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Le Brésil pourrait tirer partie de la crise des subprime

BrasileyesEnfin un aspect positif de la crise des subprime ! Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, tel un kangourou moyen, le Brésil "bondit sur l'occasion" pour tenter d'attirer de nouveaux investisseurs estimant que ces derniers – échaudés - se tourneront vers des investissements dans l'économie brésilienne, que le gouvernement considère beaucoup plus "'rassurante" que celle de ses “voisins”.

Les turbulences financières qui affectent les marchés boursiers mondiaux auront "peu d'influence" sur le Brésil qui pourrait même en tirer profit, a ainsi déclaré vendredi à la presse le ministre brésilien des Finances Guido Mantega.

Si le principal indice de la Bourse de Sao Paulo, l'Ibovespa, baissait vendredi dans la foulée des marchés mondiaux ébranlés par la crise du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis, M. Mantega a jugé toutefois “ prématuré de parler de crise”, réduisant les conséquences du phénomène à “deux ou trois jours de turbulences" pour le Brésil.

L'indice affaichait pourtant un recul de 1,25% vers 13H30 locales, tandis que le real reculait de 0,72% face au dollar qui cotait 1,932 real.

Selon Antonio Quintella, Country Manager du Credit Suisse pour le Brésil, le cycle économique actuel et le prix élevé des matières premières sont favorables à l'économie brésilienne, comme ils le sont du reste pour de nombreux pays émergents. Mais cette dynamique ne serait pas possible si ces tendances internationales n'étaient pas associées à certains facteurs nationaux.

Banco_brasil_superman "Nous sommes dans une année de flux de capitaux favorable au Brésil", a relevé ainsi le ministre. "C'est un record, si ce flux diminue un peu, si des ressources sortent (du pays) ça ne change rien. Il n'y a pas de difficulté majeure", a-t-il poursuivi.

"Le Brésil n'a pas besoin de plus d'investissements que ceux qui entrent. Dans un second temps, une fois passées les turbulences, il peut même en tirer profit car les capitaux chercheront des investissements plus sûrs dans les pays les plus solides", a-t-il assuré.

Pour M. Mantega, le Brésil revêt de tels atouts qu'on peut même estimer qu'il soit proche de l'”investment grade” (notation attachée aux placements non spéculatifs sur l'échelle des risques), la recherche de placement sûrs pouvant peut même accélérer le mouvement.

"L'abondance de liquidité internationale a en effet conduit à une augmentation de l'afflux de capitaux étrangers vers le Brésil, ce dont le gouvernement a su profiter. Le Brésil a réglé toutes ses dettes avec les organismes internationaux, comme le FMI et le Club de Paris. Parallèlement, le pays a commencé à augmenter ses réserves internationales, le ministre rappelant par ailleurs que ces dernières s'élevaient à 160 milliards de dollars et que les entrées de devises présentaient jusqu'en juillet un solde positif de 62,215 milliards. De plus, le gouvernement a réduit de façon significative la part de la dette extérieure arrivant à échéance sur les cinq prochaines années. Tous ces facteurs ont considérablement renforcé l'économie et devraient permettre au Brésil d'obtenir la notation "Investment Grade" début 2008.

Le ministre a également rappelé que les banques brésiliennes n'opéraient pas sur le marché des crédits hypothécaires à risque et qu'elles avaient engrangé des bénéfices record depuis le début de l'année. "L'essentiel de notre crédit est émis ici. Et le crédit va continuer à croître. Nous nous attendons à ce qu'il croisse de 20 à 22% ce qui stimulera la croissance de l'économie", a-t-il poursuivi.

"Comme l'inflation se situe en dessous de l'objectif, il n'y a pas de raison de modifier la politique monétaire", a-t-il dit. L'inflation s'est établie en juillet à 3,74% sur un an alors que l'objectif est de la limiter à 4,50%, tandis que la banque centrale poursuit son mouvement de baisse des taux, ramenés à 11,50% en juillet.

Depuis deux ans, les marchés d'actions vivent une période faste au Brésil, compte-tenu de la stabilité et des meilleures perspectives du pays, mais aussi à la bonne situation économique intérieure et extérieure, fait également observer Crédit Suisse

Selon Antonio Quintella, l'abondance de liquidité internationale a ouvert la voie à une amélioration des conditions de financement des entreprises au Brésil. Il considère également que la bonne tenue du marché reflète le fait que les sociétés recourent de plus en plus aux capitaux boursiers pour financer leur activité. Aussi a-t-on assisté, ces trois ou quatre dernières années, à une nette augmentation des introductions en Bourse au Brésil, fait-il observer. Ces évolutions sont saines, même pour l'économie réelle, estime encore le responsable.

Sources : AFP, Créduit Suisse

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Commentaires

Elisabeth

12 août 07 20:56:27

Crise marchés: la banque centrale du Brésil ne voit pas la nécessité d'agir
AFP 12.08.07 | 19h33

Le Brésil a déjà pris des mesures préventives au cours des dernières années et n'a pas besoin de mesures d'urgence pour faire face aux turbulences boursières mondiales, a déclaré le président de la Banque centrale, Henrique Meirelles, au quotiden Folha de Sao Paulo de dimanche. M. Meirelles a insisté sur le fait qu'il ne voyait pas "pour le moment le besoin d'interventions spécifiques de liquidités" comme celles adoptées par les banques centrales américaine et européennes.
Selon le chef de la Banque centrale brésilienne, les marchés mondiaux connaissaient un excès, qui n'a pas été durable et qui s'est ajusté avec la crise des "subprimes" (prêts hypothécaires à risques) aux Etats-Unis. Il a toutefois estimé qu'il était encore "un peu prématuré" de mesurer les effets de cette crise sur l'économie mondiale.
Au Brésil, "des mesures préventives ont été prises au cours des dernières années: le pays a accumulé des réserves de changes, est devenu créancier de liquidités en dollars, a appliqué une politique monétaire victorieuse et obtenu une croissance basée sur l'augmentation de la demande interne et sur une situation budgétaire équilibrée", a-t-il affirmé.

Tout en reconnaissant que la Banque centrale du Brésil "suit avec beaucoup d'attention l'évolution des marchés", il a souligné que le marché brésilien "opère dans la normalité absolue et n'a besoin d'aucune mesure d'urgence supplémentaire".




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