Pétrole : l'Opep augmente sa production

Opec_ar2004On ne l'attendait – presque – plus !

La conférence ministérielle de l'Opep a décidé de mettre sur le marché 500'000 barils de plus par jour à partir du 1er novembre. Elle porte ses objectifs de production à 27,2 mbj, a indiqué le secrétaire général du cartel Abdullah el-Badri.

La décision devrait permettre d'alléger les cours de brut, lesquels avaient atteint de nouveaux sommets lundi soir.

Les objectifs de production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) augmenteront de 1,4 million de barils jour (mbj) à partir du 1er novembre et passeront de 25,8 à 27,2 mbj, a indiqué le secrétaire général. L'Opep officialise ainsi une situation de fait, à savoir qu'elle produit environ 1 million de barils par jour de plus que sa cible officielle. Ces hausses concernent dix des douze pays du cartel ayant des quotas, l'Angola et l'Irak n'étant pas directement “concernés”' par la décision.Le secrétaire général de l'Opep a néanmoins indiqué que l'Angola, nouveau membre, devrait se voir attribuer un quota "début 2008".

L'Arabie saoudite semble ainsi avoir rallié à sa cause plusieurs pays jusqu'alors hostiles à une hausse. Il y a encore une semaine, une telle décision semblait exclue, l'ensemble des experts ayant pronostiqué un statu quo. A leur arrivée à Vienne, la majorité des pays membres s'opposait ouvertement à un relèvement de production, jugeant le marché bien approvisionné. Cette mesure permet aux Saoudiens de ménager leur relation privilégiée avec les Etats-Unis, particulièrement affectés par la crise immobilière et financière actuelle.

La bataille qui s'est jouée mardi a donc été âpre, à en croire la longueur exceptionnelle de la rencontre, qui a duré près de 8 heures et s'est ouverte sans consensus. "C'est de loin l'une des réunions les plus intéressantes des dix dernières années. La bataille est d'ordre économique mais comporte d'importantes ramifications politiques", selon les analystes présents.

L'Iran et le Venezuela, qui produisent déjà à pleine capacité, ont sans doute accepté à contre-coeur la hausse qui devrait diminuer assez fortement leurs recettes pétrolières si les prix retombent ... alors qu'il n'est pas dans leur habitude de satisfaire les desirata américians.

L'Opep aurait pu se contenter d'une mesure cosmétique en officialisant sa production réelle. Elle est allée au-delà, apportant du pétrole frais au marché, un geste significatif à destination des pays consommateurs. "Notre message est que nous sommes inquiets. (...) Nous ne voulons pas ajouter au problème de la crise financière qui secoue actuellement l'économie mondiale, la plus sévère depuis 5 ans, a expliqué le secrétaire général de l'Organisation, Abdullah el-Badri. L'Opep a voulu tenir compte de "la forte demande hivernale (qui) exige d'approvisionner suffisamment le marché" et souhaite maintenir "une croissance économique mondiale saine".

Le cartel était confronté à un dilemme : se voir accusé d'aggraver la crise économique actuelle en ne faisant rien alors que les prix du brut flirtent avec les 80 dollars. Ou voir se reproduire le scénario catatstrophe de la crise asiatique durant laquelle le cartel avait relevé sa production de 10% pour finalement voir le prix du baril s'écrouler jusqu'à 10 dollars en 1999.

Interrogé sur le fait de savoir si cette hausse allait calmer les prix du pétrole, qui se sont envolés ces dernières jours à près de 78 dollars le baril, frôlant leur record historique de 78,77 dollars le baril, M. el-Badri a répondu que l'Opep n'a "pas de cible de prix". "Nous voulons un prix qui est raisonnable pour nous comme pour les consommateurs".

Gagnant/gagnant en somme ...

Malgré cette annonce, le prix du baril poursuivait mardi soir sa course effrénée. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre a progressé de 74 cents pour clôturer à 78,23 dollars, un record en clôture.

Les cours avaient atteint 78,47 dollars à New York lundi pendant les échanges électroniques, à 30 cents seulement de leur record historique du 1er août en séance (78,77 dollars le baril).

Sources : ats, AFP

A lire également :

. Le cours du pétrole bondit à New-York à un niveau record

. L'Arabie saoudite fait chuter le pétrole, contre l'Iran ?

Irak:objectif de 6 millions de barils/j de pétrole d'ici 10 ans

 

4 Commentaires

  1. 1

    Raymond Bonnaterre

    +500000 barils c'est officialiser ce qui se fait déjà. Donc l'impact sur les cours sera nul.

    La prévision d'un hiver froid aux U.S.A., les attentats au Mexique sur les gazoducs de la PEMEX, la chute du dollar auront beaucoup plus d'impact.

    Prévoir donc un pétrole UP ou, au mieux, stable

  2. 2

    Raymond Bonnaterre

    Vu des U.S.A.

    Oil closed at a record high yesterday even after news came out that OPEC would increase output. Part of the reason for oil's rise is based on the fact that it is priced in dollars which are falling. So even if global demand is unchanged, the falling dollar results in a higher price.

    When priced in Euros, oil is still 8% off its record high of 60.91 set on April 21, 2006.


    Voir le graphique sur

    http://seekingalpha.com/article/47018-crude-s-new-high-a-result-of-dollar-weakness

  3. 3

    Elisabeth

    cqfd ..

    SINGAPOUR (AP) - Malgré la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d'augmenter sa production de 500.000 barils par jour pour calmer les marchés, les prix du pétrole ont poursuivi leur hausse mercredi à Singapour. A la mi-journée sur le marché électronique asiatique, le baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre a gagné 13 cents à 78,36 dollars. Le contrat à terme de septembre sur le Brent coté à Londres a grimpé de 0,13 dollar à 78,36 dollars le baril, tandis que le contrat à terme sur le pétrole brut coté à New York a gagné 0,68 dollar à 74,69 dollars.

  4. 4

    Raymond Bonnaterre

    Une autre raison pour voir le pétrole UP

    BP aux USA c'est la cata assurée.

    NEW YORK, Sept 12 (Reuters) - A fire broke out at oil major BP Plc's Prudhoe Bay oil field on Monday, oil traders said Wednesday.

    Output at the field fell to 186,000 barrels per day on Monday, according to Alaska state data. The field was pumping over 300,000 bpd at the start of the month, according to the state.

    A BP spokesman was not immediately available for comment.

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée