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FMI : la Russie descend Strauss-Khan

FmitosovskyLa bataille pour la direction du FMI ne fait que commencer.

Alors que la Russie tente de faire accéder au poste "suprême" son propre candidat, "étrangement" le directeur exécutif du Fonds monétaire international (FMI) pour la Russie, Alexeï Mojine, a affirmé que le Français Dominique Strauss-Khan, candidat à la direction générale du FMI, n’avait pas les qualités requises pour exercer la fonction, rapporte le Financial Times samedi.

Charité bien ordonnée commence à descendre l’adversaire … pour pouvoir par la suite mieux avancer ses pions. Ironie du sort, c’est peut-être bien ce qu’aurait suggéré comme stratégie l’ancien champion d’ échec Kasparov, pourtant opposant à Vladimir Poutine.

"Il n’y a rien dans le CV de M. Strauss-Khan qui montre clairement qu’il a les qualités techniques pour accomplir le travail", a estimé M. Mojine dans un entretien au quotidien économique. Décrivant l’ancien ministre français des Finances comme un "homme politique de métier" il doute que sa candidature, soutenue par l’Union européenne, soit la meilleure. Je parie que, par contre, celle du candidat proposé par la Russie russe répondrait mieux à toutes ses attentes ! Avouez tout de même – et nous avons déjà eu l’occasion de l’"apprécier" – qu’en Russie, on n’a pas froid aux yeux et on ne mâche pas ses mots !

Pour rappel, Dominique Strauss-Khan est en compétition avec l’ancien président de la banque centrale tchèque Josef Tosovsky, dont la candidature a été présentée par la Russie.  "Nous croyons fortement que M. Tosovsky est le meilleur candidat avec l’expérience la plus pertinente", a soutenu M. Mojine. Ben voyons !

« C‘est un grand honneur pour moi d’être proposé pour la plus haute position au FMI", a confié M. Tosovsky dans un communiqué. Agé de 56 ans, il dirige actuellement l’Institut pour la stabilité financière à Bâle, en Suisse, après avoir occupé le poste de gouverneur de la Banque centrale tchèque entre 1993 et 2000, avec une brève interruption en 1998, année durant laquelle il a été à la tête du gouvernement tchèque.

L’ancien premier ministre n’est "pas le candidat de la République tchèque" à ce poste, a néanmoins indiqué le ministre des finances tchèque Miroslav Kalousek. Il a assuré que son pays honorera "les conclusions du Conseil européen des ministres de l’économie et des finances, qui a proposé M. Strauss-Kahn".

"Le processus de désignation du directeur général du FMI est profondément défectueux", a par ailleurs estimé M. Mojine, abordant là le point essentiel de ses propos. "Nous pensons que le FMI fait face à une crise sévère de légitimité et si l’on veut qu’il réponde aux besoins des pays en développement, nous devons sélectionner le meilleur candidat". Selon lui, la candidature de l’ancien directeur de la banque centrale tchèque n’a pas simplement pour objectif de créer "l’apparence" d’une compétition pour la désignation du directeur général du Fonds.
"Si les pays en développement n’ont pas le sentiment qu’ils jouent un rôle dans le processus de désignation, alors ils se détourneront du FMI", plaide M. Mojine. "Bien entendu", la Russie s’est assurée du soutien de pays en développement siégeant au conseil d’administration à la candidature de Josef Tosovsky, selon M. Mojine, qui ne les a toutefois pas nommés. Aucun élément factuel n’a donc été donné. Paroles, paroles, paroles … dirait notre regrettée Dalida …

Selon la "coutume" l’Europe désigne le directeur général du FMI tandis que les Etats-Unis choisissent le président de la Banque mondiale.
Les deux candidats officiellement déclarés à la direction du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn et le Tchèque Josef Tosovsky, seront bientôt auditionnés à Washington, a annoncé le FMI jeudi. L

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2 commentaires

  1. mp 25 août 2007 à 23:07

    Alors maintenant si même la Russie s’y met…
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/07/dsk-tempte-dans.html
    « le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les m

  2. gugus 26 août 2007 à 14:23

    Même si je ne sais pas si la Russie est des plus compétente en économie, j’apprécie néanmoins son rôle de trouble-fête d’un système bien rodé entre américains et européens.
    Bientôt une politique d’ajustement pour la France, pays surendetté ?

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