Brown : pas d'euro pour le Royaume-Uni pour l'instant

Euro_2007Le futur Premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré vendredi qu'il n'était pas actuellement dans les intérêts de la Grande-Bretagne de rejoindre la zone euro, sans en exclure complètement cette possibilité à plus long terme.

Dans une interview accordée au Financial Times à la mi-mai, Jean Claude Trichet, l’actuel président de la BCE, a réitéré son souhait de voir la Grande Bretagne intégrer prochainement la zone euro. Ses propos intervenaient alors que celui qui deviendra bientôt l’ancien ministre des Finances de Tony Blair, Gordon Brown, se montre opposé à l’euro, et soutient l’autonomie monétaire de la Grande Bretagne.

Même "s'il est une bonne chose d'avoir une union monétaire" en principe, les conditions ne sont actuellement pas réunies pour une entrée du Royaume-Uni dans la zone euro, a déclaré l'actuel ministre des Finances britannique, qui doit succéder le 27 juin à Tony Blair à Downing Street.

Quant à la perspective que ces conditions soient un jour remplies, M. Brown, réputé eurosceptique et qui avait fixé dès 1997 cinq critères de compatibilité pour une entrée du pays dans l'Euro, s'est contenté d'un: "C'est improbable cette année... C'est improbable l'an prochain."

Le gouvernement continuera, selon la voie qu'il s'est fixée, "à faire des études comme nous le faisons, à faire des recommandations au parlement, et si ces recommandations sont de ne pas entrer (dans la zone euro), alors nous n'entrerons pas." "En ce moment, notre position est qu'il n'est pas dans les intérêts de la Grande-Bretagne (d'entrer dans l'Euro), étant donné tous les problèmes auxquels nous ferions face pour entrer", a-t-il répété.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, avait à nouveau plaidé à la mi-mai pour une entrée de la Grande-Bretagne dans la zone euro, dans une interview au Financial Times.

“Nous incitons tous le Royaume-Uni à entrer dans la zone euro. Je dirais simplement au Royaume-Uni que le marché unique auquel il est étroitement lié ne fonctionne pleinement qu'avec une monnaie unique", a déclaré le président de la BCE.

“Imaginez une seconde que vous êtes aux Etats-Unis et que les monnaies diffèrent entre le Massachusetts, la Californie, la Floride et l'Alaska, que verriez-vous vraiment: un marché unique aux Etats-Unis? Mon argumentation n'est pas plus compliquée", a-t-il ajouté.

La Grande-Bretagne ne souhaite pas rejoindre la zone euro car le pays a engagé des réformes monétaires structurelles, dont elle est la seule à bénéficier. Il serait en effet difficile d’abandonner ces avantages au profit de l’euro. « Mais si vous regardez les chiffres, l'Irlande a une croissance supérieure. L'Irlande a un PIB par tête supérieur à la Grande Bretagne", observe-t-il.

Source : AFP

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