GDF/Suez : Qatar Gas à la place de Sonatrach ?

Sarkozythani_qatarSi Sonatrach avait refusé la proposition faite par Nicolas Sarkozy d'une alliance avec Gaz de France, Qatar gas pourrait « raffler la mise ».

Selon des informations recueillies par "toutsurlalgerie.com", Qatar Gas devrait accepter de devenir le partenaire exclusif de GDF, rôle déjà proposé à la société nationale algérienne des hydrocarbures il y a quelques mois par le gouvernement français.

Le dossier doit être d'autant plus suivi de près, que rappelons-le le Qatar est nettement intéressé par une participation dans EADS tout en ne cachant pas son intention de créer une Opep du gaz avec Russie, Iran et Vénézuela.

Selon le site internet www.toutsurlalgerie.com, des négociations sont actuellement en cours en vue d'une entrée du groupe qatari dans le capital du futur ensemble énergétique GDF-Suez et déboucher sur une alliance stratégique dans le gaz entre les deux pays.

Le Qatar est favorable à pareille opération. Les deux parties discuteraient actuellement des dernières modalités techniques de sa mise en place.

L'accord, une fois conclu, permettra à Qatar Gas de faire une percée significative sur le marché européen du gaz. Mais pareille offensive ne pourra se faire qu'au détriment de Sonatrach qui, à terme, risque d'être affaiblie sur un marché de première importance pour l'Algérie. La société nationale a en effet investi plusieurs milliards de dollars dans la construction de gazoducs destinés à alimenter l'Europe occidentale, et l'éventuelle perte de parts de marché qui se profile avec l'entrée en scène de Qatar Gas risque de coûter cher à Sonatrach et à l'Algérie.

N'oublions pas que le Qatar est devenu un allié de premier rang de la France notamment après son rôle joué dans le dénouement de l'affaire des infirmières bulgares. M Sarkozy avait alors salué "la médiation et l'intervention humanitaire du Qatar". "Nous avions convenu à un moment de la négociation, M. Barroso et moi, qu'il fallait faire intervenir un Etat ami", a-t-il dit. "Après, les discussions qui ont eu lieu entre le Qatar et la Libye, deux pays arabes, sont des discussions qui les regardent, et s'ils ont à communiquer dessus, ils communiqueront dessus", avait déclaré M. Sarkozy.

L'Emir du Qatar avait été invité d'honneur aux dernières cérémonies du 14 juillet, en compagnie notamment du président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères de l'émirat arabe a récemment indiqué que la Qatar Investment Authority (QIA) était vivement intéressé par une participation minoritaire dans EADS. L’hypothèse qui avait toujours été démentie jusqu'à présent mais maintes fois évoquée ces derniers temps devient donc de plus en plus plausible désormais.

« La relation entre les institutions du Qatar et EADS est une relation de partenariat stratégique", avait pour sa part déclaré Mme Lagarde.

Pour rappel, en fevrier 2006, EADS a établi au Qatar un Centre des Compétences (EADS QCC) installé au parc des Sciences et des Technologies de ce pays (QSTP). MM. Daniel Deviller, directeur technique d’EADS, et le Dr. Eulian Roberts, directeur du parc, avaient alors signé un accord portant création de cet établissement de formation et de recherche et développement.

Interrogée sur le pourcentage de la part susceptible de revenir au Qatar, Mme Lagarde a précisé qu'il faudrait attendre les prochaines négociations pour connaître "la nature de la participation” de l’Emirat et la période durant laquelle les deux parties souhaitent être liées. Néanmoins, le journal l’Expansion et la presse russe évoquent une participation de l’ordre de 10 %.

Mme Lagarde, qui a rencontré à Doha l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, ainsi que le chef de la diplomatie, a affirmé avoir examiné avec ses interlocuteurs "des questions relatives à la fourniture d'avions au Qatar, ainsi que des questions financières en général". ... J’aime beaucoup le terme ... alors que TOTAL et GDF demeurent intéressés par l’exploitation d’immenses champs gaziers dont l’Iran et le Qatar se partagent la propriété. "Ce sont des projets encore à l'étude", a-t-elle dit, sans autre précision.

Pour rappel, le Qatar est par ailleurs un client majeur d’Airbus, la compagnie publique Qatar Airways ayant commandé 4 A-380 supergéants et 60 A-380. Le groupe a signé en 2003 un contrat de 5,1 Mds USD portant sur 18 commandes fermes et 14 options. Par cette commande, Qatar Airways devient le client de lancement de l’A380. Par ailleurs, les sociétés Technip, Total, Air liquide sont très actives au Qatar.

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5 Commentaires

  1. 1

    perplexe

    "tout en ne cachant pas son intention de créer une Opep du gaz avec Russie, Iran et Vénézuela."

    Elisabeth :

    Où avez vous trouvé mention par les représentants du Qatar de leur intention de participer à une OPEP du Gaz ?

    Le Qatar souligne régulièrement les difficultés de mise en oeuvre d'une telle initiative.

    Merci par avance de citer l'annonce officielle d'un tel changement de position, qui serait tout sauf une péripétie !

  2. 2

  3. 3

    perplexe

    Merci pour l'article mais celui-ci n'étaye en rien la thèse d'un revirement du Qatar sur la question.

    Le Cheikh Ahmad al-Thani est avant tout désireux d'un partenariat étroit avec les Etats-Unis, dont il héberge (faut-il le rappeler) la plus importante base militaire dans le Golfe....

  4. 4

    Marwan

    "Sonatrach avait refusé la proposition faite par Nicolas Sarkozy d'une alliance avec Gaz de France, Qatar gas pourrait « raffler la mise".

    C'est l'accord initiale proposé à l'Algérie qui aurait été une vraie mauvaise nouvelle pour le peuple algérien s'il avait été conclu.
    On n'a pas fait une guerre de libération pour aboutir à ce type d'accord 45 après (partage des ressources énegétiques du sol algérien alors que la France n'y a aucun droit).
    Et de toute façon, la France n'est qu'un client parmi d'autres pour l'Algérie...

  5. 5

    Prospections...

    Sonatrach s'intéresse a Cepsa et Distrigaz.

    Sonatrach poursuit son offensive sur le marché espagnol. La société nationale des hydrocarbures envisage de s’emparer de la deuxième compagnie pétrolière espagnole, Cepsa, affirme le très sérieux quotidien « El Mundo » dans son édition d’aujourd’hui. Selon le journal, Sonatrach a approché la banque Santander pour connaître la valorisation de Cepsa dont elle souhaite acquérir 30% du capital.

    Selon des sources financières, la valorisation de Cepsa avoisinerait les 5,6 milliards d’euros. Mais Sonatrach ne serait pas le seul candidat au rachat de la compagnie espagnole, convoitée par d’autres groupes pétroliers et énergétiques. Néanmoins, la société algérienne, grâce à ses liquidités record, peut faire une offre attractive, estiment les spécialistes. Sonatrach bénéficierait également d’un soutien de taille, celui du français Total, l’un des principaux actionnaires de Cepsa.

    L'achat de Cepsa permettrait à Sonatrach un accès direct au marché espagnol de la distribution du gaz et des carburants. Un but que Sonatrach cherche à atteindre depuis 2004, souligne « El Mundo ». « L'opération complète à la perfection la stratégie du groupe algérien », ajoute t-il. Il y a quatre ans, l'entreprise a demandé une permission à la Commission Européenne de développer des activités de commercialisation sur le marché énergétique espagnol.

    La volonté de Sonatrach de participer aux concentrations en cours dans le marché européen de l’énergie se confirme. Après l’Espagne où elle est intéressée par le numéro deux du secteur pétrolier, Cepsa, la société nationale des hydrocarbures figurerait, selon plusieurs sources, parmi les candidats sérieux à la reprise du groupe belge de distribution de gaz, Distrigaz, filiale de Suez. Dans ce dossier, Sonatrach sera en concurrence avec l’italien Enel et l’allemand RWE. Pressentis dans un premier temps comme candidats pour la reprise de Distrigaz, le français EDF et le russe Gazprom ont été finalement écartés par Suez. «Distrigaz n'ira ni chez Gazprom ni chez EDF», a expliqué aujourd’hui Etienne Davignon, administrateur du groupe franco-belge.

    Suez qui vient de fusionner avec Gaz de France (GDF) doit céder Distrigaz, premier distributeur de gaz en Belgique, pour se conformer aux règles de la concurrence imposées par l’Union européenne pour autoriser cette fusion. Après avoir fait de la résistance, Suez a fini par décider de mettre en vente sa filiale. Une situation qui pourrait profiter à la Sonatrach et lui permettre de faire une entrée en force sur le marché belge de l’énergie.

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