Les prix des métaux précieux ont nettement progressé cette semaine, l'or renouant ainsi avec des niveaux plus vus depuis 1980.
Raisons d'une telle envolée : la faiblesse du dollar, les cours records du pétrole et l'aggravation des tensions géopolitiques.
A noter que dans ce monde de brut, ces tensions influent de plus en plus sur l'or noir mais également sur l'or jaune. Compte-tenu de la raréfaction des ressources en matières premières, de nombreuses voix s'élèvent désormais, redoutant au delà des tensions géopolitiques des conflits sociaux d'ordre majeur.
La bataille mondiale pour les ressources de la terre est bel et bien lancée. Ceci n'est certes pas nouveau, de tous les temps les hommes se sont battus pour avoir la suprématie sur les "bienfaits" de "la terre nourricière", mais croissance économique et démographique aidant, ce sont toutes les ressources de notre planète qui sont désormais visées : terre (immobilier, agriculture, carburant), métaux, hydrocarbures, eau en priorité.
Le prix d'une once a progressé jusqu'à 778,50 dollars vers 06H40 GMT vendredi sur le London Bullion Market, un prix plus vu depuis janvier 1980, date à laquelle il avait culminé à 850 dollars. Ceci représente une progression d'environ 100 dollars depuis début septembre - soit environ 15% en à peine deux mois.
L'argent, qui se faisait discret depuis quelques semaines dans l'ombre de l'or et du platine, s'est même hissé au-dessus des 14 dollars l'once, pour atteindre un plus haut depuis plus de six mois, à 14,19 dollars.
Le platine n'a pas surpassé son dernier record de la semaine passée de 1460 dollars, son dernier record historique en date. Mais à 1454 dollars l'once vendredi au fixing du soir, il reste toutefois à une “broutille” de ce record.
Les métaux précieux profitent en effet de la faiblesse persistante du dollar, du contexte géopolitique, et de prix du pétrole particulièrement soutenus, selon les analystes de la banque Barclays Capital.
Pour rappel, le billet vert a touché vendredi un plus bas historique à 1,4388 dollar pour un euro. Ce qui représente une véritable aubaine pour les investisseurs hors zone dollar, les prix de l'or étant libellés en dollars, leur pouvoir d'achat s'en trouve accru, ce qui dope la demande.
En ce qui concerne le pétrole, qui a dépassé les 92 dollars le baril à New York, et les 89 dollars à Londres, sa progression continue entretient les pressions inflationnistes. Il fournit aux opérateurs une autre raison d'acheter de l'or, réputé être un bouclier contre l'inflation.
Par ailleurs, dans la mesure où un pétrole cher est perçu comme négatif pour les perspectives de croissance économique, il pousse les investisseurs vers une valeur refuge comme le métal jaune.
Les métaux précieux profitent également de l'intérêt que lui portent traditionnellement les investisseurs en contexte de montée des tensions géopolitiques, or la semaine a été marquée par une escalade des risques au Moyen-Orient.
Des affrontements ont eu lieu entre la Turquie et les rebelles du Parti des travailleurs kurdes (PKK) réfugiés dans le nord de l'Irak. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu que son pays n'hésiterait pas à lancer une offensive militaire de l'autre côté de la frontière, si les efforts diplomatiques restaient vains. Parallèlement, le ton est nettement monté entre l'Iran et les Etats-Unis. Washington a décidé jeudi de nouvelles mesures de rétorsion contre la République islamique.
Les métaux ont également des facteurs de soutien qui leur sont propres. Dans le cas de l'or, le troisième trimestre est en général marqué par une hausse saisonnière de la demande. Elle est stimulée entre autres par le début en octobre de la saison des mariages en Inde, premier importateur mondial du métal. Dans le cas du platine, des interruptions de production et le risque d'une grève du secteur minier en Afrique du sud, premier producteur mondial, soutiennent les cours.
Sur le London Bullion Market, l'once d'or valait 779,15 dollars vendredi au fixing du soir, contre 763 dollars vendredi dernier.L'once d'argent valait 14,07 dollars au fixing vendredi, contre 13,83 dollars vendredi dernier. Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine valait 1454 dollars vendredi au fixing du soir, contre 1.452 la semaine dernière. L'once de palladium valait 370 dollars au fixing, inchangé.
Sources : Afx, AWP
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9 Commentaires
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"La bataille mondiale pour les ressources de la terre est bel et bien lancée. Ceci n'est certes pas nouveau, de tous les temps les hommes se sont battus pour avoir la suprématie sur les "bienfaits" de "la terre nourricière", mais croissance économique et démographique aidant, ce sont toutes les ressources de notre planète qui sont désormais visées : terre (immobilier, agriculture, carburant), métaux, hydrocarbures, eau en priorité."
Et donc pas de conclusion? Ca devrait pourtant amener a : A long terme la bourse doit decroitre severement, non?
Ex: Les compagnies petrolieres, qui representent a elles seules un bon paquet de la capitalisations se font doucement exclures des marches locaux aux profits des compagnies d'etat (ce qui est somme toute plutot normal).
autre ex: Tous les rapports climatiques le prouvent, les incidents graves se multipliants, les assurances ne seront plus a meme de payer les degats (et n'assureront plus les principaux risques), encore repris en charge par l'etat.
Ex : On ne va meme pas parler des immobilieres ? Tout le monde est au courant de la jolie bulle qui doit crever depuis si longtemps.
Du coup on parlera pas des financieres... dans le petrin? non.
Pour le reste, comment la consommation pourrait tirer tout ca?
Bref, tout ca pour rejoindre un etonnant rapport des nations unies... (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-971908@51-972005,0.html)
a lire absolument !!!! avec un petit mot , ou le journaliste ne sait peut etre pas que l'on retombe sur du Nash tout crache lorsqu'il decrit le quatrieme et meilleur scenario...
"le quatrième, qui met l'accent sur la durabilité, exige de consacrer beaucoup de temps à la COOPERATION entre acteurs".
Le theoreme mathematique qui renvoie les sciences economiques a l'age de la pierre (meme pas polie), Nash et la therorie des jeux non-cooperatifs, qui ruine, a jamais, les theories de concurrence... Voila il semble que l'avenir lui donne raison, non?!
Ce serait epatant de voir un peu plus ce genre d'idees en "concurrence" avec les pseudo theories economiques, sur votre site, dont j'aime bien lire les articles! Car il y a un peu de recul sur tout ca!
28 octobre 2007 à 09:572
les etats detenteurs de richesses naturelles et fossiles, mettent la pression sur les sociétés étrangères pour obtenir une plus grosse part du gateau
Mais ne pourront jamais faire sans elles, car les sociétés étrangères jouissent d'une expérience importante, ou carrement meme pour certains pays sont les seules a pouvoir travailler car n'ayant pas dans leur pays de sociétés exploratrices
Toute facon, quoi qu'il en soit, prenez bien note, que la decennie actuelle, sera celle de la consolidation du secteur
Non pas en terme de CA, mais en terme d'opa des grosses sociétés sur les petites
Car les richesses souterraines etant de plus en plus minces, les besoins pour aller les chercher coutant de plus en plus cher, il est devenu moins couteux d'acheter son concurrent pour lui prendre ses contrats
28 octobre 2007 à 11:373
mais il serait sot de penser que le pétrole n'appartient qu'aux sociétés pétrolières
ces sociétés ne seraient rien sans leur equipementiers (schlumberger, bourbon, etc...)
Et ces sociétés là tirent egalement avantage de la haute du pétrole, de l'or, etc..., de toutes les matières premières
28 octobre 2007 à 11:464
@monlapin
"Ex: Les compagnies petrolieres, qui representent a elles seules un bon paquet de la capitalisations se font doucement exclures des marches locaux aux profits des compagnies d'etat (ce qui est somme toute plutot normal)."
cf. ce que j'ai déjà ecrit ici -même :
Total ne peut plus profiter de la flambée du pétrole
28 octobre 2007 à 13:175
@monlapin
pour rappel : mon site perso (que certes, j'ai du mal à mettre à jour) et le credo de ma 1ere page :)
www.mondedebrut.com
on semble totalement en phase :)
28 octobre 2007 à 13:216
Ce qui est fascinant avec l'or, c'est que non seulement il reflète les tensions monétaires, économiques et géopolitiques du moment, mais aussi que sa dimension réelle va bien au-delà d'une simple "valeur refuge" contre tous les aléas...
Beaucoup de gens croient que l'or n'est qu'une matière première, certes plus précieuse que les autres, mais dont le prix évolue essentiellement en fonction du rapport entre l'offre et la demande. En réalité, l'or se comporte à la manière d'une monnaie, la seule monnaie en laquelle les êtres humains ont vraiment confiance depuis des millénaires car elle ne se déprécie pas.
A côté de l'or, les monnaies dites "fiduciaires" (par antiphrase sans doute) font pâle figure...
28 octobre 2007 à 22:067
c'est vite dit que l'or ne se deprecie pas
le cours du 21 janvier 1980 (850$) n'a jamais été retrouvé, et encore moins battu
29 octobre 2007 à 11:528
L'or ne se déprécie pas sur le long terme.
La baisse du prix de l'or de 1980 à 2001 a correspondu à une période de grande confiance dans les monnaies-papiers, avec une explosion de la masse monétaire et des marchés boursiers...
Mais cette période est déjà derrière nous ! On assiste aujourd'hui au retour des actifs réels, concrets (parmi lesquels les matières premières). Et que représentent 20 ans de (relatif) abandon de l'or comparés aux 6000 ans où il a toujours été considérée comme la monnaie en laquelle on peut avoir confiance ?
Ne pas oublier non plus que les banques centrales faussent le marché de l'or en vendant chaque année de grosses quantités de métal jaune... Mais il ne leur en reste apparemment plus beaucoup, et certaines ont déjà commencé à en racheter.
29 octobre 2007 à 20:189
Avec un Yuan chinois sous-évalué, un Dollar qui vit à crédit et sur-endetté, un Euro qui vit aussi à crédit, il y a de fortes chances que l’or augmente rapidement. Quelle est le produit qui n’aurait aucun droit à l’augmentation depuis vingt sept ans ? Dans les incertitudes actuelles l’or peut bien augmenter de 250 %. De toute façon le coût des matières premières va à la hausse.
05 janvier 2008 à 04:57Ajoutez un commentaire
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