Alors que grèves et plans de restructurations se multiplient partout en France , "bizarrement" la presse nationale n'en fait que peu état... heureusement les blogs et qui plus est le blog finance sont là pour cela.
D'autant qu'en ce qui concerne Alcan, nos amis canadiens sont extrêmement "friands" d'information. Merci à France3 de relayer l'information : les syndicats de l’usine Alcan de Chalon-sur-Saône ont annoncé, à l’AFP, une grève suivie par la majorité des salariés depuis mardi 9 octobre.
Les syndicats demandent l’annulation du plan de restructuration prévu par la direction, ainsi que l’ouverture de négociations. Selon les syndicats, la suppression de 45 emplois serait envisagée sur les 240 salariés que compte le site, soit près de 20% de l’effectif. La direction se refusait à tout commentaire. Ce site produit essentiellement des capsules Stelvin pour les bouteilles d’alcool et de vin.
"La quasi-totalité des salariés ont suivi l'appel à la grève lancé mardi par la CGT et la CFDT et ont débrayé pendant deux heures" a indiqué à l'AFP Daniel Bachelet, délégué CGT. "Cette grève, qui a stoppé toute production sur le site, doit être encore suivie par l'équipe de nuit et celle du matin" a-t-il ajouté. "Nous réclamons l'abandon du plan de restructuration et l'ouverture de négociations" a-t-il expliqué, précisant que le rapport de l'expert-comptable, mandaté par le comité d'entreprise, concluait que ce plan n'était "pas nécessaire". "Nous sommes prêts à envisager une quarantaine de départs en pré-retraite, à condition qu'ils soient suivis d'embauches", a poursuivi M. Bachelet.
Le canadien Alcan fait l'objet depuis juillet dernier d'une offre amicale (OPA) de 38,1 milliards de dollars américains lancée par le géant minier Rio Tinto.
Alors que ce rachat programmé d'Alcan (ex-Pechiney) suscitait de vives inquiétudes chez les salariés, la réunion du comité de groupe européen, qui s'est tenue cette semaine a renforcé les craintes. Claude Verdier, délégué CGT, a même exprimé son écoeurement devant « la désinvolture » des dirigeants de Rio Tinto et « l’absence de réponses » sur le maintien des emplois en France.
Malgré la fragilité des garanties sociales consenties par Rio Tinto, le gouvernement français et la Commission européenne avaient donné, début octobre, leur feu vert à l’opération de rachat. Pour séduire son futur repreneur, essentiellement centré sur son coeur de métier, la société Alcan décide alors de se débarrasser de son secteur de fabrication de produits d’emballage. Résultat : une restructuration et des licenciements sans aucune justification économique selon certains. C'est en tout cas ce que dénoncent les salariés de l’usine Alcan Packaging Capsules.
Pour Daniel Bachelet, « non seulement ces 45 suppressions ne sont pas justifiées, mais il faudrait prévoir des embauches pour faire face au développement du marché de la capsule ». Les arguments du syndicaliste s’appuient sur un rapport d’expertise économique commandé par le comité d’entreprise, qui analyse les fortes potentialités du secteur.
Selon les conclusions du rapport, le groupe - très bien positionné sur ce marché - pourrait investir et profiter des nouveaux débouchés qui devraient émerger. C’est une stratégie précisément inverse qu’a choisie la direction. Le racheteur refusant d’élargir ses activités de coeur de métier, essentiellement basées sur l’extraction minière, les syndicats disent assister à une sorte d'”ajustement”, une sorte de « prêt à vendre » qui passe par le démantèlement des activités d’usinage, pourtant rentables.
Difficile à justifier socialement et économiquement, la stratégie de la direction d’Alcan rencontre l’opposition des syndicats qui entendent « lutter pour leur dignité au travail et la préservation de l’emploi ». L’incompréhension est telle que la colère des salariés de Chalon-sur-Saône pourrait rapidement s’étendre à d’autres sites du groupe en France selon les syndicats.
Sources : AFP, Syndicats, L'Humanité, Emballages Magazine
A lire également :
. Rio Tinto : feu vert du Canada pour le rachat d'Alcan

1 Commentaire
1
Mais où sont les neiges d'antan!
Sainte-Claire Deville devant ces querelles de marchands de capsules doit se retourner dans sa tombe.
Heureusement la CGT veille et propose de nouvelles approches de gestion. C'est vrai, elle à fait ses preuves dans l'industrie. C'est pour quand le dernier ouvrier de mon pays. On l'inhumera au Panthéon.
13 octobre 2007 à 16:28Ajoutez un commentaire
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