Total/pétrole : rapt d'un employé au Nigeria

Total_nigeriaDécidément en France, on aime la discrétion. Surtout au mois d'août, pour ne pas gêner la quiétude des vacanciers ?

Car il est tout de même préférable d'aller sur les portails d'informations de Suisse et du Maroc pour accéder facilement à la nouvelle : Total a confirmé jeudi qu'un de ses employés avait été enlevé mardi soir à Port-Harcourt, au Nigeria.

Il est vrai qu'une telle annonce pourrait avoir des conséquences tant économiques que sociales.

"Mardi soir, un employé d'Elf Petroleum Nigeria Limited (filiale de Total au Nigeria), qui travaille en général sur nos gisements à terre, a été enlevé à Port-Harcourt (sud-est) à la sortie d'un lieu de culte par plusieurs personnes", a indiqué jeudi une porte-parole de Total. Cet employé est un superviseur technique de nationalité nigériane.

La police nigériane avait annoncé auparavant qu'un employé de Total avait été enlevé mardi soir par des hommes armés à Port-Harcourt, la capitale pétrolière du sud du Nigeria, quelques heures après le rapt d'un ressortissant pakistanais : ""Peter Ogwuma, un employé de Elf Petroleum, a été enlevé mardi vers 21H00 22HGMT) alors qu'il s'apprêtait à sortir de l'église pour rentrer chez lui"", a indiqué le chef de la police de l'Etat de Rivers, Felix Ogbuadu.

Cet enlèvement est survenu quelques heures après le rapt d'un ressortissant pakistanais, qui travaillait pour le compte d'une société italienne de construction

Elf Petroleum Nigeria Limited est la troisième plus importante filiale du groupe en terme de production. Total a produit en 2006 dans ce pays 242.000 barils équivalent pétrole par jour (bep/j).

Alors que des rumeurs faisaient état d’un possible retrait de Shell au Nigéria, discrètement certes, mais sûrement, le pétrolier français TOTAL a débuté fin 2006 le rapatriement en France des familles des expatriés. En effet, en décembre dernier, face à l’instabilité croissante du pays, Total a commencé à rapatrier en France les 150 familles d’expatriés qui se trouvaient dans sa filiale Nigériane. L’ensemble des salariés de la filiale sont en revanche restés en poste avec la mise en place d’un régime de rotation. Ces derniers ont la possibilité de demander eux aussi leur rapatriement, selon les syndicats.

Les familles rapatriées bénéficient d’un logement mis à disposition jusqu’à l’été 2007, d’un véhicule et de mesures salariales (indemnités de séparation, augmentation du coefficient d’expatriation, prime de réinstallation en France de l’ordre de 4000 €). Une pétition a néanmoins été lancée pour contester ce « package financier ». La direction affirme avoir pris bonne note des revendications. Une analyse comparative des packages proposés par des sociétés comme Shell et Schlumberger, qui elles aussi ont rapatrié les familles de leurs expatriés, a été lancée. La direction exclue en tous les cas le versement d’une prime de risque au motif qu’il ne doit pas y avoir « un salaire de la peur ». Si les conditions de sécurité ne sont plus assurées, même les salariés seront rapatriés. En attendant, un stage intitulé « réflexes en situation de stress » est proposé.

A la demande de certaines Organisations Syndicales, une réunion des Commissions Expatriation et Sécurité Environnement Santé au Travail  s’est déroulée le 26 janvier 2007. Selon les données RH,  1 100 salariés sont employés à TOTAL Nigéria, dont 200 expatriés. Fin janvier, l'ensemble des salariés étaient en poste. L'ensemble des gestionnaires de carrière sont entrés en contact individuellement avec chaque employé concerné, ont fait un point et commencé à discuter les retours anticipés ou mouvements de l'été 2007, selon les syndicats.
Selon F.Viaud (DRH), " S’il y a des salariés qui ne supportent pas leur situation, qu'ils en formulent la demande et on les rapatriera ou on les changera de filiale. Il serait malsain pour la communauté d’avoir des gens en crise ; cela polluerait l’atmosphère ". Il indique qu'il a donné instructions en ce sens aux responsables carrières, hiérarchiques.

Le Français Gérard Laporal enlevé le 8 février dernier à Port-Harcourt, la "capitale" pétrolière du sud du Nigeria, a quant à lui été libéré par la suite. Marié à une Nigériane, Gérard Laporal, spécialiste en logistique âgé d'une soixantaine d'années, travaille sous contrat local pour le groupe pétrolier Total.
G.Laporal avait été enlevé par des hommes armés alors qu'il rentrait chez lui tard le soir, seul en voiture. Son véhicule avait été retrouvé à quelques centaines de mètres de son domicile quelques jours plus tard. C'était la première fois qu'un Français était enlevé dans le sud pétrolier du Nigeria.
Début février, trois policiers nigérians avaient été tués dans l'attaque d'un site de Total à Obagi (Etat de Rivers - sud).

Depuis début 2006, quelque 200 expatriés, principalement des travailleurs du pétrole, ont été kidnappés dans cette région du Nigeria et généralement relâchés après une détention plus ou moins longue et paiement de rançon.

Le groupe Total vient par ailleurs d'annoncer que sa filiale opératrice au Nigeria, Elf Petroleum Nigeria Limited (EPNL), a signé un accord avec la société nigériane Conoil Producing Limited pour une prise de participation de 40 % sur le permis offshore OML 136. Conoil, la plus importante compagnie pétrolière nigériane privée, détient les 60 % restants. L’OML 136, est situé à environ 60 kilomètres des côtes nigérianes par 80 à 300 mètres de profondeur d’eau. La superficie du permis est de 1 295 kilomètres carrés. EPNL agira en tant que conseiller technique. Conoil, qui a démarré ses activités en 1990 et opère six permis dans le delta du Niger, reste l’opérateur de l’OML 136. Les deux compagnies conduiront ensemble les travaux complémentaires d’exploration, d’appréciation et de développement des découvertes.

Quatorze puits ont été forés sur ce bloc, conduisant à la découverte de deux importants champs de gaz, Toju et Akarino. L’appréciation du champ de Toju, suivie éventuellement de celle d’Akarino, devrait permettre de déterminer le potentiel du bloc en vue de son développement. Cette acquisition s’inscrit dans le développement d’une stratégie gaz intégrée amont-aval visant à développer des ressources gazières susceptibles d’être valorisées dans des projets aval, notamment de production de gaz naturel liquéfié.

Au Nigeria, Total est actif dans le GNL avec ses participations dans Nigeria LNG (15 %) et le projet Brass LNG (17 %), et les projets de centrales électriques d’Obite et Afam notamment. Cette prise de participation dans OML 136, qui fait suite à celle réalisée dans les OML 112 et 117 en 2006, permettra à Total de renforcer son portefeuille de production de gaz à terre et offshore au Nigeria.

Le Nigeria, où Total est présent depuis une cinquantaine d’années, constitue l'une des principales zones de croissance du Groupe en Afrique. Avec cinq trains de liquéfaction actuellement en opération, la capacité de NLNG est de 17,7 Mt par an. Cette capacité sera portée à 21,7 Mt par an avec la mise en production du train 6. Au delà de 2010, le projet de septième train de NLNG, qui permettra de porter la capacité de l’usine à 30Mt, et le projet Brass LNG (10 Mt) devraient permettre de renforcer la position de Total comme un acteur majeur du GNL dans la région.

Initialement située à terre avec des participations dans OML 58 (40 %, opérateur) et SPDC (10 %), la production de gaz de Total s'est développée offshore, avec en particulier le développement d'Amenam gaz, entré en production fin 2006, et les projets Akpo et Ofon 2, dont la mise en production est prévue respectivement en 2008 et 2010. Enfin, les découvertes réalisées sur OML 112/117 et l'entrée dans l’OML 136 complètent cette stratégie de développement des productions de gaz au Nigeria.

Le Groupe poursuit par ailleurs ses développements pétroliers en offshore profond. Total est partenaire sur Bonga (12,5 %) avec actuellement une production d’environ 200 000 barils par jour de pétrole. Le champ d'Akpo devrait démarrer en 2008 pour atteindre une production de 225 000 barils équivalent pétrole par jour au plateau.

Le lancement du développement du gisement d’Usan viendra renforcer la production en offshore profond du Groupe au Nigeria à l’horizon du début de la prochaine décennie. La découverte d’Egina, située sur l’OML 130, devrait également faire l’objet d’un pôle de développement indépendant,une campagne d’appréciation est en cours.

La production offshore de Total au Nigeria provient également des blocs OML99-100-102 opérés par Total dans le cadre de la Joint Venture NNPC-Total. Les principaux champs sont Amenam, Ofon et les champs autour d’Odudu.

Sources : AFP, Unsa, Total

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2 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    Aucune nouvelle, je suis preneuse de toute info

    TOTAL très discret sur le sujet ...

  2. 2

    Elisabeth

    Licencie pour avoir refusé d'aller au Nigeria, j'en reparle tout à l'heure ...

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