Le parquet de Lübeck (au nord de l'Allemagne) a mené vendredi une perquisition à la centrale nucléaire de Krümmel, opérée par le groupe suédois Vattenfall et qui a connu un incident sérieux fin juin, a annoncé le procureur général Klaus-Dieter Schultz. Le parquet a perquisitionné des bureaux et la salle de contrôle du réacteur.
Un incendie était survenu le 28 juin dans le transformateur de cette centrale, entraînant un arrêt brutal du réacteur.
Le but de l'opération est de retrouver l'identité du salarié qui pilotait le réacteur lors de l'incendie, et que Vattenfall refuse de nommer, selon le parquet. Cet employé a pu souffrir d'une intoxication par des fumées suite à l'incident, ce qui constituerait un cas de blessures par négligence, a dit M. Schultz. Dans un communiqué vendredi, Vattenfall a affirmé: "le pilote du réacteur n'a pas été blessé. Ce salarié l'a confirmé auprès du parquet."
Le groupe a également contesté le terme de "perquisition", déclenchée selon lui par une information anonyme adressée à la police: "la centrale n'a pas été perquisitionnée." “Nous coopérons pleinement avec les autorités et le parquet", a affirmé le directeur opérationnel de Vattenfall Europe Nuclear Energy, Bruno Thomauske, cité dans le communiqué.
Le 28 juin, un incendie avait éclaté dans un transformateur de la centrale, produisant d'épaisses fumées et entraînant un arrêt en catastrophe du réacteur, accompagné de variations brutales de pression dans des circuits d'eau.
Mardi, l'autorité fédérale de surveillance du nucléaire en Allemagne avait mis en cause une "erreur humaine" lors de cet incident. L'association écologique allemande BUND a annoncé vendredi qu'elle déposerait une plainte contre Vattenfall pour "opération non conforme d'une centrale nucléaire" à Krümmel.
Le groupe suédois, représenté en Allemagne par sa filiale Vattenfall Europe, est également critiqué pour un incident survenu début juillet dans une autre centrale nucléaire allemande, à Brunsbüttel. Dans ces deux affaires, la communication de Vattenfall a été tardive et opaque, selon les autorités.
La centrale de Brunsbüttel avait dû être fermée provisoirement après une défaillance mineure survenue également le 28 juin. Lors de sa remise en marche le 1er juillet, le réseau de purification des eaux dans le système de refroidissement du réacteur avait été arrêté par erreur à deux reprises, selon Vattenfall. L'entreprise a communiqué "au dernier moment" sur ces défaillances, a déploré dimanche un porte-parole du ministère social régional de Kiel, l'autorité compétente en matière de surveillance de la centrale. Ce n'est que le 6 juillet que Vattenfall a reconnu des problèmes lors de la remise en fonction de la centrale, selon le porte-parole.
La chancelière allemande Angela Merkel a exigé cette semaine des explications sur les deux incidents récents survenus dans les centrales nucléaires opérées en Allemagne, l'affaire prenant chaque jour plus d'ampleur. “Cela doit être tiré au clair. Et de la manière la plus stricte, sans quoi nous ne pouvons pas assurer notre sécurité", a dit la chancelière lors d'une interview diffusée dans la nuit de mardi à mercredi par la chaîne RTL.
Le ministre de l'Environnement Sigmar Gabriel est monté à son tour au créneau en reprochant mercredi à Vattenfall d'avoir empêché les autorités d'interroger des responsables de la centrale : "L'entreprise rend impossible une explication totale de l'incident", a dit le ministre au quotidien Tagesspiegel.
Le parlement régional du Land de Schleswig-Holstein se penche vendredi sur une requête des Verts, qui demandent le retrait à Vattenfall de son autorisation d'opérer des centrales nucléaires. Tout de même ! Il est vrai que les risques sont importants.
Le groupe souffre déjà d'une image très négative en Allemagne, en raison de fortes hausses de ses tarifs d'électricité au début de l'été. Il tentait depuis quelques semaines d'améliorer sa réputation avec une campagne de publicité vantant les mérites écologiques du nucléaire, qui n'émet pas de CO2. Cette opération montre sur de grandes affiches les centrales nucléaires du groupe, dont Krümmel et Brunsbüttel, photographiées sous un angle champêtre avec au premier plan des prairies fleuries, et surmontées de l'inscription "Gardienne de l'environnement."
Ces incidents ont relancé le débat en Allemagne sur l'énergie nucléaire, qui doit officiellement être abandonnée progressivement par le pays. M. Gabriel, farouche opposant au nucléaire, a jugé qu'il fallait "tirer des leçons de ces événements, et mettre hors service au plus vite les vieilles centrales à risque."
Le patron de Vattenfall Europe, Klaus Rauscher, a de son côté dénoncé une "campagne" orchestrée par les opposants au nucléaire.
Source : AFP
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2 Commentaires
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La multiplication des incidents nucléaires est un signe avant coureur d'une catastrophe qui se produira malheureusement un jour ou l'autre, y compris depuis les réacteurs "les plus sûrs du monde".
Alors, il est plus que temps d'arrêter le nucléaire, d'autant qu'il s'agit d'une voie sans issue :
Pénurie et déplétion de l'uranium
La commission européenne sur l'énergie reconnaît elle-même que les énergies renouvelables produiront plus d'électricité que le nucléaire avant 2030.
15 juillet 2007 à 19:252
Lire à ce propos l'article paru dans Le Petit Journal de Berlin : http://www.lepetitjournal.com/content/view/27353/1030/
28 mai 2008 à 12:32Ajoutez un commentaire
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