Panique devant les succursales de la Northern Rock

Northern_rockUn petit air de déjà vu dans le film “La Banquière” avec Romy Schneider ? Mais un des “problèmes” est qu'il n'y a même plus “la belle” pour nous donner un peu de baume au coeur ...

La Grande-Bretagne est prise de panique ... et les files d'attente continuent à se former samedi matin devant plusieurs succursales de la banque Northern Rock, son sauvetage par la Banque d'Angleterre accentuant les craintes des épargnants.

La Bourse de Londres a terminé en forte baisse vendredi, entraînée par le plongeon de la banque spécialisée dans les crédits immobiliers Northern Rock, qui a dû être secourue en urgence par la Banque d'Angleterre. L'indice Footsie-100 a cédé 74,60 points, soit 1,17% par rapport à la clôture de jeudi, à 6.289,30 points. La Bourse de Londres est cependant parvenue à limiter en partie la casse dans l'après-midi, après avoir abandonné jusqu'à 2,43% à la mi-séance.

Des dizaines de clients inquiets pour leurs économies faisaient déjà la queue samedi devant les succursales à travers le pays, pour certaines dès 6h00 du matin, montrent les télévisions britanniques. Vendredi, des centaines, peut-être des milliers de clients, avaient déjà fait la queue, malgré les appels au calme lancés par les autorités et les responsables de la huitième banque du Royaume-Uni.

La Banque d'Angleterre a dû venir au secours de l'institut en difficulté, spécialisé dans le crédit immobilier, en lui accordant les fonds nécessaires au financement de ses opérations "pendant que celle-ci travaille à régler son problème de liquidités".

Cette opération rarissime a fait plonger l'action de la Northern Rock à la Bourse de Londres vendredi, la banque perdant plus de 30% de sa valeur.

La banque, à laquelle ses pairs ne voulaient plus prêter d'argent, a dû faire appel à la mission de la Banque d'Angleterre de "prêteur en dernier ressort", une de ses attributions que l'institution n'exerce qu'avec l'autorisation de l'Autorité des services financiers (FSA), du régulateur des marchés, et du ministre des Finances. Celui-ci, Alistair Darling, a clairement mis en cause l'imprudence des banques, notamment américaines, dans cette crise liée initialement aux problèmes du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis.

Le titre a chuté dès l'ouverture du marché, cédant en clôture 31,46% à 438 pence. Sa capitalisation a été du coup ramenée à 1,84 milliard de livres (2,69 milliards d'euros environ), la moitié exactement de ce qu'elle était encore début juillet.

Environ un milliard de livres (1,5 milliard d'euros) auraient été retirés de l'institut dans la seule journée de vendredi, soit 4 ou 5% de la totalité des dépôts détenus dans la banque par son million et demi de clients, selon des sources bancaires citées par la BBC.

Le volume d'affaires a été particulièrement élevé pour une fin de semaine, 3,1 milliards de titres ayant changé de mains au cours de la journée.

La presse britannique publiait sur une grande partie de ses Unes des photos des épargnants inquiets attendant devant les succursales de la Northern. "Panique dans les rues de Grande-Bretagne", titrait l'Independent, tandis que d'autres journaux cherchaient des coupables.

Le Premier ministre "Gordon Brown doit accepter la responsabilité de cette bulle : pendant les dix ans qu'il a passés au ministère des Finances, il a été content de profiter d'une fausse prospérité fondée, non pas sur une hausse de la productivité mais des prix de l'immobilier", accuse le Daily Telegraph.

La Northern Rock, cinquième établissement britannique en ce qui concerne le crédit hypothécaire, est le premier institut du pays à être aussi durement touché par les répercussions de la crise des crédits immobiliers à risque ("subprime") aux Etats-Unis.

Le tabloïde le Sun, quotidien à plus grand tirage du pays, dénonce quant à lui le fait que "la banque a continué à prêter aux clients des montants jusqu'à cinq fois le montant de leur salaire et 125% de la valeur de leur propriété, malgré les avertissements sur l'instabilité économique et l'imminence d'une chute de l'immobilier".

Source : AFP

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1 Commentaire

  1. 1

    all

    Personne ne se méfie plus d'un banquier qu'un autre banquier : ils ne se prêtent plus entre eux, ou difficilement et cher.
    Ce qui signifie que certains bilans commencent à sentir fortement le rat, et qu'il faut attendre octobre pour que s'ouvrent les premiers placards où gisent des cadavres ayant attachée sur l'orteil l'étiquette "immobilier".

    Mais bien Nothern Rock n'est pas mouillé par le subprime braves gens, c'est une crise passagère.

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