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Merkel défendra l’indépendance de la BCE face à Sarkozy

Independanceday03La Banque centrale européenne (BCE) peut compter sur l’Allemagne pour la défendre contre toute remise en cause de son indépendance, a déclaré jeudi la chancelière Angela Merkel, alors que le Président français Nicolas Sarkozy ne semble pas "complexé" pour lancer de vives critiques contre l’institution.

Si le chef de l’Etat a réaffirmé jeudi soir dans un show discours télévisé qu’il "croyait en l’indépendance de la Banque centrale européenne" (BCE) … il a néanmoins appelé à nouveau implicitement celle-ci à baisser ses taux d’intérêt. Indépendante mais « obéissante » en quelque sorte ? Une « vision » de la liberté très sarkozienne

"Rien ne permet de douter de l’évidence de l’indépendance" de la BCE, inscrite dans le Traité de Maastricht, a déclaré la chancelière conservatrice lors d’un dîner organisé par la Bundesbank, qui célèbre ses 50 ans. "L’ensemble du gouvernement et moi-même sommes attachés à l’indépendance de la BCE", et prêts à la défendre contre des tentatives de remise en cause, a prévenu Angela Merkel. Ce statut est à ses yeux essentiel pour la crédibilité de la banque centrale dans sa lutte contre l’inflation.

L’Allemagne est montée plus d’une fois au créneau pour soutenir l’institution contre les attaques des responsables politiques français lors des élections présidentielles du printemps dernier. Cela a d’ailleurs valu à la chancelière les remerciements appuyés de Jean-Claude Trichet. "La force et la chaleur de votre soutien est dans la mémoire de tout le monde à la BCE", a déclaré le président de la BCE, en référence à une visite de la chancelière au siège de la banque à Francfort au printemps dernier.

"J’aimerais vous rappeler que la stabilité des prix et l’indépendance de la banque centrale doivent être défendues jour après jour parce qu’elles seront toujours mis à l’épreuve", a par ailleurs déclaré le Français, s’adressant à l’ensemble des invités. Axel Weber, président de la Bundesbank et hôte du dîner, a lui aussi apporté sa pierre à l’édifice, en redisant qu’une banque centrale aidait au mieux la croissance et l’emploi en luttant contre les dérapages des prix.

Le président Nicolas Sarkozy poursuit quant à lui la BCE de ses critiques depuis de long mois, lui reprochant d’avoir favorisé la montée continue de l’euro, défavorable aux exportateurs de la zone euro, en remontant ses taux directeurs. La BCE a procédé à huit relèvements de taux depuis décembre 2005. Parti de 2%, le principal taux est désormais à 4%.

Le Président français a aussi récemment critiqué son action dans la crise financière consécutive à la crise des crédits immobiliers à risque ("subprime") aux Etats-Unis. "J’ai trouvé curieux d’injecter des liquidités sans baisser les taux", avait déclaré le président français au journal Le Monde. Il l’aurait indirectement accusé d’aider les spéculateurs en injectant massivement du cash sur les marchés monétaires en mal de crédit, tout en rendant la vie des entrepreneurs difficile en maintenant des taux directeurs qu’il juge trop élevés.

Début septembre, la BCE a renoncé à relever le coût du crédit dans la zone euro comme envisagé début août, préférant attendre un retour au calme des marchés, mais les gardiens de l’euro ont insisté sur le fait que la hausse n’était que reportée et pas abandonnée.

"Je crois à l’indépendance de la Banque centrale européenne", a déclaré néanmoins Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2, avant de souligner aussitôt que la Réserve fédérale américaine (Fed) baisse ses taux quand la BCE, elle, ne le fait pas. "M. (Jean-Claude) Trichet (patron de la BCE, ndlr) ne peut pas dire qu’il est indépendant et qu’il n’accepte pas qu’on discute de sa politique monétaire", a observé le président de la République.

"La banque fédérale américaine, devant la situation générale de l’économie, baisse ses taux", a-t-il expliqué: "La BCE ne les baisse pas. Quand la banque fédérale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s’enfonce. Il y a quand même un petit problème". Et M. Sarkozy de conclure en paraphrasant Jean-Paul Sartre: "Je dis à M. Trichet (…) regardez ce que font les autres. L’enfer, ce n’est pas forcément les autres".

Le président du l’organisation du patronat espagnol (CEOE), Gerardo Diaz Ferran, a estimé mardi à Madrid que les niveaux d’inflation sous contrôle en Europe devraient permettre à la Banque centrale européenne (BCE) de baisser ses taux directeurs. "Il nous semble (que les niveaux de l’inflation rendent) possible une baisse (des taux d’intérêt) qui aiderait toutes les familles et entreprises", a-t-il affirmé mardi devant un parterre d’entrepreneurs, personnalités politiques et journalistes.

Lors de son intervention, M. Diaz Ferran a salué le comportement de la BCE au cours de la crise financière actuelle, et lui a demandé de "continuer d’injecter des liquidités tant que durent les turbulences".

Au cours des dernières semaines, la BCE a massivement injecté de l’argent sur le marché financier pour pallier le manque de liquidités né du manque de confiance entre banques, consécutives à la crise des crédits subprimes aux Etats-Unis. Mais lundi, elle a évalué à 117,5 milliards d’euros le besoin hebdomadaire en liquidités des banques de la zone euro, un montant nettement plus faible que les semaines précédentes. Cela suggère que la BCE va procéder à un gros retrait de liquidités du circuit bancaire d’une semaine à l’autre. La Banque centrale a déjà fait savoir qu’elle souhaitait pouvoir absorber progressivement les réserves excédentaires qui s’y sont accumulées. M. Diaz Ferran, lui, a demandé mardi "qu’on ne nous coupe pas les crédits".

Source : AFP

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2 commentaires

  1. Raymond Bonnaterre 21 septembre 2007 à 11:51

    Que Sarko en parle ou qu’il se taise, Trichet sera bien obligé de suivre.
    La FED va poursuivre sa baisse des taux, par gros paquets de 50 points et de façon impromptue afin d’éviter les effets d’attente ( si je sais que ça va baisser de 25 points le mois prochain, j’attends pour m’endetter). Les petits palliers programmés sont bons à la hausse, mais à la baisse il faut des gros paquets qui surprennent tout le monde, y compris Lou Tricounet (“petite trique” en langue d’oil des cuisines).
    Sur la première baisse, la BCE a enterré ses projets farfelus de hausse. Bien.
    Mais lors de la seconde, que fera-t-elle la BCE? Elle ne va pas laisser s’apprécier l’euro à 1$50 ou plus. Mercedes, Porsche et BMW exportent aux US. Eux aussi sont frappés, on va commencer à les entendre se plaindre. Alors Angela rejoindra les opinions de son ami Sarko, sur fond d’indépendance, mais avec une pointe de réalisme.
    Le mouvement de baisse est lancé, il faut anticiper 150 points de base, et Trichet devra plonger lui aussi, même s’il trouve l’eau un peu froide.
    C’est pour ça que Sarko joue sur du velour. Pensez bien qu’il y a quelques experts qui lui ont expliqué tout celà. Sa force d’anticipation et sa volonté d’agir sur l’évènement font le reste.

  2. Sammyinobe 16 février 2019 à 22:50

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