Barroso : “la Turquie n'est pas prête à entrer dans l'UE “

Turquieue20070507Voilà qui devrait encore une fois relancer le débat – qui semble délier langues et souris – si l'on en croit les commentaires sur les articles du blog finance. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a estimé dimanche que la Turquie, appelée le jour même à renouveler son parlement, n'est pas prête à rejoindre l'Union.

Il considère toutefois que les négociations d'adhésion ouvertes en 2005 doivent se poursuivre, ce qui n'est pas l'avis de tout le monde....

Vauban, pour sa part, avait suggéré la création d'une monnaie unique pour les Etats de la Chrétienté. A ce point visionnaire – anticipant une des “problématiques majeures” du 21 ème siècle - cet homme dont célèbre actuellement le tricentenaire de la mort ?

"Soyons honnêtes. La Turquie n'est pas prête à devenir membre de l'UE et l'UE n'est pas prête à accepter la Turquie comme membre. Ni demain, ni après-demain", a déclaré José Manuel Barroso au journal grec Kathimerini. Le président de la Commission européenne appelle toutefois les Etats membres à ne pas fermer pour autant la porte au nez des Turcs, aussi “sublime” pourrait-elle être.

"Personnellement, je crois que c'est une question de crédibilité pour l'UE (....) Je voudrais demander à la France et à tous les Etats membres de ne pas revenir sur la décision que nous avons prise ensemble et de poursuivre les négociations", a-t-il ajouté. En raison de la politique d'Ankara envers Chypre, les discussions sont gelées sur huit des 35 chapitres en négociation

Pour rappel, le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, s'est déclaré hostile à une adhésion de la Turquie à l'Union et les relations entre les deux pays ne semblent pas particulièrement être au beau fixe, ... au détriment de Peugeot, Renault, et notamment Veolia, bien implantés dans le pays ?

Les relations euro-turques avaient été mises à l'épreuve en juin lorsque Nicolas Sarkozy avait bloqué l'ouverture du chapitre sur la politique monétaire, malgré un avis favorable de la Commission européenne.

Dans une interview cette semaine à l'hebdomadaire allemand « Die Welt », le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn, demandait à Ankara d'accélérer les réformes après les élections législatives afin de relancer les discussions sur son adhésion. "L'an dernier, le processus de réforme s'est ralenti. Après les élections législatives, nous attendons de la Turquie qu'elle relance ce processus et qu'elle fasse des progrès en direction de l'UE", a-t-il dit.

Si le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait marqué un point majeur lorsque son gouvernement avait lancé les négociations concernant l'adhésion de la Turquie à l'UE, deux ans après, cet important projet de modernisation est absent de ses discours électoraux. M. Erdogan et son parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) sont confrontés aux critiques de l'opposition qui l'accuse d'avoir "cédé" aux exigences de l'Union européenne dans un pays où la population est excédée par les hésitations européennes.

Aux yeux d'Ankara, Bruxelles "est déterminé à mettre de côté sa demande (d'adhésion) pour l'éternité", a récemment écrit Andrew Finkel, un journaliste américain résidant depuis plusieurs années en Turquie.
"Pour cette raison, aucun parti au gouvernement ne peut se vanter d'avoir rempli le formulaire pour entrer dans un club qui lui rit dans le dos", dit-il.

La recrudescence des violences provoquées par les séparatistes kurdes dans le sud-est du pays a par ailleurs renforcé la main de l'opposition nationaliste qui affirme que les demandes européennes en faveur de davantage de droits pour la minorité kurde attisent la rébellion armée.

Vaubanmonnaie Source : AFP

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2 Commentaires

  1. 1

    gugus

    J'admire la patience des turcs, parce qu'ils doivent avoir sérieusement l'impression d'être pris pour des imbéciles ...

  2. 2

    Francis

    Patience des turcs ? Pas si simple !

    Les turcs sont bien entendu tout autant divisés que les différents pays européens: l'UE y est aussi un bouc émissaire pour la conquête du pouvoir.

    La turquie a ses qualités propres (civilisation, économie florissante, moralité, tolérance religieuse, laicité...) et des défauts spécifiques (assassinats politiques, coups d'états militaires, réformes arrêtées, lourd héritage de l'empire ottoman...).

    Les inconvénients géopolitiques balancent les avantages.

    La Turquie adhére aux droits de l'homme et n'est pas une théocratie absolue religieuse où les femmes n'ont pas d'existence (elles votent des décennies avant les françaises): la Turquie est à ces égards plus européenne que l'état du Vatican (sans parler de la Biélorussie).

    Vouloir entrer dans l'europe n'est pas simple et quand on y est ce n'est pas plus simple !

    Il faut autant de patience après qu'avant, nous y sommes tous admirables!

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