Le pétrole a battu record sur record mercredi à New York, allant jusqu'à dépasser pour la première fois les 80 dollars le baril.
Principaux facteurs “aggravants” : la chute des stocks américains de brut et la menace d'une tempête tropicale qui pourrait endommager les infrastructures du golfe du Mexique.
La récente décision de l'Opep d'augmenter sa production n'a pour le moment aucune influence sur les cours. Il est vrai que la mesure décisée mardi ne fait somme toute qu'officialiser le niveau de production réelle du cartel.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre a bondi de 1,68 dollar pour terminer la séance à 79,91 dollars, un record de clôture.
Les cours ont grimpé en séance à 80,18 dollars, un record absolu. Leur précédent record datait du 1er août à 78,77 dollars le baril. Le prix du brut a ainsi flambé de 25% depuis un an sur le marché new-yorkais ! On comprend mieux pourquoi le maire de Chicago s'intéresse de plus en plus au Vélib de JC Decaux !!
Sur l'Intercontinental Exchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a pris 1,30 dollar, finissant à 77,68 dollars. Il est monté à 77,93 dollars en séance, au plus haut depuis la mi-juillet, s'approchant de son record historique du 7 août 2006 à 78,64 dollars.
Le rapport du département américain de l'Energie (DoE) a propulsé les cours à la hausse. Il a en effet révélé que les stocks de brut des Etats-Unis avaient fondu de 7,1 millions de barils lors de la semaine achevée le 7 septembre. Le marché avait certes anticipé une baisse, mais de seulement 2,7 millions de barils. Les stocks ont reculé neuf fois lors des dix dernières semaines et sont en baisse de 9% par rapport à la fin juin.
Pour rappel, les ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont décidé mardi d'une augmentation de leur production de 500.000 barils par jour à partir du 1er novembre. Dans un premier temps, la nouvelle a été bien accueillie par un marché qui s'était préparé au statu quo. Mais les opérateurs n'ont pas tardé à revoir leur verdict pour estimer qu'en fait, le geste du cartel n'aurait qu'une portée symbolique.
Par rapport au déficit attendu sur le marché au quatrième trimestre 2007 et au premier trimestre 2008, la mesure semble désormais insuffisante. En tout état de cause, l'impact physique de la mesure sur le niveau des stocks ne peut se concrétiser qu'après un certain délai. Certains analystes n'hésitent pas à affirmer que l'impact de la décision de l'Opep ne sera sensible que vers la fin de l'hiver. Or, la demande va commencer à grimper à l'approche de l'hiver dans l'hémisphère Nord, et les pays consommateurs vont devoir puiser dans des stocks que certains jugent déjà à un niveau alarmant.
Dès avant la réunion de l'Opep, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), ainsi que des cabinets spécialisés, mettaient en garde sur la situation des stocks mondiaux au quatrième trimestre. L'AIE a appelé mercredi l'Opep à faire mieux que 500.000 barils par jour supplémentaires. L'Agence, qui représente les intérêts des pays consommateurs, estime que le niveau de production requis de la part du cartel ("call on Opec") est de 32,4 millions de barils par jour, contre 30,4 mbj en moyenne en août.
S'il n'y avait pas eu cette décision du cartel, la hausse des prix aurait été certes encore plus forte, estiment les analystes. Mais, revers de la médaille, cette décision a aussi renforcé le sentiment d'une certaine crise des approvisionnements. Si l'Opep en vient elle-même à s'inquiéter de la baisse des stocks, c'est que la situation est des plus alarmantes...
A noter également que les réserves d'essence ont elles reculé de 700.000 barils à 190,4 millions de barils la semaine dernière, selon le DoE. Ces stocks sont à leur plus bas niveau depuis au moins 16 ans, en ne couvrant que 20 jours de consommation. Aucune marge d'erreur ne semble ainsi se dégager, bien au contraire, l'activité cyclonique rendant la situation encore plus tendue.
Une tempête tropicale s'est en effet formée au large des côtes du Texas, dénommée Humberto par le Centre national des ouragans de Miami (NHC). Elle pourrait encore se renforcer avant de toucher les côtes américaines, menaçant ainsi les installations pétrolières du golfe du Mexique.
Une dépression tropicale, actuellement située à proximité des petites Antilles, pourrait en outre se renforcer en tempête tropicale dans les prochaines 24 heures, selon le NHC.
Source : AFP
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13 Commentaires
1
L'OPEP n'a peut-être plus la capacité à accroître sa production. Nous arrivons peut-être au fameux Peak oil:
http://www.oleocene.org/
13 septembre 2007 à 07:59http://endofsuburbia.com/index.htm
2
Champagne!!!
13 septembre 2007 à 08:353
L'OPEP, comme vous et moi, a bien compris que le monde peut vivre et se développer avec un baril à 80$ ou 100$. Donc, ses membres ne feront rien de notable pour faire baisser les cours.
Ils ont également bien vu que les pays non-OPEP n'ont pas l'envergure pour les concurrencer, même avec des cours très élevés.
L'OPEP , sûr d'un bon prix et de conserver ses parts de marché, agit en fin gestionnaire, au mieux de ses intérêts.
Les stocks US DOWN, un ouragan naissant dans le Golfe du Mexique, un Mexique agressé par des bandits locaux, des raffineries US bancales et peu fiables, BP qui fait toujours des bêtises en Alaska, des prévisions d'un hiver froid, un dollar faible, une administration US sans politique énergétique claire...voilà des évènements biens "North American" qui font jumper le WTI au plafond et raffermissent les cours du gaz naturel au Henry hub.
La montée des cours va stimuler les importations de produits bruts et raffinés aux USA. Les American Citizens vont pouvoir continuer à consommer et gaspiller ces ressources qui n'ont pas encore atteint leur maximum. Il leur reste encore 10 à 20 ans de sursis. C'est peu.
13 septembre 2007 à 09:044
@Raymond Bonnaterre
Les évaluations du peak oil son nombreuses mais beaucoup table sur 2010-2015 c'est à dire dans vraiment pas longtemps, d'autant que la chine à du sérieusement diminuer le temps qu'il nous reste avant la fin de l'aire pétrolière. Une fois arrivé au pic la production stagnera puis commencera à diminuer de 2-3% par an, la simple stagnation entraînera une explosion du prix du pétrole. Et nous ne sommes pas pret loin s'en faut, on a aucune alternative crédible à l'heure actuelle à par peut-être les bio-carburant à base d'algue :
http://www.greenfuelonline.com/
http://www.inria.fr/actualites/inedit/inedit58_rechb.fr.html
http://www.ecolopop.info/article/a-la-recherche-de-lalgue-a-petrole
Seule bio-carburant réaliste en terme de production en quantité par rapport à la surface nécessaire.
13 septembre 2007 à 09:325
@yann : Oui, je crois aussi que trés, trés bientôt la nouvelle du "Peak Oil" pour le pétrole conventionnel sera quelquechose d'officiel, les canadiens sont beaucoup plus clairs à ce sujet que la plupart des autres, ils faut dire que leurs sables bitumeux les mettent en très bonne position dans cette perspective :
http://www.lesaffaires.com/article/7/comm/2007-09-10/463916/lextraction-des-sables-bitumineux-au-canada-est-essentielle-pour-combler-le-ralentissement-de-loffre-mondiale-de-petrole--conclut-un-nouveau-rapport-de-marches-mondiaux-cibc.fr.html
La production mondiale de pétrole ne peut pas résister à la baisse simultanée de Burgan, Cantarell et Ghawar.
13 septembre 2007 à 12:046
Je pense, pour ma part, que la vérité doit se trouver entre deux travaux analytiques sérieux.
Celui du CERA qui ne voit pas de problème jusqu'en 2015 pour une production de 110 mbl/jour, et donc le maximum serait au-delà de 2015.
Celui de Robelius de l'Université d'Uppsala qui, à partir de l'études des champs géants, annonce un maximum au plus tard vers 2018 pour une production max de 93 mbl/jour.
Ces travaux sous-estiment toujours les découvertes possibles et le progrès techniques réalisables puisqu'ils travaillent à technologies connues et validées.
On peut donc raisonnablement penser que le maximum se situera au-delà de 2020, vers 100 mbl/jour. Par contre les travaux de Robelius montrent que la décroissance sera nette après le maximun atteint. La pente annuelle serait de -2 mbl/jour, ce qui conduirait à une production de 80 à 90 mbl/jour vers 2030 pour un besoin projeté par Exxon de 115 mbl/d.
Les obstacles géo-politiques (voir Chavez ou Kashagan par exemple) vont entraver certains développements et donc repousser ces échéances de quelques années, mais avec des volumes produits plus faibles.
On devrait donc voir apparaître les premières vraies tensions pour un besoin mondial de 90 mbl/jour, c'est à dire dans 2 à 3 ans environ.
13 septembre 2007 à 12:157
Le maximum de production de pétrole conventionnel date à ce jour de mai 2005.
Le maximum de production tous liquides (avec les pétroles de synthése) date de juillet 2006.
Comment croire que la production pourra grimper jusqu'à 110 mbj ? Quels sont les pays et les gisements qui produiront ces 25 mbj en plus (équivalents à 3 Arabie Saoudite) et qui devront en plus compenser le déclin des autres zones de production ?
De la bouche même de Jean Laherrere, la technique ne permet d'améliorer les taux de récupérations que sur des gisements aux propriétés géologiques particulieres. La plupart du temps le taux de récupération ne s'améliore pas et assez souvent il baisse (gisements texans et le brent)
"Technology is very good to produce quicker and cheaper conventional fields, but cannot change the geology of the reservoir which determines mainly the recovery of oil and gas"
Tiré de http://europe.theoildrum.com/node/2832
13 septembre 2007 à 15:228
Bonjour,
Désolé si ce qui suit est hors sujet, mais, dans ce cas, cela peut faire l'objet d'une autre note...
Ma question est : quel lien entre la hausse du pétrole et la baisse du dollar ?
Le dollar va-t-il continuer à baisser (par rapport à l'euro) parallèlement à la hausse du pétrole ?
Merci d'avance pour quelques éclaircissements éventuels.
13 septembre 2007 à 15:389
Seule une approche analytique, basée sur des hypothèses claires et discutables, peut conduire à un ou plusieurs chiffres.
C'est pour celà que je cite le CERA et Robelius.
Volumes et date du maximum de production sont liés entre eux. On peut produire beaucoup mais pas longtemps, ou bien produire moins mais plus longtemps.
Les contraintes géo-politiques, météorologiques et financières sont des freins à un accroissement rapide des volumes produits.
La demande sera limitée par les prix d'équilibre (ou les taxes, c'est la même chose) qui devraient flamber.
Les voies de substitutions pour obtenir des liquides seront donc fortement sponsorisées (Gas ou Coal To Liquid et autres ersatz type Ethanol ou Butanol), pour tendre de répondre à la demande mondiale.
Les droits d'émission de CO2 seront hors de prix.
Pour ce qui est des intuitions géniales de gourous, elles font partie des croyances du Dimanche.
13 septembre 2007 à 15:5810
La baisse du $ entraîne généralement une hausse des cours en $ des matières premières. Pourquoi?
Parce que cotées en $, elles sont initialement moins chères d'où plus de consommation ou de mise en stock.
Moins rémunératrices, les producteurs les moins performants réduisent ou cessent leur activité. Les investissements de production sont réduits ou annulés
La spéculation se place sur des cours initialement très faibles, puis jouent la hausse.
Les cartels, tel l'OPEP, réagissent pour faire remonter le cours réel.
Plus de consommation, réelle ou apparente, moins de production spontanée ou dirigée, spéculation à la hausse, voilà les ingrédients pour faire monter les cours.
13 septembre 2007 à 16:2911
Mouarf...Jean Laherrere, un gourou du dimanche... 37 ans chez Total notamment comme directeur adjoint de l'exploration
13 septembre 2007 à 16:3012
37 ans chez ToTo! C'est trop. Puis c'était au siècle dernier.
13 septembre 2007 à 16:4913
Le prix de l'uranium a chuté de 40% en 3 mois de 136$ à 90$ aujourd'hui. La fin de la spéculation ?
http://www.uxc.com/review/uxc_Prices.aspx
13 septembre 2007 à 19:53Ajoutez un commentaire
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