Heureusement qu’il y a les « exilés » pour oser dire tout haut ce que certains osent à peine penser tout bas.
L'ancienne juge d'instruction Eva Joly a critiqué les projets de Nicolas Sarkozy qui souhaite "dépénaliser" la vie économique et interdire dans ce domaine l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes. Elle n’hésite pas à comparer les "méthodes" du nouveau Président à celles "prônées" par Berlusconi.
Il est vrai qu’après la "mésaventure" arrivée à l’un de leurs collègues, les juges français vont peut-être hésiter à parler franc, à moins que le tollé suscité par Rachida Dati la semaine dernière suite à la convocation d'un magistrat du parquet de Nancy ne soit que les prémices d'une réelle fronde des juges. La garde des sceaux n'avait pas hésité à adresser les plus fortes réprimandes à celui à qui étaient reprochés de supposés propos sur l'application de la loi contre la récidive votée en juillet.
"Il me semble que les valeurs que dessine le président Sarkozy ne sont pas celles de la France que j'aime. Les méthodes qu'il suggère sont celles de M. Berlusconi. Pour moi, c'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a-t-elle dit dans un entretien diffusé mardi sur France Info. "Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique", a-t-elle dit.
La magistrate, qui a quitté Paris en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien, fait également un parallèle entre le projet du chef de l'Etat concernant les entreprises et son idée de permettre des procès pour les criminels déclarés irresponsables.
Dans un discours vendredi devant l'université d'été du syndicat patronal Medef, le président de la République a annoncé son intention de faire interdire l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes et son souhait de "dépénaliser" la vie économique. Les chefs d'entreprise réclament depuis longtemps une réforme du délit "d'abus de biens sociaux" (le détournement de fonds au sein des sociétés).
"Dire que ce n'est pas grave de présenter des comptes inexacts ou de ne pas respecter la différence entre sa propre poche et la poche de l'entreprise, c'est grave. Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes", a dit l'ancienne magistrate.
Quant à l'interdiction pour les juges d'utiliser les lettres anonymes, elle la qualifie de "grave erreur", en rappelant que l'Onu et l'OCDE demandent à leurs membres de légiférer pour protéger les témoignages anonymes.
Eva Joly a notamment instruit l'affaire visant la société pétrolière Elf, utilisant parfois des lettres anonymes lorsqu'elles étaient confirmées par d'autres éléments. Le dossier s'est soldé par de lourdes peines de prison pour les dirigeants de cette société, reconnus coupables de détournements de fonds évalués à plusieurs centaines de millions d'euros.
Sources : AFP, Reuters
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2 Commentaires
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Un des fils Sarkozy convoqué par la justice après un accrochage en scooter
Il y a 7 heures
PARIS (AFP) — Jean Sarkozy, un des fils du président français Nicolas Sarkozy, est convoqué le 11 septembre devant la justice à la suite d'un accrochage en 2005 avec un automobiliste lors duquel lui est notamment reproché un délit de fuite, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
L'audience est prévue devant un juge de la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée dans les infractions liées au Code de la route, a-t-on ajouté de même source, confirmant une information du quotidien Le Monde.
Le fils cadet de Nicolas Sarkozy, âgé de 20 ans, est cité à comparaître pour délit de fuite, défaut de maîtrise de son véhicule, non-respect des distances de sécurité et dégradation légère.
Il lui est reproché d'avoir percuté en scooter l'arrière d'une voiture, le 14 octobre 2005 à Paris, et de ne pas s'être arrêté. Selon Le Monde, l'automobiliste accidenté réclame 260,13 euros pour frais de réparation et 4.000 euros de dommages et intérêts.
Nicolas Sarkozy a deux fils, Pierre et Jean, d'un premier mariage. Il en a un troisième, Louis, de son mariage en 1996 avec son actuelle épouse, Cecilia.
05 septembre 2007 à 00:032
Cette volonté de dépénaliser les abus de biens sociaux (entre autres), si elle se confirme, serait une sacré régression pour notre société. Il me semble que ce sont des gardes fous efficaces, qui ne sont surement pas les causes fondamentales et premières de la "faiblesse" supposée de notre économie.
Je n'ai toujours pas bien saisi les raisons de fonds qui poussent à cette volonté de dépénalisation? Si vous pouvez m'éclairer?
D'autre part, en tant qu'électeur de N Sarkozy, je ne crois pas que son électorat a voté pour cette mesure qui n'a, à mes yeux, jamais été évoquée pendant la campagne.
à surveiller donc.
05 septembre 2007 à 00:26Ajoutez un commentaire
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