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SFR : manifestation/soutien de Ségolène Royal à Toulouse

Segolne_sfrQuelque 250 salariés de l'opérateur de téléphonie mobile SFR ont manifesté jeudi contre le projet d'externalisation de trois centres d'appels employant 1.900 salariés et ont reçu le soutien de Ségolène Royal, en visite à Toulouse.

Les syndicats demeurent d'autant plus vigilants que l’objectif ultime pourrait être pour l’opérateur de  rester – officiellement – conforme aux valeurs éthiques affichées face au grand public et de "transférer" le personnel (via l’application de l’article L122.12) chez des sous-traitants qui pourraient plus "discrètement"  se séparer à terme des nouveaux arrivants.

"Notre position est toujours la même, c'est-à-dire le refus du projet d'externalisation comme préambule car il n'est pas question de discuter avec un pistolet sur la tempe", a déclaré Denis Chourreau au nom de l'intersyndicale CFTC-CFDT-FO-CGT-UNSA-SUD des grévistes SFR du site de Toulouse. "Il n'y a pas de raison pour que l'on se démobilise, cela fait presque un mois qu'on est tous solidaires. On continue de parler de SFR, de Vivendi, de leurs milliards de bénéfices et de leur politique sociale un petit peu décalée par rapport à ces bénéfices-là", a-t-il ajouté.

Les grévistes ont reçu le soutien de Ségolène Royal, en visite à Toulouse pour épauler les candidats PS aux élections législatives. "On fait croire que les emplois ne sont pas supprimés mais en fait, petit à petit, ils passent dans des systèmes de sous-traitance avec la perte des acquis sociaux et d'un certain nombre de droits. Vous avez raison de vous mobiliser", a déclaré Ségolène Royal à l'aide d'un porte-voix.

"Aujourd'hui tous les salariés doivent être solidaires avec les salariés de SFR", a également déclaré Mme Royal sous les vivats des salariés SFR scandant "Ségolène avec nous".

Le cortège des salariés grévistes de SFR avait débuté un peu plus tôt dans les rues de Toulouse avec pour slogans "SFR gangster" ou "SFR trahison". Selon l'intersyndicale, la grève a été suivie à 90% par les salariés SFR du site de Toulouse.

Les syndicats s’inquiètent sur le fait que les emplois et acquis sociaux soient menacés à très court terme. Dans un communiqué adressé à l'AFP, l'ensemble des organisations syndicales du groupe SFR ont dénoncé le projet d'externalisation de 3 sites de relation clientèle (Toulouse, Lyon, Poitiers) représentant 1900 salariés. Selon les syndicats, le transfert envisagé aura pour conséquence pour les salariés concernés une baisse de rémunération de l’ordre de 40%, une perte des avantages sociaux, une dégradation des conditions de travail et, à terme, la mise en œuvre de délocalisations et donc des risques sur l’emploi en France.

Selon les délégués syndicaux CFTC, « ce projet a été mis en place par la Direction dans le plus grand secret en tenant les organisations syndicales à l'écart et en bafouant les accords signés récemment pour pérenniser nos emplois ». Pire, selon les représentants du personnel,  « cette décision s'apparente à un plan social qui ne dit pas son nom et que ne souhaite pas assumer SFR. Elle fera porter le sale boulot par les sous-traitants. »

En effet, selon les informations communiquées par les délégué(e)s CFTC, c'est Infomobile (filiale de Teleperformance) et non directement Teleperformance qui reprendra les salariés. Le syndicat redoute dès lors que cette entreprise de taille beaucoup plus réduite n'ait pas les reins assez solides pour supporter la masse salariale à moyen terme. Il subodore que SFR « paye le prix » pour maintenir l’emploi de ses anciens salariés durant 1 à 3 ans pour laisser par la suite la porte ouverte à toute sorte de licenciement ou de suppressions d’emplois. Il estime ainsi être en présence d’un plan social déguisé.

Selon le syndicat, le  "procédé" utilisé permettrait  ainsi à SFR de préserver son image d'entreprise citoyenne face à ses clients grands publics, les licenciements n’étant pas directement opérés par le  groupe télécom, mais par Téléperformance, voire même une des filiales de cette dernière. De plus, il n’est pas totalement irréaliste de penser que TP envisage de recourir rapidement à la délocalisation, alors que le Maroc redouble d’offres alléchantes pour attirer les « clients » dans son nouveau centre « offshore » ouvert récemment et baptisé Casashore.

Face à la situation, le CCE du groupe SFR a lancé un droit d’alerte. La résolution votée à l’unanimité souligne que la direction « présente son projet comme une manifestation de l’esprit GPEC (accord sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences du 12 octobre 2006), alors même qu’à aucune des réunions de la commission relations clientèles mise en place par l’accord il n’a été fait mention des faits ou perspectives qui aujourd'hui justifient l’externalisation. » Les élus voient dans cette annonce une « trahison » des engagements pris au titre de l’accord GPEC, qui prévoyait « le maintien d’une stabilité globale des effectifs du Groupe SFR à compter de la signature du présent accord ».

Les syndicats rappellent par ailleurs que le groupe SFR a réalisé en 2006 un résultat net de 1,7 milliard d’euros pour 8,6 milliards de chiffre d’affaires, une des rentabilités les plus élevées en France.

Ils notent également que Vivendi, actionnaire majoritaire de SFR, s’est engagé en 2004 à créer 2100 emplois durables en 5 ans dans des centres appels externes et dans des zones de reconversion en contrepartie d’un avantage fiscal (régime du bénéfice mondial consolidé accordé par le ministre d’état, ministre de l’économie et des finances de l’époque, Nicolas Sarkozy) évalué à 500 millions d’euros par an pendant 7 ans.

Sources : Miroir social, CFTC-SFR, UNSA-SFR, AFP

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Voici les sites qui parlent de SFR : manifestation/soutien de Ségolène Royal à Toulouse:

Commentaires

Elisabeth

14 juin 07 22:12:45

Les toulousians reconnaitront Martin Malvy, Pdt du Conseil Régional, juste derrière Ségolène Royal.


Elisabeth

14 juin 07 22:16:25

L'application de l'article L122.12 pose egalement pb , je vous en reparle demain

Par ailleurs, il semble que Infomobile soit assez prompt pour créer une "entite" regionale pour la refermer quelques années après ... apres "prises" de subventions au passage
Le Monopoly en quelque sorte ... cf à Bourges notamment



CCE

14 juin 07 22:51:57

LE comité central d'entreprise (CCE) de SFR a voté, jeudi 14 juin en session extraordinaire, le principe d'un référé auprès du tribunal de grande instance de Paris pour que le plan prévoyant le transfert de 1.900 salariés à des sous-traitants soit suspendu.

Frédéric Mahu de la CGT justifie cette décision par “le non-respect de l'accord de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) signé en octobre, qui prévoyait une stabilité globale des effectifs et une démarche d'anticipation".

Le 20 juin, le CCE se réunit une fois de plus en session extraordinaire pour “débuter l'information-consultation sur le plan d'externalisation", a annoncé la direction.


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