Alors qu'en janvier 2006, le géant russe Gazprom avait fait frissonner l'Italie, le président de l'autorité de régulation de l'énergie italienne, Alessandro Ortis, affirme que son pays pourrait être menacé de manquer de gaz et d'électricité en cas de froid intense. L'Italie pourrait même se trouver en situation difficile en cas d'interruptions de l'approvisionnement en gaz.
Une telle alerte pourrait toutefois permettre de justifier un rapprochement des relations déjà fort cordiales entre le géant pétrolier italien Eni et Gazprom, chose que tous les pays de l'UE ne voient pas forcément d'un très bon oeil. Le géant russe ne serait-il pas plutôt en train d'envoyer ainsi en émissaire son "allié" italien en vue de faire trembler l'UE d'effroi afin qu'elle presse l'Ukraine (voire d'autres pays) de se plier aux desiderata russes ?
A moins que les groupes italiens d'énergie ne profitent de l'occasion pour tenter de limiter les obstacles placés selon eux par les autorités locales, en vue de freiner la construction de terminaux méthaniers.
M. Ortis a souligné l'urgence de disposer de capacités supplémentaires pour l'approvisionnement et le stockage de gaz de la péninsule, qui avait dû recourir à des mesures d'urgence lors de l'hiver 2005/06. "En cas de froid intense, le système n'est pas en mesure de répondre complètement à la demande", a-t-il dit lors d'une audition parlementaire.
L'Italie avait dû limiter le chauffage des établissements publics et des logements lors de l'hiver 2005/06 en raison d'une baisse d'approvisionnement en gaz en provenance de Russie. La Péninsule importe 85% de sa production de gaz qui lui permet de produire la moitié de son électricité.
Le gouvernement italien a décidé d'importer le maximum de gaz possible à partir de novembre et a mis en place un système d'interruption de l'approvisionnement industriel en cas de difficulté, a rappelé M. Ortis. Mais, a-t-il averti, "le déficit structurel est important et durable étant donné que les projets (de nouveaux terminaux méthaniers, sites de stockage) sont incertains et repoussés dans le temps tandis que la demande croît".
La mise en garde de M. Ortis survient peu après celle du numéro un de l'électricité italien Enel. Ce dernier avait mis en cause en septembre le ministère de l'Environnement, accusé d'empêcher l'augmentation des capacités de l'une des réserves de stockage de méthane près de Milan. Fulvio Conti, président directeur général du groupe italien Enel, avait alors exprimé ses craintes face à l'augmentation de consommation italienne d'énergie. "La consommation continue d'augmenter alors que les infrastructures n'ont pas changé", avait-il déclaré. "Nous sommes encore plus fragiles qu'il y a deux ans et risquons de rester dans le froid et l'obscurité", a-t-il ajouté.
Le groupe énergétique déplore les obstacles à la construction des terminaux méthaniers et souhaite recourir davantage au charbon pour alimenter les centrales.
Pour Alfonso Pecoraro Scanio, ministre italien de l'Environnement, les groupes d'énergie cherchent à adopter "de vieilles solutions" aux problèmes d'approvisionnement, sans se préoccuper des exigences environnementales du pays. Pour lui, il faut une solution qui prenne en compte l'impact des solutions privilégiées sur l'environnement et le climat.
Le conflit actuel entre la Russie et l'Ukraine offre donc l'occasion aux groupes énergétiques italiens de brandir le spectre d'une pénurie pour faire avancer leurs dossiers.
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. Eni : accord historique avec Gazprom

3 Commentaires
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Pas grave ca ira mieux quand le gazoduc Galsi entre l'Algérie et l'Italie sera terminé ;)
04 octobre 2007 à 11:322
L'Italie semble vouloir jouer la carte de la collaboration avec l'inquiétant Gazprom, bras armé énergétique du Président Poutine. En cédant une partie de la distribution, elle espère assurer ses approvisionnements.
N'oublions pas qu'elle discute aussi avec la Sonatrach d'un projet de gazoduc qui rejoindrait l'Italie via la Sicile.
Enfin, pour l'approvisionnement en gaz de l'Europe, il y a aussi les terminaux de GNL qui permettent de diversifier les sources et de les mettre en concurrence.
Citons par exemple le communiqué de Total paru ce matin qui annonce l'étude d'un terminal de regazéification dans l'Adriatique:
"Total annonce la création de la société Adria LNG, chargée de l’étude de la construction d’un terminal de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) situé sur la côte croate. Ce terminal situé sur l’île de Krk, sur la côte Nord de l’Adriatique, constituera un nouveau point d’entrée sur les marchés européens disposant d’un approvisionnement diversifié.
Total qui détient une participation de 25,58 % dans la société Adria LNG, est associé à E.ON Ruhrgas (31,15 %), O.M.V (25,58 %), R.W.E (16,69 %) et Geoplin (1 %).
Ce terminal aura une capacité initiale de 10 milliards de mètres cubes (Gm3) par an qui pourra être ultérieurement portée à 15 Gm3 par an. Il pourra recevoir des méthaniers allant jusqu’à 265 000 mètres cubes. La décision finale d’investissement pourrait intervenir fin 2008 pour une entrée en service du terminal en 2012".
La principale arme pour contrer la mainmise de la Russie sur le gaz européen est le GNL. Vive la concurrence!
04 octobre 2007 à 11:363
je n'ai pas eu le temps de faire l'article, mais les livraisons de Gazprom ont nettement baissé.
Je vous en parle dès que possible.
04 octobre 2007 à 13:04Ajoutez un commentaire
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