Airbus : Gallois veut boucler la vente des usines en juillet

Meaulte_airbus_ventes20070606La France serait elle devenue la nouvelle agence Century 21 d'Airbus, comme le suggère non sans humour Marina Lensky, déléguée centrale CFTC au comité européen du constructeur aéronautique ?

Tel semble être le cas, puisque le président de l'avionneur, Louis Gallois vient de déclarer à un quotidien allemand qu'Airbus comptait choisir en juillet prochain les acquéreurs des usines qu'il met en vente dans le cadre de son plan de réduction de coûts.

« Nous voulons boucler le choix des candidats en juillet et signer des accords de principe", ainsi annoncé Louis Gallois, également co-président exécutif d'EADS, la maison-mère de l'avionneur dans la presse allemande. « Nous avons un candidat pour chacune des usines", a-t-il ajouté dans un entretien publié samedi par le Hamburger Abendblatt.

Une source proche du dossier a déclaré jeudi que le fabricant américain de fuselages d'avions Spirit AeroSystems, ex-filiale de Boeing, convoitait plusieurs sites d'Airbus. L'allemand Käfer Group discuterait également avec l'avionneur européen de la reprise d'une usine, selon un porte-parole la société.

Pour rappel, le deuxième volet du plan de réorganisation de l’avionneur concerne notamment trois usines qu’Airbus veut céder et trois autres pour lesquelles l’avionneur souhaite trouver des « partenaires ». Dans le cadre du plan "Power 8", ce sont les sites français de Méaulte et de Saint-Nazaire qui sont concernés par une vente totale ou partielle. De source syndicale, on a confirmé que Latécoère, le britannique GKN, l'américain Spirit et Segula ont fait acte de candidature. « La direction nous a confirmé l'existence de quatre ou cinq partenaires industriels candidats à la reprise des différents sites européens d'Airbus concernés par ce plan », a déclaré à Reuters Marina Lensky, déléguée centrale CFTC.

Pour les trois sites d'Allemagne, Spirit, MT Aerospace, Stork, Edag, Zodiac, REC-Aero et Class Voight sont sur les rangs. Pour le site britannique de Filton, il s'agit de GKN, Spirit, Stork et Saab.

"La direction nous a présenté des mesures sociales très précises, que nous connaissions déjà en partie, assorties de délais de mise en place ainsi que des délais concernant la cession de ces sites, baptisée "projet Zéphir" par la direction. Sur l'ensemble, nous restons extrêmement réservés" a précisé pour sa part à Reuters Gilbert Plo, délégué syndical CFTC.

"En ce qui concerne Airbus Central Entity, c'est à dire le siège social d'Airbus à Toulouse, les suppressions d'emplois concernent 964 postes. Pour Airbus France, ce chiffre est de 3.161 dont 2.168 suppressions de postes à Toulouse, plus 137 sur le site de Toulouse Saint-Eloi, au centre ville. 295 suppressions à Nantes, 369 à Saint-Nazaire et 192 à Méaulte", a-t-il rappelé.

« Le choix du partenaire final devra être fait d'ici à la fin juillet et nous avons jusqu'à la fin juin pour aboutir à des négociations avec ces partenaires potentiels », précise Marina Lensky. « D'une manière générale, nous trouvons que tout va trop vite en ce moment pour la mise en place de Power 8. Certes, on ne peut pas arrêter un train en marche, mais nous sommes vraiment debout sur les freins », explique Marina Lensky.

De son côté, Jean-François Knepper, délégué central FO, syndicat majoritaire à Airbus, a réaffirmé son « refus » de voir ces sites vendus. Même son de cloche du côté de la CGT où Xavier Pétrachi, délégué central, a déclaré : « La direction a confirmé la vente de Méaulte (Somme) à laquelle nous nous opposons toujours ».

Pour tenter d’avancer sur ce dossier, syndicats et direction d’Airbus se sont réunis cette semaine à Toulouse dans le cadre d'un Comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire.

Marina Lensky, jointe par le blogfinance tient par ailleurs à rappeler les différentes problématiques liés au dossier. A savoir tout d'abord que le partage des charges entre les différents pays doit se faire selon le respect des répartitions suivantes : 35% pour la France, 35% pour l'Allemagne, 20 % pour le Royaume-Uni et 10% Espagne. Sur ce partage, la direction a comme objectif de faire 50% de sous-traitance, contre 75% de mémoire chez Boeing. Cela revient donc à une part revenant à AIRBUS France de seulement 17.5% des activités, et notamment de celles concernant l'A350.

Le fait de garder les activités de ces usines en France impliquerait un dépassement de ce taux, conduisant pour corriger à exercer des activités de sous-traitance dans d'autres domaines ou de modifier la part dévolue à la France.

Pour la CFTC, la priorité est de maintenir l'emploi en France", même si cela en passe par un partenariat fort, avec un partenaire fort. Pour le syndicat, « il est strictement exclu qu'un partenaire étranger soit choisi ». La piorité n° 2 est de garder l'emploi et la technologie à la pointe sur Méaulte ". Cela peut donc impliquer de s'associer, estime le syndicat. La priorité 3 consiste à "garder Méaulte dans le giron AIRBUS" mais uniquement si les deux premiers points sont assurés. Dans le cas contraire, l'objectif absolu est de garder AIRBUS majoritaire.

Selon la CFTC, les investissements nécessaires pour avoir l'usine de Méaulte à la pointe doit être multiplié par 3. « Avec la solution d'un partenaire fort nous pouvons faire intervenir des fonds nationaux pour la recherche », précise le syndicat.

En contrepartie, la CFTC négocie à l'heure actuelle le "maintien absolu du niveau social et du statut", la "garantie d'emploi pendant 20 ans", et la"garantie de non délocalisation pendant 20 ans". Aujourd'hui, les salariés de Latécoère devraient bénéficier d'intéressement et de participation... l'entreprise ne semble donc pas être dans une situation difficile, précise le syndicat.

Sources : AFP, Reuters, Usine Nouvelle

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