsable de la politique de change. "La banque centrale européenne ne regarde pas la politique de change ; elle est responsable de l'inflation et des taux d'intérêt, et c'est une lacune incroyable," a-t-il ajouté.
Le président d'EADS ne cesse par ailleurs de marteler que chaque fois que le dollar perd 10 cents, le groupe perd 1 milliard d'euros par an. Selon Louis Gallois, « il faut trouver grosso modo un milliard supplémentaire à l'échéance 2010-2011".
- Incertitude sur l'emploi -
A la question de savoir si ces mesures additionnelles se traduiraient par des suppressions d'emplois, M. Gallois a déclaré: «je ne veux pas élaborer sur ce point à ce stade. D'autant plus que l'information, nous la devons d'abord aux partenaires sociaux et cela ne sera pas dans l'immédiat, c'est un travail qui va nous prendre plusieurs semaines».
Pour rappel, le plan de restructuration Power8, annoncé le 28 février par la direction d'Airbus, prévoit notamment 10'000 suppressions d'emploi en quatre ans dont la moitié chez les sous-traitants ainsi que la vente ou la cession de certains de ses sites afin de réaliser 5 milliards d'économies d'ici à 2010. Power8 a été établi sur la base d'un taux de change à 1,35 dollar pour 1 euro. Actuellement, la monnaie européenne semble s'installer au dessus de 1,45 USD.
- Les syndicats s'interrogent sur la politique industrielle de la France
Les syndicats n'ont pas tardé à réagir à ces nouveaux propos alarmants de Louis Gallois.
Parmi eux, la CFTC souhaite alerter la direction mais aussi les médias et les représentants des gouvernements sur "ce qui se trame encore". Elle fait par ailleurs remarquer que si 10 centimes d'euros de parité corresponde à un milliard de pertes ... ceci est "l'équivalent du plan social Airbus en cours". "Aujourd'hui 8 novembre, on nous parle de "renforcer le plan de restructuration" pour s'adapter à un dollar qui s'effondre : des emplois en moins ? des sous-traitants encore davantage étranglés et poussés à délocaliser ?" s'interroge dans un communiqué Marina Lensky.
Mais la déléguée syndicale souhaite approfondir et élargir le débat au niveau même des dirigeants et de la politique industrielle de la France. "Nos avions sont de bons avions, nous appelons l' « Europe » à le reconnaître et à nous soutenir" annonce-telle. "Que chacun prenne ses responsabilités : ce n'est pas tel ou tel patron qu'il faut montrer du doigt, c'est le projet industriel français que nous exigeons de connaître et comprendre. Existe-t-il ?" s'interroge le syndicat.
La CFTC redoute fortement des projets de délocalisation vers la zone dollar en réponse à l'euphorie destructrice de notre monnaie pour nos emplois. Selon elle, les salariés EADS ne doivent pas subir davantage de pression, ils doivent pouvoir construire sereinement des avions en hausse de commande.
En guise de conclusion, la CFTC exige de connaître, à travers l'exemple du groupe EADS, la position du gouvernement sur l'avenir de l'industrie française de production et d'exportation.
- Bond inattendu du chiffre d'affaires
EADS vient par ailleurs d'annoncer une perte de 710 millions d'euros avant amortissement des sur-valeurs et éléments exceptionnels pour le troisième trimestre, contre une perte de 228 millions d'euros un an plus tôt.
Néanmoins, l'action EADS était dopée jeudi par le bond inattendu de son chiffre d'affaires du troisième trimestre, supérieur d'un milliard d'euros aux prévisions des analystes, ce qui lui a permis d'abaisser moins drastiquement que prévu sa prévision de rentabilité pour 2007. Le chiffre d'affaires du troisième trimestre d'EADS a en effet progressé de 9% à 9,274 milliards d'euros alors que le consensus des analystes prévoyait au contraire une baisse de 2,5%
Malgré ce milliard d'euros de recettes supplémentaires, le résultat d'exploitation n'est supérieur que d'un demi-milliard d'euros aux prévisions du consensus, les coûts des trois gros programmes dans lesquels s'est lancée la filiale Airbus (A380, A400M et A 350XRW) se révélant plus élevés qu'attendu.
A 12H45 (11H45 GMT), l'action EADS prenait 3,12% à 22,15 euros alors que le CAC 40 perdait 0,41%.
Malgré cette hausse jeudi, l'action affiche toujours une baisse de 18% depuis le début de l'année. Elle avait perdu 3,8% lundi après le chiffrage du coût des retards de l'avion militaire A400M. L'action avait aussi chuté en mars 2007 lors d'une première estimation du coût de ce retard.
Source : AP, AWP/AFX, AFP, syndicat CFTC Airbus
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2 Commentaires
1
On a comme même l'impression que depuis qu'airbus a été privatisé, les déboires s'accumulent. La gestion privé tant vanté ne semble pas très efficace, aucun des programmes en court ne semble bien géré et la politique des managers semble se limiter à :
09 novembre 2007 à 14:17"envisager des mesures supplémentaires d'économies, d'efficacité et de création de cash" (moi je croyais qu'ils faisaient des avions ?)
Et ne parlons même pas des scandales financiers.
Bref un beau gachis ?
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et les conséquences d'une lutte de pouvoir interne incessante, dixit les gens de "l'interieur" ..
09 novembre 2007 à 16:16Ajoutez un commentaire
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