Zone euro: hausse de la masse monétaire M3 plus forte que prévue

Zone_euroLa masse monétaire M3, indicateur avancé d'inflation en zone euro, a augmenté en mai de manière plus forte que prévue par les économistes, selon des chiffres provisoires publiés jeudi. Pour mémoire, cet indicateur agrège l’ensemble de l'argent disponible immédiatement ou à très court terme pour l'achat de biens.

Le phénomène ne peut que conforter les prévisions d'une nouvelle hausse prochaine des taux directeurs.

La Banque centrale européenne vient d’annoncer que le résultat de l'agrégat a augmenté de 10,7% en mai sur un an, après 10,4% en avril. Les économistes interrogés par l'agence financière Thomson Financial News misaient dans leur consensus sur une augmentation de 10,5% en mai. Les dépôts à court terme ont fait gonfler la masse monétaire, tandis que la croissance de la monnaie en circulation a légèrement marqué le pas, détaille la BCE.

Sur une période de trois mois, jugée plus significative car elle permet de lisser les fluctuations, l'agrégat a aussi augmenté de 10,7% en mars/mai sur un an après une progression de 10,4% en février/avril. Les crédits au secteur privé en zone euro ont progressé de leur côté de 10,3% en mai (en valeur glissante sur un an). La progression demeure identique à celle observée au mois d’avril, conformément aux prévisions des analystes.

Même si la fiabilité de M3 en tant qu'indicateur d'inflation à venir est remise en cause, y compris dans les rangs de la BCE, la nouvelle hausse de l'agrégat en mai apporte un argument de plus aux partisans de nouvelles hausses de taux au sein du conseil des gouverneurs. La progression toujours soutenue des crédits reste aussi un sujet d'inquiétude pour les banquiers centraux. La Commerzbank table ainsi sur deux nouvelles hausses de taux d'un quart de point en septembre et en décembre. Pour rappel, la BCE a déjà procédé à huit relèvements de taux depuis décembre 2005. La dernière date de juin. Le principal taux est désormais à 4%.

Source : AFP

 

5 Commentaires

  1. 1

    Jean-Philippe GREGOIRE

    Reprise de l'inflation ; hausse de la masse monétaire ; progression des taux directeurs ; endettement des ménages ; coup d'arrêt à la hausse de l'immobilier, etc.

    Mais ça sent la crise économique tout ça !

    Manquerait plus que les chinois trébuchent...

  2. 2

    el gringo

    Le monde change et les grilles de lecture aussi. Le M3 est même remis en cause en interne par la BCE en raison de son manque de pertinence dans le marché actuel de plus en plus financier et volatil et de moins en moins monétaire au sens premier du terme (monnaie physique).
    http://www.romandie.com/infos/news2/200705301117000AWP.asp

    Les risques liés aux crédits connaissent aussi depuis quelques années d'importantes évolutions avec entre autres les dérivés de crédit dont le but est de s'assurer (ou de spéculer cela depend d'où l'on se place) sur le risque d'un crédit. L'encours des dérivés de crédit atteignait près de 26.000 milliards de $ fin 2006 contre 9.000 fin 2005 représentant environ 1/4 du total des crédits dans le monde.
    http://en.wikipedia.org/wiki/Credit_derivative
    http://www.bankofcanada.ca/fr/revue/2000/r005-fa.html

    La masse monétaire, dans sa définition large (M3 : liquidités, comptes sur livret, dépôts à terme et titres de créances négociables), continue d’augmenter à un rythme annuel supérieur à 10%, et la distribution de crédit reste soutenue : si les particuliers sont moins demandeurs (notamment pour leurs achats immobiliers, en nette régression), les entreprises réclament (et obtiennent) des encours élevés, tout particulièrement pour financer des acquisitions de plus en plus spectaculaires.

    La BCE continue de considérer la forte hausse de la masse monétaire comme potentiellement inflationniste, sans y accorder toutefois de facteur panique – alors que dans la théorie classique, l’équilibre serait aujourd’hui atteint avec une hausse d’environ 4,5%, correspondant au taux de croissance majoré du taux d’inflation. Les théoriciens contemporains estiment que dans une économie financière, comme la nôtre, il n’y a plus de monnaie – au sens d’actif non rémunéré qui est obligatoirement utilisé dans les transactions, et dont l’offre est contrôlée par l’Institut d’émission. De nos jours, billets et espèces ne représentent plus que 7,5% environ de la masse monétaire M3, le solde étant constitué d’actifs de court terme rémunérés et directement utilisables (ou quasiment) dans le règlement des transactions. Si bien que la BCE, comme ses homologues, n’a plus le contrôle de la quantité de monnaie, selon la définition de M3. Force est de reconnaître, en tout cas, que la forte expansion de la masse monétaire, en Europe comme aux Etats-Unis, n’a pas provoqué l’inflation des prix à la consommation que l’on aurait redoutée en d’autres temps, et probablement observée. En revanche, il n’a échappé à personne que la valeur des actifs, financiers et immobiliers, s’est considérablement appréciée : il faut bien que cette masse (trop ?) importante de liquidités s’investisse quelque part…

    Pour la Chine, la taille et l'ouverture des marchés aux ivestisseurs étrangers limité à 10% ne représentent pas un grand risque.

  3. 3

    Elisabeth

    "Mais ça sent la crise économique tout ça !
    " : pour certaines grandes entreprises , c'est dejà le cas ...

    pendant que les étangers attaquent les derniers bastions

  4. 4

    Albert

    la chine court d'autres risques : ne pas pouvoir payer les retraites de ses fonctionnaires

    explosion sociale possible à la clé

    risque sur les investissements en Chine

    etc

  5. 5

    el gringo

    Le montant des retraites en Chine ne représente que 2% du PIB (PIB qui croit toujours de 9% par an). Les retraites chinoises ne sont donc pas en péril à court ni à moyen terme en raison de leur faible montant et du mode de retraite (répartition et capitalisation car en effet il existe des fonds de pensions en Chine mais sous contrôle de l'état). L'âge moyen en Chine est de 32 ans à comparer au 38 en France et les personnes de plus de 65 ans ne représente que 7% de la population contre 16% en France alors que les moins de 15 ans sont 22% en Chine contre 19% en France. L'âge de la retraite est récemment passé de 50 à 55 ans pour les ouvriers et de 55 à 60 ans pour les employés et les cadres. Actuellement, moins de 23% de la main d'œuvre est couverte par un régime de retraite public (15% bénéficient des services du système de base, 3% sont couverts par les caisses de retraite des fonctionnaires et 5% environ par les systèmes ruraux personnalisés). 60% de la population vit dans les campagnes et leur retraite sera sans doute le moins enviable.
    La Chine reste néanmoins un pays jeune et en pleine croissance. La politique de l'enfant unique montrera réellement ses effets vers 2030 mais le montant des retraites est et restera bien inférieur à ceux des pays occidentaux ce qui limitera les besoins et les risques.
    http://www.hec.fr/eurasia/upload/newsletter_demogChine.pdf

    Les investissements en Chine sont surtout le fait des chinois et les investissements étrangers restent très controlés. La Chine reste un pays communiste qui a lancé son 11° plan quinquennal (2006-2010) avec 12.000 milliards de Yuan d'investissements en 5 ans soit 1.200 milliards d'euros à mettre en rapport avec les 60 milliards d'euros d'investissements étrangers souvent réalisés dans le cadre de coopérations nationales.

Ajoutez un commentaire

Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.

elle ne sera pas publiée