Téhéran a exprimé dimanche son impatience vis-à-vis de l'Inde à propos de la finalisation du projet du gazoduc entre l'Iran, le Pakistan et l'Inde, affirmant que le projet pourrait "aller de l'avant" avec Islamabad si New Delhi continuait à le retarder.
La méthode du chantage est en vogue ces temps-ci …
Nerf de la « guerre » : le ministre iranien du Pétrole par intérim, Gholam Hossein Nozari, a déclaré que les trois pays étaient toujours en discussion à propos du prix pour le transit du gaz iranien que l'Inde doit payer au Pakistan. Il a ajouté que les responsables pakistanais devaient se rendre en Iran fin septembre pour finaliser le projet mais que la venue des responsables indiens était encore incertaine.
"Nous préférons avoir des négociations tripartites. Mais les choses avancent plus rapidement avec les Pakistanais", a déclaré M. Nozari lors d'une conférence de presse. "Les responsables pakistanais et indiens ont des discussions sur le prix du transit. Si nous estimons qu'il y a un retard sérieux avec les Indiens, nous irons de l'avant avec les Pakistanais", a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.
Selon la télévision iranienne, le responsable iranien du projet, Hojatollah Ghanimifar, a déclaré que son pays avait "invité les Indiens pour ces négociations, mais pour le moment leur présence n'était pas encore certaine".
L’agence de presse iranienne IRNA annonçait cependant récemment que de hauts responsables de l'Inde et de l'Iran avaient prévu de se rencontrer au début du mois de septembre au sujet du projet de construction du gazoduc. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mahdi Safarin, qui devait arriver le 8 septembre à New Delhi devait ainsi, rencontrer le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, et le ministre du Pétrole, Murli Deora. La visite de M. Safari fait suite à celle de son homologue indien, E Ahamed, en Iran, précisait l’Agence, rajoutant que le projet s’avère crucial pour l'Inde, qui compte fortement sur les importations d'énergie pour son économie.
Les discussions sur ce projet de 7,4 milliards de dollars --pour fournir du gaz iranien à l'Inde grâce à un gazoduc long de 2.600 km en passant par le Pakistan-- ont commencé en 1994. Le projet a fait les frais des tensions entre l'Inde et le Pakistan, avant d'être remis sur la table début 2004 à la faveur de la relance du processus de paix entre les deux pays.
Mais depuis les discussions traînent, les trois pays n'arrivant pas à se mettre d'accord sur le prix du gaz.
… Sans compter l'opposition des Etats-Unis qui ont exprimé leur réticence face à ce projet.
New Delhi a néanmoins récemment déclaré ne pas vouloir que l'amélioration des relations avec Washington affecte les relations étroites que le pays entretient par tradition avec Téhéran.
Le projet de gazoduc reliant l'Iran, le Pakistan et l'Inde pourrait ne jamais voir le jour en raison des objections américaines fondées sur les relations hostiles entre Téhéran et Washington, avait par ailleurs affirmé en décembre 2006 l'ambassadeur pakistanais aux Etats-Unis Mahmoud Ali Durrani. Il avait alors ajouté que le projet pourrait également être entravé par un désaccord entre l'Iran et son pays concernant le prix de vente du gaz iranien.
Les inquiétudes indiennes concernant la partie pakistanaise de ce gazoduc pourraient aussi poser problème, mais M. Durrani n'y a pas fait référence. Mahmoud Ali Durrani a précisé que son pays demanderait aux Etats-Unis de l'aider à se procurer les énergies dont il a besoin si les oppositions de Washington devait « tuer » le projet. Les deux pays "seront très précautionneux parce que les Etats-Unis sont un allié important", a-t-il assuré. S'il est construit, le gazoduc devrait être capable de transporter 150 millions de mètres cubes de gaz par jour.
Sources : AFP, Saphirnews, IRNA
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Pour rappel :
"Le Pakistan n'est pas un pays producteur mais il se trouve dans une zone extrêmement importante en termes stratégiques", et pourrait prendre une importance croissante pour le transfert d'hydrocarbures, remarque Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue spécialisée Pétrole et gaz arabes
29 décembre 2007 à 00:12Ajoutez un commentaire
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