"Il n'y a pas de plan de rigueur caché"

Gaino Ah oui ? Le problème, c'est que ce n'est pas Nicolas Sarkozy ou un membre du gouvernement Fillon qui le dit, mais Henri Guaino, Conseiller spécial de l'Elysée, la "plume" le nègre de notre Président. Celui qui met en forme et écrit ses discours quoi. Verbatim :

- (il n'y a) aucun plan caché de rigueur dans les tuyaux. Il n'y a aucune stratégie de préparation des esprits à un tournant quelconque vers une cure d'austérité, il n'y a pas d'arrière-pensées".

- "La situation, nous la connaissions, tout est sur la table, il n'y a pas de mystère. On n'a rien caché aux Français pendant la campagne présidentielle, on n'a rien découvert du tout" (...) "La seule inconnue, pour nous, ce n'est pas les finances publiques, c'est la croissance. On ne sait pas ce qu'elle sera dans trois mois ou dans un an, personne ne sait".

- "On ne choisira pas la voie de l'austérité mais celle des réformes. On va faire des réformes structurelles (...) C'est comme cela qu'on aura une réduction en profondeur des dépenses publiques".

Pas d'inflexion dans le discours présidentiel donc. Mais qu'en sera-t-il dans les faits ?

En attendant, l'OCDE a baissé de 0,4 points ses prévisions de croissance pour la France, et la Commission européenne de 0,5 points... Quant au FMI, il ne fait plus aucune prévision.

Alors que penser de la déclaration d'Henri Guaino ? Elle pourrait représenter finalement que l'opinion d'un conseiller du Président, et un conseiller pas toujours très bien informé sur les questions d'économie mondiale comme le rapporte le bloggeur Jean Quatremer.

Plus probablement, la déclaration d'Henri Guaino n'engageant que lui même, on peut penser logiquement à un téléguidage présidentiel, celui-ci se gardant de fait toute latitude de parole d'action en cas de malheur rigueur.

En attendant, si l'opinion publique continue de soutenir largement Nicolas Sarkozy, on se demande comment les ministres du gouvernement Fillon II vont arriver à retomber sur leurs pieds, après leurs déclarations préparant objectivement la France à un plan de rigueur.

En illustration : H.G. lui-même.

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2 Commentaires

  1. 1

    Jean-Philippe GREGOIRE

    François Bayrou n'est pas de l'avis de H. Gaino :

    "Il n'y a "aucun" moyen d'échapper à un plan de rigueur, selon François Bayrou

    Le fondateur du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou a estimé lundi qu'il n'y avait "aucun moyen" d'échapper à un plan de rigueur après les propos du Premier ministre François Fillon sur "la faillite de l'Etat".

    "J'aurais voulu qu'on ne passe pas les quatre mois qui viennent de s'écouler à faire des dépenses abusives, des cadeaux fiscaux en particulier à ceux qui étaient déjà les plus à l'aise dans la société française", a-t-il déploré sur Europe-1.

    "Cela va se payer évidemment de manière très lourde lorsqu'il va s'agir de demander des sacrifices à tout le monde", a poursuivi le fondateur du MoDem, accusant le gouvernement d'avoir mené une "préparation psychologique" depuis quelques jours.

    Cette préparation "débouche sur un plan" qui sera "de rigueur, c'est-à-dire le contraire de ce qu'on avait promis", a poursuivi l'ancien candidat à la présidentielle.

    "Je pense qu'il n'y a aucun moyen, étant donné la situation qui a été aggravée depuis quatre mois, d'y échapper", a souligné François Bayrou. "On a fait comme si de rien n'était pour accorder des avantages à la clientèle privilégiée du gouvernement et du président de la République". AP

  2. 2

    Jean-Philippe GREGOIRE

    Décidément, Quatremer a une piètre opinion de Guaino :

    "Et pendant ce temps-là, l’inénarrable Henri Guaino, « conseiller spécial » de Sarkozy et ministre des Finances « fantôme », continue à combattre les moulins à vent en s’en prenant une nouvelle fois dans le Parisien dimanche à « l’euro fort », rendu responsable du trou d’air de la croissance. « L'euro est tellement haut par rapport au dollar et plus encore par rapport au yuan chinois que cela ruine tous les efforts de compétitivité et de productivité que s'imposent nos entreprises et nos salariés ». Et de conclure : « cela ne peut plus durer. On ne peut pas rester les bras croisés et se taire devant cette absurdité ». Henri, la solution est simple : il faut convaincre votre Président de sortir la France de l’euro. Comme cela le « franc Sarkozy », avec ce genre de déclaration, ne vaudra plus rien sur le marché des changes. Et ce jour-là, tout ira bien, c’est sûr !"

    Source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/09/la-france-en-fa.html#more

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