Réponse à un commentaire (2)

Lettre J'ai recu aujourd'hui un message intéressant dont la réponse (je crois) pourrait se révéler d'interet général. Voici une partie du texte (les identifiants sont bien sur retirés): "Je suis tombé sur ton blog suite à un de tes commentaires postés sur le blog finance à propos des trackers immobiliers. Je suis en effet depuis pas mal de temps l'actualité du marché immobiler, et comme beaucoup de gens, suis pénalisé par le sommet spéculatif qu'il a atteint. Or, il semblerait que le vent tourne et que la crise des subprimes ne soit que le début. Aussi, j'ai acheté un tracker 3842B qui progresse en fonction de la chute des valeurs mobilières. Au vu de ses performances, j'essaie d'avoir des infos sur d'autres trackers, en particulier sur les valeurs finance / assurance, mais je ne trouve que des trackers jouant la hausse de ces sous-jacents. Aurais-tu alors des conseils à me donner pour bien utiliser ces trackers dans un contexte baissier (on parle de vente à découvert je crois mais je ne connais pas bien le mécanisme) ?"

Tout d'abord, un vieux proverbe énonce que "les conseilleurs ne sont pas les payeurs". Moralité: toujours bien vérifier le contenu des conseils, surtout ceux qui concernent les soussous dans la popoche! Ensuite quelques mises au point:

  1. le 3842B n'est pas un tracker, c'est un certificat; c'est-à-dire un produit dérivé qui est beaucoup moins sensible à la "valeur temps" qu'un warrant. C'est donc un "100% Bear", donc un produit répliquant sans effet de levier la performance inverse de l'indice FTSE EPRA Eurozone des valeurs immobilières coté à Londres. Attention, il existe plusieurs indices EPRA, et le 3842B ne suit pas celui de boursorama ... (j'ai fait l'erreur moi-meme!)
  2. Il existe d'autres produits baissiers sur l'EPRA Eurozone, généralement émis par BNP Paribas. Le 3845B "bear spread" (appelé aussi flooré) qui évolue linéairement entre 2300 et 2100 points, ainsi que des put warrants à prix d'exercice 2900, 2300 et 1900 points (le put 2900 étant clairement hors d'usage!).
  3. La vente à découvert signifie que tu vends au SRD (Système à Règlement Différé, voir tout lexique bourse standard) un actif que tu ne possèdes pas dans l'espoir de pouvoir le racheter plus tard à un prix plus bas. Attention, cette technique a un cout car tu travailles à crédit et ce crédit n'est pas gratuit. Tu n'auras jamais la performance d'un dérivé baissier car ces derniers placent les liquidités obtenus lors des ventes à découvert au taux EONIA, ce que les particuliers font rarement.
  4. Pour ce qui est des produits baissiers, c'est un peu la portion congrue car rares sont les emetteurs qui ont envie de voir se propager l'idée parmi les petits porteurs que le marché peut vraiment baisser! Et on les comprend, ils font leur beurre en clamant haut et fort que la Bourse monte toujours! Tu as toujours la possibilité d'aller regarder les trackers (Avec ou sans effet levier, attention à ton choix!) émis récemment par la Société Générale: ils sont très bien fichus et sont admissibles au PEA au contraire des dérivés dont j'ai parlé précédemment.

Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de citer quelques coupures de presse généraliste, contenant bien sur les élucubrations de "spécialistes auto-proclamés" chargés de rassurer le bon peuple sur l'invulnérabilité de la France face aux dangers de l'immobilier surcoté! Voir par exemple ici et ou la thèse fumeuse de "l'atterrissage en douceur", naguère en vogue aux USA est encore une fois mise en avant. Aux USA justement, le son de cloche est quelque peu différent ...

 

4 Commentaires

  1. 1

    florent

    L'un des experts interviewés est Christophe Crémer, le pdg fondateur de Meilleurtaux, lequel s'apprête à vendre les 3/4 de ses actions. C'est peut-être un signe, vendre au plus haut, ou du moins avant que le marché baisse davantage.

    En ce qui concerne l'offre de produits de bourse baissiers, je pense que les émetteurs ne font que répondre à la demande : comme la plupart des investisseurs particuliers spéculent à la hausse et non à la baisse, les émetteurs offrent davantage de produits haussiers.

  2. 2

    c-moi

    POur les "sons de cloche différents, lire par exemple les déclarations de Gross, dirigeant de Pimco. Cette filiale américaine d'Allianz est conseillée par Alan Greenspan depuis mai. Les premiers commentaires de Pimco sur les risques du subprime datent de 2 ans !

    Sinon, pour la Société Générale, il semblerait que Lyxor (sa filiale spécialisée trackers) soit exposé. Des rumeurs invérifiables circulent. Est-il bien raisonnable d'aller en ce moment sur des produits dérivés...

  3. 3

    casam

    Merci pour cette réponse à mon email, très claire et constructive.

  4. 4

    florent

    Pour info Lyxor a démenti ces récentes rumeurs de marché. De plus Lyxor est spécialisée dans des produits de gestion indiciels type trackers lesquels ne sont pas des produits dérivés (exemple de dérivés : options, warrants...).

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