Iran : les pays du Golfe acceptent l'offre d'un accord de libre-échange

Gcc_mapgulfLes monarchies pro-occidentales du Golfe ont annoncé samedi à Djeddah (ouest) qu'elles acceptaient une offre de l'Iran sur le lancement de pourparlers en vue d'établir des accords de libre-échange.

La proposition émane du ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki.

Les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont dits prêts "à engager des négociations en vue de conclure un accord pour mettre en place une zone de libre-échange" avec la République islamique, a indiqué le secrétaire-général du CCG, Abderrahmane al-Attiyah.

La proposition sera transmise à la commission financière et économique du CCG, a-t-il précisé. Le Conseil a été crée en 1981 pour promouvoir la coopération et l’intégration parmi ses Etats membres.

Gcc_riceRappelons qu'à l’issue de son 27e sommet, le 10 décembre 2006, à Riyad, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a confirmé l’objectif de réaliser l’union économique et monétaire en 2010 avec l’adoption d’une monnaie unique. Conseillé par la Banque centrale européenne, le CCG a accepté le principe de commencer par les pays qui auront achevé le processus d’intégration, comme ce fut le cas pour l’euro. Cinq pays membres - Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats, Koweït et Qatar - estiment qu’ils seront prêts. Le sultanat d’Oman prévoit de rester à l’écart. Déjà réunis dans une union douanière depuis 2003, les membres du CCG viennent de fixer ainsi les critères de leur union monétaire.

Le CCG a également appelé à une solution pacifique à la crise du nucléaire iranien, pressant Téhéran de coopérer pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (IAEA).

L'Iran et l'AIEA ont annoncé le 21 août s'être entendus sur un plan de travail pour éclaircir certaines zones d'ombre du programme nucléaire controversé de Téhéran. Dans un rapport confidentiel, l'AIEA estime que cet accord représente un "pas en avant significatif" mais que Téhéran doit faire des efforts supplémentaires pour garantir la nature pacifique de ce programme.

Dans son premier discours de politique étangère, prononcé en début de semaine, Nicolas Sarkozy parle quant à lui du dossier iranien en des termes qu'on peut difficilement qualifier de diplomates, puisqu'il s'exprime ainsi sur le sujet : “La France maintient avec ses dirigeants un dialogue sans complaisance, qui s'est avéré utile en plusieurs occasions. Elle a pris l'initiative, avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'une négociation où; l'Europe joue un rôle central, rejointe par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les paramètres en sont connus ; je n'y reviens pas, sinon pour réaffirmer qu'un Iran doté de l'arme nucléaire est pour moi inacceptable, et souligner l'entière détermination de la France dans la démarche actuelle alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations. Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à; une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran. Cette quatrième crise est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international...”

Quand certains affirment grâce à de moult arguments que les attentats qui ont frappé la France dans les années 80 voire même l'assassinat de Georges Besse pourraient avoir un lien avec le différent entre Paris et Téhéran sur le dossier Eurodif ... on est en droit de craindre que le terrorisme ne règne de nouveau en maître sur notre territoire. Quand on connaît par ailleurs le manque de maîtrise de Nicolas Sarkozy sur le dossier Al Qaida, cela pourrait au minimum laisser songeur voire même faire froid dans le dos.

Heureusement pourrait-on presque dire, Ahmadinejad semble avoir d'ores et déjà “cerné” le personnage, balayant d'un revers de main la mise en garde de Sarkozy en des termes peu flatteurs : Il (Sarkozy) a pris ses fonctions récemment et veut dire quelque chose pour attirer l'attention des autres. Ainsi, il ne sait pas de quoi il parle “...”Il est encore inexpérimenté;, cela veut dire, peut -être, qu'il ne sait pas ce que ses propres mots veulent dire. Je pense que ce qu'il a dit c'est pour être consommé par ses cercles internes. Pour nous cela n'a pas de valeur politique.” No comment ...

Source : AFP

 

1 Commentaire

  1. 1

    Elisabeth

    Réaction au discours de Nicolas Sarkozy sur la politique étrangère de la France.
    Editorial très critique du New York Times du 30 août « No time for threats » (l’heure n’est pas aux menaces), (repris par International Herald Tribune du 31 août sous le titre « This is no time for threats against Iran »). Le quotidien américain n’y va pas par quatre chemins :

    « Le président Nicolas Sarkozy a fait, dans son premier grand discours de politique étrangère, le mauvais geste au mauvais moment en brandissant l’usage possible de la force contre le programme d’armement nucléaire iranien. Les Etats-Unis et leurs alliés doivent intensifier leurs efforts pour résoudre les dangers sérieux que fait peser l’Iran par des négociations globales et des pressions économiques accrues, et non en parlant d’action militaire. » (...)

    « Ce qui est inquiétant c’est que ses commentaires pourraient refléter la manière dont il appréhende l’évolution de la politique américaine.

    Bien plus proche de Washington que son prédécesseur, Sarkozy a passé du temps avec le président Bush dans le Maine durant ses vacances. Ses remarques, bien dans son style direct et sans nuance seront lues comme un avertissement à Téhéran et aux pays qui sont réticents à imposer des sanctions supplémentaires à l’Iran.
    Le message : si l’initiative diplomatique échoue, l’Iran aura l’arme nucléaire ou il y aura une action militaire pour l’en empêcher. Bush a ajouté à la pression en suggérant hier que la menace nucléaire iranienne était une raison pour garder des troupes américaines en Irak. »

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