A la suite d'un commentaire à un des mes précédents articles, je vais essayer de faire un petit récapitulatif sur une situation paradoxale (mais d'une actualité brulante!): pourquoi le prix de l'immobilier et la consommation US (mais en Europe, c'est presque la meme chose, voir plus avant) sont-ils corrélés ?
On va procéder des raisons les plus simples à celles plus sophistiquées, ce qui va nous faire entrevoir une petite facette de la crise du subprime, que certains intervenants prétendent (sous couvert d'anonymat!) encore etre "sous controle".
1. Le plus simple à comprendre, c'est que durant un boom de l'immobilier (et une baisse des taux de crédit), les seniors se frottent les mains puisqu'ils se retrouvent avec une cohorte de primo-accédants prets à acheter leur pavillon tout naze avec potager en friche. Des plus-values de 200% voir plus deviennent alors raisonnables, ce qui permet à pépé d'offrir à mémé la croisière Pascal Sevran dont elle rève depuis son premier poste TV noir et blanc. Donc, au début du boom, les vendeurs agés dépensent leurs plus-values avant d'aller à l'hospice ...
2. Pour qu'il y ait des transactions, il faut (malheureusement ?) des intermédiaires: agences, notaires, démarcheurs, préteurs, syndics ... tous payés à la commission. J'ai vu sur la Cote d'Azur des frais d'agence s'échelonnant entre 6% et 10% du montant! Ca en fait des sous à dépenser durant une période à 30 transactions finalisées par semaine!
3. Et puis tout de meme, on parle de maisons ("l'amour de la pierre"), ce qui nous amène à considérer les architectes (qui nous font du chef-d'oeuvre créatif à la chaine), les entreprises de construction (du patron à l'ouvrier). Tout cela a un effet relutif sur le PIB de la zone en plein boom; c'est comme ceci que l'on explique la forte croissance espagnole de ces dernières années, et il se passe à peu près la meme chose en Italie du Sud. Bien entendue, cette "croissance" est financée par de la dette domestique, ce qui n'empeche pas les heureux bénéficiaires de voir leur cash-flow progresser.
4. Enfin, lorsque le boom est bien installé, surgit l'idée extraordinaire de "l'extraction de valeur" (en francais "pret viager", ou "hypothèque rechargeable"). Le principe est simple, on gage son bien immobilier afin d'obtenir du cash (pour consommer) sur la base de sa valeur liquidative; dans l'hypothèse de prix en augmentation, on peut donc retirer de la valeur à intervalles réguliers sans rien faire de spécial. Par contre, dans le cas contraire, l'insolvabilité guette, à moins que la descendance (décidemment, elle a bon dos!) ne soit en état de racheter l'hypothèque.
La beauté de la chose, c'est qu'à la différence des situations passées, le risque repose maintenant presqu'intégralement sur les ménages, vu que les banques sont raisonnablement couvertes contre les risques de crédit (c'est là ou le subprime rentre en jeu; dans ce dernier cas, la couverture n'est pas suffisante et les préteurs se retrouvent dans le pétrin).
Par contre. en cas d'atterrissage brutal, le risque de contamination dans l'economie générale est bien réel à cause des points 2., 3. et 4., à la difference du krach internet, qui lui était resté cantonné à des secteurs très marginaux de l'économie.
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