Eads : Mittal et Pébereau administrateurs indépendants

Airbus_indiaSelon des sources proches d'EADS, un Indien et un Britannique devraient devenir administrateurs indépendants du groupe européen de défense et d'aéronautique. D'après le magazine Challenges, il s'agirait en fait de Lakshmi Mittal et de Michel Pébereau.

Un article paru lundi dans le quotidien français Les Echos indiquait que seraient nommés de surcroît comme administrateurs indépendants un Français et un Allemand, issu de la première banque d'Outre Rhin, Deutsche Bank.

Au terme de l’accord passé entre les actionnaires allemands et français le 16 juillet dernier, le groupe franco-allemand d’aéronautique et de défense avait prévu de nommer quatre nouveaux administrateurs indépendants, en réduisant la place faite aux deux actionnaires de référence, la Sogeade du côté français (holding de l'Etat et du groupe Lagardère) et DaimlerChrysler du côté allemand.

Ceux-ci passeront de quatre à deux administrateurs chacun, le président du conseil Rüdiger Grube (issu de Daimler) et le président exécutif Louis Gallois (issu de Sogeade) étant désormais comptés à part. Le 11e membre restera un représentant de l'actionnaire public espagnol (Sepi).

Louis Gallois, devenu unique président d’EADS depuis que la structure bicéphale a été abandonnée, souhaitait pour sa part faire rentrer au conseil François David, président de la Coface. Alors que l’affaire était quasiment conclue, l’Elysée a finalement préféré demander à Michel Pébereau, président de la BNP, de poursuivre son travail d’administrateur d’EADS, dans lequel il est rentré en avril dernier. Lequel a accepté.

Le quotidien économique La Tribune à paraître mardi indique quant à lui que ces deux administrateurs indépendants seraient originaires de Chine et de Dubaï. Le journal, citant des sources proches du groupe, ajoute que la liste des futurs membres du conseil d'administration d'EADS est "arrêtée" et devrait être "publiée avant la fin de la semaine".

Interrogé vendredi par l'AFP sur la personnalité des administrateurs indépendants d'EADS, le patron du groupe, le Français Louis Gallois, avait déclaré que la "décision n'était pas arrêtée". "Le conseil d'administration devrait choisir dans les prochains jours les quatre personnalités indépendantes qui seront proposées à l'assemblée générale pour devenir membres du conseil", avait-il ajouté.

La nomination de Lakshmi Mittal, qui correspond au souhaitait des actionnaires d’internationaliser le conseil aurait été plus difficile à faire accepter du côté allemand, l'homme d'affaires d'origine indienne bénéficiant en effet du soutien appuyé du français François Pinault.

Composé de onze membres, le conseil d’administration, dont les nominations doivent être entérinées lors de l’assemblée générale du 22 octobre prochain à Amsterdam, enregistrera le départ d’Arnaud Lagardère qui permet notamment le maintien de l’Allemand Rüdiger Grube comme président du conseil d’administration d’EADS. Outre Michel Pébereau, la France sera représentée par Dominique d’Hinnin, directeur financier de Lagardère.

Le conseil comprendra également un Irlandais, Sir John Parker, président de National Grid, compagnie de gaz et d’électricité britannique, et deux Allemands Hermann-Josef Lamberti, membre du comité exécutif de la Deutsche Bank, ainsi que Rolf Bartke, président du conseil de surveillance du groupe de robotique KUKA.

Sources : AFP, Challenges

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2 Commentaires

  1. 1

    gugus

    Et ils touchent combien pour faire ce job ?

  2. 2

    el gringo

    Les dirigeants d'EADS accusés de délit d'initié

    Selon l'AMF, les dirigeants et actionnaires d'EADS ont vendu des titres alors qu'ils connaissaient les difficultés d'Airbus.

    L'AMF (Autorité des marchés financiers) vient de transmettre au parquet de Paris un document accablant pour les groupes Lagardère, DaimlerChrysler, actionnaires d'EADS, ainsi que pour les principaux dirigeants du groupe européen et de sa filiale Airbus. Cette « note préliminaire », dont Le Figaro a pris connaissance, conclut à un délit d'initié massif commis entre novembre 2005 et mars 2006, avant que les difficultés d'Airbus soient rendues publiques et que l'action EADS s'effondre.

    Au départ, l'AMF avait débusqué près de 1 200 initiés ayant vendu plus de 10 millions de titres EADS entre mai 2005 et juin 2006 et empoché près de 90 millions d'euros de plus-values. Mais, dans un souci de rapidité, l'autorité de marché a décidé de se concentrer sur les seuls hauts dirigeants d'EADS et d'Airbus et les actionnaires du premier, soit vingt et une personnes au total.

    Le gendarme de la Bourse souligne dans sa note « le caractère concomitant et massif » des ventes effectuées par les cadres. Celles-ci ont été opérées au cours de deux périodes autorisées par le règlement interieur d'EADS : entre le 9 et le 29 novembre 2005 puis entre le 8 et le 24 mars 2006, soit bien avant la cession des 15 % d'EADS détenus par DaimlerChrysler et le Groupe Lagardère et l'alerte sur les résultats d'EADS.

    Pour l'AMF, il est clair que ces cessions n'auraient pas été réalisées si les nouvelles avaient été bonnes. D'ailleurs, 14 des 21 membres des comités exécutifs d'EADS et d'Airbus n'avaient jamais vendu d'actions avant novembre 2005, preuve de « l'absence de confiance dans la poursuite de la progression du cours ».

    Les deux autres présumés initiés, DaimlerChrylser et Lagardère, qui vendent chacun 7,5 % du capital d'EADS le 4 avril 2006, le font d'une façon étrange aux yeux de l'AMF. Les deux groupes choisissent une vente à terme, c'est-à-dire réalisée en 2007 pour bénéficier de nouvelles mesures fiscales favorables, mais sur la base des cours de 2006. Le fait de ne pas attendre 2007 pour vendre au comptant « témoigne d'une anticipation par les deux actionnaires d'EADS d'une baisse future du cours ».

    Changement comptable

    En réalité, les difficultés rencontrées par Airbus dans la fabrication de ses nouveaux long-courriers, l'A 380 et l'A 350, sont évoquées dès le mois de juin 2005 lors d'un conseil d'administration d'EADS. Des projections de résultats à moyen et long terme sur 2006-2008 amènent alors le groupe à lancer un plan de réduction de ses coûts. Le directeur financier d'EADS, Hans Peter Ring, fait remarquer lors de cette réunion qu'à elle seule l'augmentation des frais de recherche et développement ferait perdre 4 à 5 euros au titre si elle était rendue publique.

    Mais, le 10 octobre 2005, les dirigeants d'Airbus constatent devant ceux d'EADS que leurs prévisions de résultats restent très inférieures aux attentes du marché. Afin d'éviter une éventuelle catastrophe boursière, EADS demande alors à sa filiale de répartir ses coûts sur trois exercices. C'est un changement de méthode comptable qui permettra d'anticiper en 2005 et 2006 une partie des surcoûts de production de l'A 380. Cette petite modification permet d'alourdir de 100 puis 200 millions d'euros les bilans 2005 et 2006 d'Airbus et d'augmenter d'autant le résultat de 2007.

    Autre élément à charge, en décembre, le management d'EADS va présenter son business plan à l'État, son actionnaire à 15 % représenté par l'APE (Agence des participations de l'État). À l'issue de cette réunion, une note est envoyée au ministre des finances, Thierry Breton, pour l'inciter à vendre au plus vite une partie de ses actions (lire encadré).

    Autre découverte des enquêteurs : en février 2006, le comité central d'entreprise d'Airbus est informé de l'arrêt d'une chaîne d'assemblage et de la révision du programme de production. En mars, un nouveau comité des actionnaires d'Airbus aborde la question des retards de livraisons pour 2007. Noël Forgeard confie aux enquêteurs qu'il « pense avoir évoqué » ces problèmes avec Arnaud Lagardère lors d'un voyage en avion. L'alerte sur les résultats d'EADS n'interviendra que le 13 juin.

    Pour l'AMF, cela ne fait guère de doute : « La prise de conscience par les dirigeants d'Airbus et d'EADS et les actionnaires de ce dernier de la dégradation de la marge puis du résultat opérationnel d'Airbus et d'EADS à compter de 2007 a constitué la motivation essentielle des cessions massives de titres constatées à partir de novembre 2005 ». Autrement dit, le gendarme des marchés n'a été convaincu par aucun des protagonistes de cette affaire. Entendus par les enquêteurs, ils avaient tous nié avoir une connaissance précise des difficultés d'Airbus.

    En attendant le point final de son enquête et la mise en oeuvre de sa propre procédure de sanction, nul doute que ces nouveaux éléments permettront à la juge d'instruction Xavière Simeoni de faire avancer ses propres investigations lancées le 24 novembre 2006.

    http://www.lefigaro.fr/actubourse/20071003.FIG000000133_les_dirigeants_d_eads_accuses_de_delit_d_initie.html

    Tout l'état-major du groupe aéronautique soupçonné

    La liste établie par l'AMF comprend tous ceux qui avaient connaissance des business plans 2006-2008 d'Airbus et d'EADS lors de leurs cessions d'actions. À signaler que Thomas Enders, Ralph Crosby, Henri Coupron et Thomas Wilkliams n'avaient pas encore été entendus lors de la rédaction du document.

    Outre les groupes Lagardère et DaimlerChrysler, représentés par leur patron Arnaud Lagardère et Manfred Bischoff, les personnes mises en cause dans la note sont les principaux dirigeants du constructeur aéronautique.

    Chez EADS, il s'agit des deux codirecteurs généraux, Noël Forgeard et Thomas Enders ; du directeur général délégué, Jean-Paul Gut, et des membres du comité exécutif François Auque (division espace), Jussi Itavuori (DRH), Fabrice Bregier (division Eurocopter), Ralph Crosby (EADS USA) et Stefan Zoller (systèmes de défense).

    Chez Airbus, il s'agit du directeur général Gustav Humbert ; des directeurs généraux délégués John Leahy (relations client) et Charles Champion (responsable du programme A 380) et des membres du comité exécutif, Erik Pillet (DRH), Henri Coupron (directeur des achats), Thomas Williams (programmes militaires), Alain Flourens (centres d'excellence), Olivier Andriès (coopérations internationales) et Andreas Sperl (directeur financier).

    http://www.lefigaro.fr/actubourse/20071003.FIG000000134_tout_l_etat_major_du_groupe_aeronautique_soupconne.html

    L'État connaissait la situation

    Après une réunion, le 2 décembre 2005, entre les dirigeants d'EADS et l'Agence des participations de l'État, voici ce que l'auteur d'une note à Thierry Breton, ministre des Finances, a confié à l'AMF : « Nous avons conclu après cette réunion qu'EADS allait traverser une zone de turbulences et qu'en conséquence, il était opportun pour l'État de profiter de la valorisation du titre de l'époque qui n'intégrait que les nouvelles positives de l'exercice écoulé et de proposer au ministre une cession partielle de la participation de l'État. »

    http://www.lefigaro.fr/actubourse/20071003.FIG000000135_l_etat_connaissait_la_situation.html

    La direction et les actionnaires du groupe EADS se sont rendus coupables d'"un délit d'initiés massif" et l'Etat connaissait la situation, selon une "note préliminaire" de l'Autorité des marchés financiers (AMF), transmise au parquet de Paris et révélée mercredi par Le Figaro.

    Ce document, que l'AMF "vient de transmettre au parquet de Paris", conclut à "un délit d'initiés massif commis entre novembre 2005 et mars 2006, avant que les difficultés d'Airbus ne soient rendues publics et que l'action d'EADS s'effondre", selon le quotidien.

    Le rapport est "accablant pour les groupes Lagardère, DaimlerChrysler, actionnaires d'EADS, ainsi que pour les principaux dirigeants du groupe européen et de sa filiale Airbus" qui "ont vendu les actions avant de rendre tardivement publiques les difficultés d'Airbus, ce qui a provoqué un effondrement des cours.

    Toujours selon le Figaro, "le ministère des Finances également informé des difficultés à venir, a pourtant donné, à l'époque, son feu vert à la vente des actions détenues par Lagardère".

    L'AMF - le gendarme de la Bourse - s'est concentré "sur les seuls hauts dirigeants d'EADS et Airbus, et les actionnaires du premier, soit vingt-et-une personnes" alors que "1.200 initiés ayant vendu plus de 10 millions de titres (...) et empoché près de 90 millions d'euros de plus-values" avaient d'abord été débusqués.

    Le document souligne que "14 des 21 personnes n'avaient jamais vendu d'actions avant novembre 2005", ceci étant pour l'AMF une "preuve de l'absence de confiance dans la poursuite et la progression du cours".

    DaimlerChrysler et Lagardère ont vendu chacun 7,5% du capital le 4 avril 2006 en choisissant la "vente à terme, c'est-à-dire réalisée en 2007 pour bénéficier des nouvelles mesures fiscales favorables, mais sur la base des cours de 2006", précise le quotidien. Pour l'AMF ceci "témoigne d'une anticipation par les deux actionnaires d'EADS d'une baisse future du cours".

    L'Etat, actionnaire à 15% d'EADS, y est représenté par l'APE (Agence des participations de l'Etat).

    A l'issue d'une réunion en décembre 2005 entre dirigeants d'EADS et l'APE une note aurait été envoyée à Thierry Breton, alors ministre des Finances, lui signalant "qu'il était opportun pour l'Etat de profiter de la valorisation du titre de l'époque qui n'intégrait que les nouvelles positives de l'exercice écoulé et de proposer au ministre une cession partielle de la participation de l'Etat" selon les révélations de l'auteur de la note à l'AMF.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=4673142

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