Stratégie tout azimut de Poutine contre les Etats-Unis, en tout premier lieu pour affirmer sa volonté de garder la main-mise du pays sur ses ressources pétrolières ... mais également pour assoir son pouvoir et surtout le maintenir après 2008.
L'objectif de Poutine ne serait-il pas de crier au loup en faisant redouter des attaques militaires en vue notamment de faire revenir à lui “les brebis égarées” que représentent pour lui les pays de l'ex Union soviétique “par ailleurs” grandement pourvus de ressources telles que pétrole, gaz et uranium ... ?
- Poutine attaque la politique de Bush en Irak -
Vladimir Poutine a pris de front jeudi les Etats-Unis, affirmant qu'ils avaient échoué en Irak et devaient fixer une date pour leur retrait de ce pays, et entretenu le suspense sur ses propres ambitions au-delà de la présidentielle de 2008. Trois heures durant, le président russe a répondu en direct à près de 70 questions de ses compatriotes de Vladivostok, dans l'Extrême-Orient, à Kaliningrad, une enclave russe dans l'Union européenne.
"Que s'est-il passé (en Irak)? On l'a bien vu. Ils (les Américains) ont appris à tirer. Mais ramener l'ordre, pour l'instant, ils n'y ont pas réussi", a-t-il déclaré. "Et il y a peu de chances qu'ils réussissent parce que combattre un peuple est un objectif absolument sans avenir", a-t-il ajouté, en épinglant au passage un "régime d'occupation" qui ne peut durer "éternellement". "On peut balayer des régimes tyranniques de l'échiquier politique, par exemple, le régime de Saddam Hussein, mais faire la guerre contre le peuple est vain", a-t-il fait également remarquer.
Le Président russe s'est dit par ailleurs "d'accord" avec George W. Bush sur le fait que les Américains ne peuvent se retirer tout de suite d'Irak en raison de l'instabilité dans ce pays. "La différence dans nos positions, c'est que les Américains disent qu'ils ne peuvent pas fixer de date (pour leur retrait). Je pense que cela devrait être fait, sinon les dirigeants irakiens se sentiront comme sous la protection d'un parapluie américain et ne se presseront pas de renforcer d'eux-mêmes la sécurité" de l'Irak, a-t-il estimé. A Washington, la Maison Blanche a rejeté l'évaluation sombre faite par le président russe, en faisant état de progrès dans les domaines de la sécurité, de la politique et de l'économie.
- La Russie defendra mieux son pétrole que l'Irak selon Poutine -
Vladimir Poutine a comparé jeudi la Russie à l'Irak comme pays convoité pour ses réserves en hydrocarbures par les Occidentaux mais a prévenu que Moscou avait "suffisamment de force et de moyens" pour se défendre. Répondant à une question d'un scientifique russe sur les convoitises suscitées par les immenses réserves en pétrole et en gaz de la Russie, le président russe a dit que "ce genre d'idées circule dans les têtes de quelques politiciens" en Occident. "C'est à mon avis une sorte d'érotisme politique qui peut donner du plaisir à certains, mais qui a peu de chances d'apporter de bons résultats", a ironisé M. Poutine.
"Le meilleur exemple, c'est les événements en Irak, un pays qui avait du mal à se défendre et qui avait d'énormes réserves de pétrole", a ajouté le président russe. "La Russie, Dieu merci, ce n'est pas l'Irak. La Russie a suffisamment de forces et de moyens pour défendre ses intérêts aussi bien sur son territoire que dans d'autres régions", a mis en garde le président. A noter que les dépêches d'Agence "omettent" de rajouter "et d'autres régions", pourtant le "détail" est d'importance.
- Gaz et pétrole assurent la croissance de la Russie et de l'ex-Bloc soviétique -
La Russie et les pays de l'ex-bloc soviétique gardent le cap d'une croissance robuste au deuxième semestre 2007, grâce au boom des matières premières, même si la crise financière fait peser des risques sur cette conjoncture favorable, estime le Fonds monétaire international dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, publié mercredi.
Elle est anticipée à 7,8% (+7% pour la Russie) en 2007 et devrait ralentir à +7% l'an prochain (6,5% en Russie) en raison d'un environnement international moins favorable et d'un resserrement des conditions de crédit. Dans les autres pays de la zone, la croissance sera également soutenue, avec en Ukraine +6,7% attendus en 2007 et 5,4% en 2008, au Kazakhstan +8,7% en 2007 et 7,8% en 2008, et 10% attendus cette année et l'an prochain en 2008 au Turkménistan.
Parmi les pays à faible revenu, l'Azerbaïdjan, un producteur de pétrole, devrait continuer à bénéficier d'un boom spectaculaire, avec 29,3% de croissance attendus cette année et 23,2% l'an prochain. Si la "consommation est restée le principal moteur de croissance", juge le Fonds, la zone a bénéficié de l'envolée du prix des matières premières, du pétrole en particulier, ainsi que d'"importantes rentrées de capitaux" notamment étrangers, en plus de gains de productivité. Les pays importateurs nets d'énergie, confrontés à l'envolée de leur facture pétrolière, devraient voir leur croissance ralentir plus rapidement que celle des pays exportateurs d'énergie (Russie, Kazakhstan, Turkménistan, Azerbaïdjan et Turkménistan), mais devraient toutefois continuer à bénéficier du boom des matières premières, à l'instar du Tadjikistan, exportateur d'aluminium et de coton, ou de la Géorgie (métaux).
- Accord de non-agression entre riverains de la Caspienne ... riches en pétrole -
En criant au loup américain envisageant une attaque en Iran, Poutine fait fort ... il réussit justement à créer une union autour d'un objectif commun parmi les pays de l'ex-Union soviétique ... par ailleurs largement pourvus en hydrocarbures. Cette union pourrait également lui permettre de renforcer la suprématie russe sur ses « enfants égarés » et accroître son influence économique et financière sur leur secteur pétrolier.
Les Etats riverains de la mer Caspienne (Iran, Russie, Kazakhstan, Turkménistan et Azerbaïdjan) (donc exactement les mêmes que mentionnées plus haut, en dehors de l'Iran!) ne permettront pas à des pays tiers d'utiliser leurs territoires respectifs pour agresser l'un d'entre eux, lit-on dans une déclaration rendue publique au terme du deuxième sommet de la Caspienne qui s'est tenu à Téhéran.
"Les parties soulignent qu'en aucun cas elles ne permettront à d'autres Etats d'utiliser leurs territoires afin d'agresser ou de mener des opérations militaires contre l'une d'entre elles", affirme le document. Les parties ont annoncé qu'elles s'efforceraient de renforcer la confiance mutuelle, la sécurité et la stabilité régionales, et qu'elles s'abstiendraient d'avoir recours à la violence militaire dans le cadre de leurs relations réciproques. "Les parties confirment que leurs forces armées ne sont pas destinées à être utilisées dans le cadre d'une attaque contre l'une d'entre elles", poursuit la déclaration. La mer Caspienne doit être exclusivement utilisée à des fins pacifiques, et tous les problèmes relatifs à cette espace maritime devront être réglés par voie de négociation par les Etats riverains, déclarent les participants du sommet.
- Poutine encourage les paysans à se tourner vers les biocarburants -
Vladimir Poutine a également encouragé jeudi les agriculteurs russes à se tourner vers la production de cultures dédiées aux biocarburants, et à récupérer ainsi une partie du marché d'exportation occupé actuellement par les producteurs d'hydrocarbures. « Peu de pays produisent suffisamment de denrées agricoles pour se permettre de les transformer en carburant », a-t-il noté. "La Russie en fait certainement partie, étant donné son territoire gigantesque", a-t-il ajouté.
Les biocarburants sont de plus en plus répandus, si bien que "ceux qui travaillent en milieu rural pourraient même dans une certaine mesure capter une partie du marché occupée par nos producteurs de pétrole et de gaz". La Russie est l'un des principaux exportateurs de pétrole et de gaz au monde. La Russie devrait récolter cette année 78 millions de tonnes de céréales. "C'est un peu moins que l'an dernier, mais c'est bien assez pour permettre l'exportation d'environ 10 millions de tonnes", a-t-il dit.
- Pas de réforme du système insitutionnel envisagée -
Après le marathon de questions-réponses, le Président Russe a évoqué devant les journalistes du Kremlin les contours, de plus en plus flous, de sa succession. Il s'est notamment déclaré opposé à une réforme des institutions permettant un transfert des pouvoirs du président au Premier ministre. Ce scénario - permettant à M. Poutine de rester au pouvoir comme Premier ministre au-delà de la fin de son mandat en mai 2008 - est envisagé par les observateurs depuis que le président a accepté de conduire la liste du parti pro-Kremlin Russie Unie aux législatives du 2 décembre.
"Priver le gouvernement de pouvoirs ou donner au gouvernement des pouvoirs supplémentaires est dépourvu de sens", a-t-il souligné, se disant aussi "contre la réduction des pouvoirs du président de Russie". "Le centre de prise de décision chez nous aujourd'hui, c'est le chef de l'Etat, le président et le gouvernement, en vertu de la Constitution", a-t-il dit à des journalistes. Il a par ailleurs martelé qu'un "autre homme" prendrait place au Kremlin après l'élection présidentielle de mars 2008, mais que l'orientation de la politique actuelle serait maintenue, ce grâce à la force du parti Russie Unie au Parlement (dont il détient déjà les deux-tiers des sièges). "Il est extrêmement important que le Parlement après les élections de 2007 soit capable. Et l'élément qui a rendu le Parlement capable d'agir dans les années passées a été Russie Unie", a-t-il ajouté, pour expliquer sa décision de conduire la liste de ce parti. "Il est extrêmement important de maintenir le cap stable de notre Etat, de maintenir la continuité des décisions qui ont été prises ces derniers temps", a ajouté M. Poutine.
Sources : AFP, Ria Novosti, www.romandie.com

4 Commentaires
1
l'iran, la russie.......
decidemment les pays gros producteurs de pétrole et d'hydrocarbure, recherchent quelque chose
mais quoi...
19 octobre 2007 à 09:512
Je pense qu'ils savent que leurs réserves de pétrole ne sont pas éternelles et ils essayent de s'en prémunir.
La Russie investit énormement l'argent de son pétrole dans aéronautique et teélécoms , en titre de "prevention" notamment
A étuider ce qui a derrière la volonte de Poutine de mettre en avant les biocarburants, à mon avis , ceci est loin d'être anodin,
A méditer "Les biocarburants sont de plus en plus répandus, si bien que "ceux qui travaillent en milieu rural pourraient même dans une certaine mesure capter une partie du marché occupée par nos producteurs de pétrole et de gaz" , reconversion en vue, au cas ou gaz et pétrole viendraient à manquer ?
19 octobre 2007 à 10:03N'oublions aps aussi que le rechauffement climatique permet de"libérer" des terres pour l'agriculture
3
Tiens, c'est vrai, j'avais "oublié" de vous en parler :)
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Par accident", les Américains tirent un missile Patriot au Qatar
Il y a vraiment du relâchement dans l'armée américaine. Après avoir fait décoller par erreur six bombes nucléaires, fin aout, à bord d'un B-52 (voir ma note du 5 septembre), un missile antimissiles Patriot a été tiré "par accident" lundi soir au Qatar, indique le Pentagone, confirmant ainsi une information de la chaîne de télévision Al-Jezira.
"Ces choses ne sont pas supposées partir accidentellement. C'est la raison pour laquelle nous devons faire une enquête", a ajouté un porte-parole du Penatgone. Le missile est retombé sur une zone non habitée, selon les Américains, sur la ferme d'un Qatariote, selon Al Jezira. Les deux sources s'accordent pour dire qu'il n'y a pas eu de victimes. Un Patriot mesure environ cinq mètres de long et pèse plusieurs centaines de kilos.
Les Américains disposent d'importantes installations militaires au Qatar, comme le camp d'As-Sailiyah, à 20 km au sud de la cpaitale Doha, d'où a été tiré le missile.
19 octobre 2007 à 10:084
La situation a bien changée depuis 2003.
19 octobre 2007 à 22:32Les US et leur coalition rentraient en Irak et les autres pays non participants les regardaient se disant qu'il n'auraient pas leur part du gateau.
Il semble finalement que l'invasion de l'Irak profite aux pays producteurs de petrole pendant que les etats unis s'embourbent un peu plus tous les jours.
Quel avenir nous reserve l'apres 2008 ?
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