La Russie semble déterminer à attaquer Boris Berezovski sur tous les fronts.
Si cette affaire « empoisonne » les relations entre Londres et Moscou, la presse russe nous apprend lundi que le Parquet général russe a formulé une demande de saisie-arrêt sur les biens de Boris Berezovski en France.
«La détérioration des rapports entre la Russie et la Grande-Bretagne peut être expliquée, entre autres, par l'entrée de la compagnie russe Gazprom dans le projet Sakhaline-2 », a déclaré la semaine dernière aux journalistes Sergueï Stepachine, président de la Cour des comptes. Une autre affaire sur le gaz ?
Pour rappel, les organes judiciaires russes accusent l'homme d'affaires réfugié en Grande-Bretagne de plusieurs infractions à grande échelle.
"Le Parquet général a fait une demande auprès d'un tribunal afin que soit pratiquée une saisie-arrêt sur les biens immobiliers de M. Berezovski en France", a expliqué la porte-parole du Parquet. Selon elle, une requête d'arrestation contre M. Berezovski a également été formulée.
"Nous confirmons le fait que le Parquet général a inculpé par contumace M. Berezovski d'avoir détourné plus de 13 millions de dollars appartenant à (la banque) SBS-Agro", a encore indiqué la représentante du Parquet général russe.
Ancienne éminence grise du Kremlin sous Boris Eltsine, tombé en disgrâce avec l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, Boris Berezovski a obtenu le statut de réfugié politique en Grande-Bretagne en 2003.
Moscou a demandé à plusieurs reprises, sans succès, à Londres l'extradition de cet homme d'affaires controversé, inculpé en Russie pour avoir appelé à un coup d'Etat.
« Je suis persuadé que Vladimir Poutine a commandité l’assassinat de Litvinenko, que le FSB l’a organisé et qu’Andreï Lougovoï s’en est chargé » a récemment affirmé Boris Berezovski à un journaliste du Figaro. De tels propos n'incitent pas à l'indulgence de Poutine.
« Deux faits démontrent que ce meurtre est l’œuvre de l’État russe » poursuit l'ennemi public n°1 du Présient russe. « Le premier, c’est le polonium. Sans participation de l’État, des services secrets, on ne peut ni le produire, ni le transporter, ni l’utiliser. Ce poison mène droit au Kremlin. Deuxièmement : le fait que l’État russe et Poutine lui-même couvrent cet assassinat. On ne laisse pas Lougovoï s’entretenir librement avec les enquêteurs anglais, on manipule les médias pour accuser d’autres personnes comme moi, on défend la thèse folle selon laquelle les services britanniques auraient pu prendre en otage la vie de milliers de leurs concitoyens pour tuer Litvinenko, sans dire un mot des mobiles éventuels. »
Sources : Ria Novosti, Le Figaro

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