Le président de la Banque nationale suisse, Jean-Pierre Roth a exclu mardi toute adoption à l'euro par la Confédération helvétique, sans passer par l'adhésion à l'UE.
Depuis son introduction en janvier 2002 jusqu’à aujourd’hui, le taux de change de l’euro face au franc suisse est passé de 1 franc 47 à près de 1 franc 65, soit une augmentation de 18 centimes.
Dans une interview parue mardi dans le magazine bancaire suisse "Private Banking", M. Roth estime qu'envisager la Suisse en train d'adopter l'euro sans adhérer à l'UE est de la "pure politique-fiction".
Selon lui, les marchés financiers n'anticipent pas une éventuelle adhésion avant 10 ans, car "cela se verrait sur les taux longs". "Non, ce n'est absolument pas dans les cartes", a-t-il poursuivi.
Concernant la faiblesse du franc suisse, M. Roth indique être "préoccupé" par le fait que "les tendances du marché ne reflètent pas les fondamentaux de notre économie". "On doit s'interroger, car il y a quelque chose qui ne colle pas, et un rééquilibrage est donc à craindre", a-t-il averti.
Si un franc suisse meilleur marché que l’euro favorise l' industrie d’exportation helvétique, et donc son économie et ses emplois, l’euro plus cher que le franc suisse pénalise le pouvoir d’achat des consommateurs suisses faisant leur course en France voisine et voyageant dans l’Union européenne (UE). Sans compter les travailleurs frontaliers, de loin les plus pénalisés, avec un salaire qui fond de mois en mois.
Source : AFP, Tribune de Genève
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