Psychologie et immobilier font bon marché #2

Mon_be10 Aujourd’hui la phrase magique est :
« Je veux bien vous donner de l’argent si c’est pour acheter un bien immobilier ».

Souvent, c’est au cours d’un repas de famille que cette phrase horrible, ayant des conséquences désastreuses pour l’équilibre de la petite communauté qui s’entendait si bien, est lâchée par une personne qui pensait être remerciée voir célébrée devant autant de gentillesse et de générosité.

Ce lâcheur de bombe en puissance n’est autre que beau-papa, géniteur exceptionnel de votre tendre âme sœur fort bien réussie d’un point de vue physique mais surtout intellectuel (NDLR : ça compte chez une femme l’intelligence). Ce type qui paraissait jusqu’à aujourd’hui fort sympathique (toujours disponible pour ouvrir une bouteille de sa cave personnelle), vous considérant comme le fils qu’il n’avait jamais eu, va, par cette malheureuse phrase, vous déconsidérer auprès de toute la famille.

Beau-papa étant angoissé de voir que de toutes ces filles, la petite dernière est la seule à ne pas être encore propriétaire, et ayant aidé les précédentes au moment de l’acquisition, il se sent redevable.

Manque de chance pour lui, il est tombé sur vous le lecteur assidu du forum www.cassandre-immobilière.org, membre actif et modérateur du site, auto-convaicu à tort ou à raison que le jugement dernier est proche et que ça ne vaut pas le coup de dilapider les bijoux de famille, alors que dans six mois maximum, les prix auront dévissé de 40 %.

Problème pour vous vous êtes le seul à table à y croire (mais bon, le premier type à avoir pensé que la terre devait être ronde a du en voir d’autres…), Et à table il n’y a que du « regarde-moi avec mes 140 % de plus value, vu que j’ai un ami dans l’immobilier qui m’a dit que ma maison valait X alors que je l’ai achetée moins de X ».

Il faut aussi dire que votre beau-père a acheté en monnaie de singe sa maison à l'époque où l'inflation faisait son oeuvre. Par ailleurs, lui, il n'a jamais vu les prix baisser.

Bref, en plus de vous faire passer pour un fantaisiste obtus, beau-papa a comme l’impression que pour vous son argent à mauvaise odeur. Et d’un seul coup, vous vous sentez sortir du cercle familial.

Au prochain épisode, nous verrons l’impact de ce repas de famille sur votre vie de couple…

image : Film "Mon beau père et moi "

 

6 Commentaires

  1. 1

    beber

    Magnifique ! et presque poétique en plus ;-)

  2. 2

    Aurélien

    Alors 40% oui, là où l'immobilier ne valait pas grand chose. La qualité (Pas la haute qualité) ne sera pas aussi torturée que le reste. Si 40% est une moyenne, je n'ose pas imaginer des biens valant moins cher qu'en 2000. Car il ne faut pas oublier : une baisse de 50% efface une hausse de 100%.

    Je ne crois vraiment pas que l'on se retrouvera avec des appartements à 4000€ le m² sur Paris, ou 1500€ le m² à Marseille.

    Attention à la sinistrose qui ne doit pas nous faire oublier les maths et la logique ! (Inflation, fondamentaux du marché...)

  3. 3

    Aurélien

    M'enfin je trouve l'article sympa quand même!!

  4. 4

    Alfred

    Seule solution :

    Dire "Merci Beau-Papa, c'est sympa, on va mettre ces sous sur un Plan d'Epargne Logement !"

  5. 5

    cateri

    Merci Yanes pour cet article plein d'humour et de fraicheur qui m'inspire quelques réflexions moins humoristiques...

    Pour être fille de baby boomers de la génération 68 (la génération du baby boom allant, selon les démographes, de l'après-guerre jusqu'au 1er choc pétrolier), je suis assez sensible à cette question de l'aide des parents aux enfants.

    A regarder un peu de près, trouver la bonne formule pour aider ses enfants n'est pas si simple. Pourquoi:

    - parce que dans une fratrie, les schémas de couple ou la relation à l'argent et à son tuilisation peuvent être très éloignés,

    - en tant que parent, on a envie que ses enfants capitalisent sur l'avenir plutôt que de faire de la consommation, surtout si les parents ont fourni un gros effort d'épargne.

    Compte tenu de ses difficultés, l'invetissement immobilier est quelque part assez sécurisant en tant que parents parce que l'on pense que:

    1) les enfants se construisent vraiment un patrimoine

    2) on peut tracer facilement la donation (clause d'utilisation de l'argent, mention de l'origine des fonds dans l'acte d'achat,interdiction de mettre la donation en communauté, etc...)

    Autant de points qui peuvent avoir leur importance car on ne sait jamais ce que la vie réserve à ses enfants et il vaut mieux qu'ils puissent retrouver leurs fonds propres en cas de souci.

    3) si la donation aux enfants est investie dans l'immobilier, sauf à avoir des écarts de valorisation énormes entre les biens immobiliers des enfants, pas de drame au moment de la succession.

    Pourquoi: parce que toutes les dispositions et incitations récentes sur les donations, en particulier en espèces, règlent la question d'un point de vue fiscal mais pas du tout sur le plan du droit civil. Or, cette question du droit civil risque de mettre de l'ambiance dans la famille au jour de la succesion des parents.

    Ex: soit des parents qui donnent en espèces, 50.000€ à chacun de leurs 3 enfants sans prendre la précaution de faire un donation-partage (opération qui a un coût d'autant plus lourd que les montants donnés grimpent)

    enfant n°1:

    Style cigale. Il faut profiter de la vie, on verra plus tard pour le reste. Achat d'une grosse cylindrée et beau voyage en famille au soleil.

    Valeur du don dans l'actif successoral 20 ans plus tard: 0

    enfant n°2:

    style bon père de famille, investit les 50.000 € dans l'achat de son logement. 20 ans, plus tard, valeur de son logement = 150% du prix initial.

    Ses 50.000 € en valent donc 75.000

    enfant n°3:

    investisseur avisé prêt à prendre des risques

    investit ses 50.000 € sur le long termes en produits financiers. Au bout de 20 ans, s'étant bien débrouillé, ses 50.000 € initaux en valent 200.000 €

    Que va t-il se passer en l'absence de donation-partage:

    au jour du calcul de l'actif successoral, s'il reste par exemple 600.000 € à partager, c'est comme si

    enfant n°1 avait reçu 0€

    enfant n°2: 75.000 €

    enfant n°3: 200.000 €

    et donc els parts des n°2 et n°3 seront minorées d'autant.

    Sympa de voir ceux qui ont épargné se voir léser au profit de ceux qui ont flambé....

    4) enfin l'aspect psychologique: je permets à mes enfants de construire quelque chose (au sens propre et figuré)

    Autre manière d'aider ses enfants (j'ai des ex.): mise à disposition d'un logement avec un loyer archi symbolique.

    résultat des courses: au bout de 15 ans et X enfants, ils se tassent encore dans leurs 60 m2 car s'ils devaient payer un loyer de marché, même la chambre de bonne serait hors de prix, et cela sans avoir nécessairement épargné mensuellement le delta entre leur loyer réel et ce qu'ils auraient payé ailleurs.

    Dernière option: on donne du cash et on part du principe que donné, c'est donné et qu'il n'y a pas à interférer en tant que donateur sur l'utilisation des fonds....

    Effectivement, il y a risque qu'au bout du compte l'enfant bénéficaire se retrouve sans rien.

    MORALE DE L'HISTOIRE:

    On ne peut donc pas blâmer les parents de pousser leurs enfants à acheter de l'immobilier à tout prix. C'est même ce que je conseillerai de faire à mes enfants.

    Mais rien n'interdit de le faire avec discernement en intégrant la situation personnelle, profess, financière de chacun ainsi que l'état du marché là où il vit.

    Bien à vous,

  6. 6

    just

    Selon la définition de Joseph Stiglitz, on peut qualifier de « bulle

    spéculative » un état du marché dans lequel « la seule raison pour laquelle

    le prix est élevé aujourd’hui est que les investisseurs pensent que le prix

    de vente sera encore plus élevé demain, alors que les facteurs

    fondamentaux ne semblent pas justifier un tel prix ».

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