Vieux thème cher à Poutine ... usant de toutes les stratégies pour arriver à ses fins : maintenir sa suprématie sur le marché international du gaz, y compris désormais en “s'insérant” dans le secteur énergétique européen.
La Russie compte sur la réciprocité avec l'UE pour les investissements dans l'énergie, déséquilibrés en faveur des actifs détenus par les Européens en Russie, a déclaré lundi à Wiesbaden, dans l'ouest de l'Allemagne, le ministre russe de l'Energie Viktor Khristenko.
Tout ceci en plein projet de fusion de GDF et Suez, alors que la Russie avait annoncé dès 2006 être intéressé par des achats d'actifs dans le transport et la distribution de gaz en Europe.
- Intérêt pour des investissements sur le marché européen -
"Nous sommes naturellement intéressés par des investissements sur le marché énergétique européen" et "nous souhaitons la réciprocité", a déclaré M. Khristenko à la presse en marge des neuvièmes consultations inter-étatiques entre l'Allemagne et la Russie.
Le ministre russe a souligné que les actifs du groupe énergétique allemand EON en Russie représentent à eux seuls "presque 20 milliards de dollars". "La Russie ne peut se vanter pour le moment d'avoir des actifs aussi importants en Europe dans le secteur de l'énergie", a fait remarquer le responsable russe, ajoutant que Moscou comptait "avoir une opportunité d'investir dans l'énergie en Europe".
"Mais cela ne doit pas être considéré comme une quelconque expansion" de la part des géants russes de l'énergie, a-t-il ajouté. Rappelons tout de même qu'en novembre 2006, le groupe pétrolier italien Eni avait signé un accord "historique" avec Gazprom, le géant gazier russe pouvant désormais vendre directement son gaz en Italie.
La bergère Merkel n'a pas manqué de répondre au berger Poutine. « Les conflits internationaux et les problèmes d'approvisionnement en énergie ne peuvent être réglés par la Russie et l'Allemagne que par le dialogue, a déclaré en effet lundi la chancelière allemande.
Pour ce qui est de l'approvisionnement en énergie, la chancelière allemande a souligné que la Russie était pour l'Allemagne un important fournisseur d'hydrocarbures. Il est nécessaire de créer des conditions d'approvisionnement énergétique qui profitent à tous, à la société et à l'Etat, a poursuivi Mme Merkel. "Le succès de notre coopération sera fonction de nos efforts", a fait remarquer la chancelière allemande.
- La Russie souhaite encore et toujours la réciprocité -
"Si nos partenaires européens attendent de nous que nous les laissions accéder au saint des saints de notre économie, l'énergie, et qu'ils veulent y faire ce qui leur plaît, alors nous voulons des concessions qui aideront notre propre développement", avait d'ores et déjà déclaré en mai 2006 à Sotchi lors du sommet Russie-UE le président russe Vladimir Poutine.
Selon la position d'alors du Président Russe, si les partenaires de la Russie attendent d'elle des avantages exclusifs et veulent que sa politique d'accès à l'infrastructure, à la production et aux transports soit absolument libérale, les Russes s'interrogent sur ce qu'il leur sera proposé en échanges. "L'Accès à l'infrastructure, à la production et aux transports ? Mais de quel genre d'accès s'agit-il? Où est votre production, à quels gisements et à quelles grandes conduites nous permettrez-vous d'accéder ? Mais si vous n'avez rien de tout cela, nous devons trouver une solution de remplacement qui nous permettra d'entamer un mouvement réciproque, dans l'intérêt mutuel", avait ajouté le président russe.
- Intérêt russe pour achats d'actifs dans distribution et transport en UE -
"Si des possibilités devaient apparaître pour l'acquisition d'actifs notamment pour la distribution, le transport (en Europe), nous allons les étudier", avait déclaré en novembre 2006 le vice-président du géant gazier russe Gazprom, Alexander Medvedev, lors d'un déjeuner de presse à Paris pour le lancement officiel de sa filiale française de vente directe de gaz.
Le groupe vise notamment des actifs qui seraient cédés par Suez et Gaz de France après leur fusion, en fonction des "conditions économiques de l'offre" et "conformément à la réglementation dans les pays où ces processus auront lieu". "L'autre priorité très importante pour nous (est) le stockage sous-terrain de gaz", a ajouté M. Medvedev. "Nous sommes intéressés à renforcer nos capacités de stockage en France". "Il y a déjà des projets qui sont en cours avec l'Autriche, le Royaume-Uni et la Belgique. Nous serions très heureux s'il y avait la même possibilité avec la France", avait-t-il expliqué.
Il s'agirait de développer les capacités de stockage dans le cadre d'un projet commun avec GDF, dont les structures gèrent aujourd'hui l'ensemble du stockage de gaz en France, avec un autre partenaire, ou encore de manière indépendante, avait encore précisé le président de la filiale française de Gazprom.
Le géant gazier russe, qui ne veut pas dépendre seulement de Gaz de France, à qui il fournit 20% de son gaz, a démarré ses livraisons directes en France en octobre 2006. Le groupe vise la vente directe de gaz aux industriels et aux entreprises commerciales de grande ou moyenne taille.
- L'énergie : enjeu majeur des relations Allemagne/Russie -
Le groupe d'énergie allemand EON a annoncé quant à lui lundi la finalisation de sa prise de contrôle de la société russe de production d'électricité OGK-4, pour 4,1 milliards d'euros. Comme l'ont ont répété lundi Angela Merkel et Vladimir Poutine, lors de la rencontre de Wiesbaden, l'énergie est un enjeu stratégique majeur dans les relations entre Allemagne et Russie. Les livraisons russes couvrent 42% des besoins de l'économie allemande en gaz naturel importé et ce chiffre est de 33% pour le pétrole, selon le Kremlin.
Certes, certes, mais si la Russie n'en a pas fait publicité, Gazprom a réduit ses livraisons de gaz en Allemagne d'environ 30% au premier semestre de 2007, par rapport à l'année dernière. La Belgique et la Hongrie ont réduit leur consommation de gaz naturel russe de 37,5% et de 44% respectivement.
Dans l'ensemble, au premier semestre de cette année, par rapport à janvier-juin 2006, le monopole russe du gaz a réduit ses livraisons à l'Europe occidentale de 24,7%. Une réduction substantielle de ses exportations a été enregistrée en Italie (16,56%), en France (20,69%) et en Autriche (15,07%). En fait, tous les grands consommateurs de gaz russe ont réduit cette année leurs achats d'après les contrats conclus avec Gazprom. La Belgique qui a réduit sa consommation de 37,5% par rapport à l'année dernière détient le record pour l'Europe occidentale.
Mais c'est la réduction des livraisons de gaz à l'Allemagne qui a pesé le plus lourd. Gazprom vend traditionnellement la plus grande part de son gaz sur le marché allemand. Si le problème de la réduction des livraisons à l'Allemagne n'a pas été commenté par Gazprom, les experts estiment qu'en plus d'un hiver clément, d'autres causes sont également à mettre en avant sur le marché allemand. Konstantin Batounine, d'Alfa Bank, estime qu'une réduction d'un tiers est trop importante pour qu'on puisse l'expliquer par les seules conditions atmosphériques.
Un accroissement des livraisons de gaz russe n'a été enregistré qu'en Grande-Bretagne où, en hiver 2005-2006, les prix spot du gaz ont atteint 1.500 dollars les 1.000 m3, poussant les Britanniques à s'en prémunir en signant des contrats à long terme, ainsi qu'en Turquie où il n'y a pas de vente de gaz au comptant, et en Grèce. Dans les pays d'Europe de l'Est, la réduction des livraisons a constitué, au total, 23,4%.
Valeri Nesterov, analyste de Troïka Dialog, estime que la tendance de cette année stimulera le souhait de l'Union européenne de libéraliser le marché et de poursuivre la politique antitrust en vue d'accroître la part du gaz vendu au comptant.
Sources : AFP, Ria Novosti, Kommersant
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2 Commentaires
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L'UE appelle la Russie à ratifier la Charte de l'énergie (Piebalgs)
17:10 | 09/ 10/ 2007
BRUXELLES, 9 octobre - Le commissaire européen en charge de l'énergie Andris Piebalgs a appelé la Russie à ratifier le traité sur la Charte européenne de l'énergie.
"Nous considérons que la ratification du traité sur la Charte de l'énergie constituerait un pas important dans le développement des relations entre l'Union européenne et la Russie, et nous appelons la Russie à travailler à l'avenir sur cette question", a déclaré M. Piebalgs lors d'un discours prononcé mardi dans le cadre d'une réunion du Comité de coopération parlementaire UE-Russie.
Le commissaire européen a cependant encouragé l'introduction de modifications dans la Charte de l'énergie.
"Il est nécessaire d'apporter des modifications à la Charte de l'énergie, de la renouveler et de la rendre conforme aux exigences contemporaines", a affirmé M. Piebalgs.
"L'introduction de modifications dans le traité constitue un processus très flou et complexe, c'est pourquoi je considère que les pays signataires de la Charte de l'énergie doivent eux-mêmes trouver un moyen d'apporter de telles modifications", a indiqué le commissaire européen en charge de l'énergie.
La Russie a signé le traité sur la Charte de l'énergie en 1994 mais ne l'a toujours pas ratifié.
Elle a cependant accepté d'appliquer ce traité de manière provisoire à condition que cela n'aille pas à l'encontre de la Constitution, des lois et des actes règlementaires de la Fédération de Russie.
16 octobre 2007 à 12:142
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Gazprombank va ouvrir une filiale au Royaume-Uni
LONDRES - La banque russe Gazprombank, contrôlée par le géant gazier Gazprom, s'apprête à ouvrir au Royaume-Uni une filiale d'investissement, indique mardi le Wall Street Journal (WSJ).
Cette filiale d'investissement, Gazprombank Financial Services, serait dirigée par trois anciens de Dresdner Kleinwort, la direction étant assurée par l'ancien responsable des produits structurés de la banque allemande, Rolf Gerza, indique le journal, au vu de documents d'enregistrement britanniques.
Les deux autres dirigeants, Mark Humphreys et Chaitanya Joshi, viennent aussi de la division produits structurés.
Gazprombank avait indiqué il y a trois mois vouloir ouvrir un bureau à Londres dans les douze mois, rappelle le journal. La filiale sera présidée par Alexei Obozintsev, le vice-président de Gazprombank.
Selon le WSJ, la nouvelle banque devrait renforcer ses liens avec Dresdner Bank une fois installée à Londres.
Gazprombank a aussi annoncé en août son intention d'entrer en Bourse à Londres et Moscou en 2008.
16 octobre 2007 à 17:57Ajoutez un commentaire
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