Alors que l’opérateur de téléphonie mobile SFR a présenté mercredi aux syndicats, lors d'un comité central d'entreprise, un projet de transfert de trois de ses centres d'appels, à deux sous-traitants qui s'engagent à maintenir les emplois pendant trois ans, les syndicats de SFR s’interrogent sur le devenir des 1900 salariés qui vont être transférés à la sous-traitance.
Les faits laisseraient paraître que l’objectif ultime pourrait être pour l’opérateur de rester – officiellement – conforme aux valeurs éthiques affichées face au grand public et de "transférer" le personnel (via l’application de l’article L122.12) chez des sous-traitants qui pourraient plus "discrètement" se séparer à terme des nouveaux arrivants.
Les salariés du Service Client SFR vivent aujourd'hui une actualité sociale des plus préoccupante. En effet, 1900 postes vont être transférés à la sous-traitance. Mais le chiffre devient encore plus frappant si l’on précise qu’ils représentent 25 % de l'effectif global de SFR.
Les syndicats s’inquiètent sur le fait que les emplois et acquis sociaux soient menacés à très court terme. Dans un communiqué adressé à l'AFP, l'ensemble des organisations syndicales du groupe SFR dénoncent le projet d'externalisation de 3 sites de relation clientèle (Toulouse, Lyon, Poitiers) représentant 1900 salariés. Depuis l’annonce du projet, 90% des salariés en poste sur les sites concernés sont en grève, suite à des assemblées générales.
Selon les syndicats, le transfert envisagé aura pour conséquence pour les salariés concernés une baisse de rémunération de l’ordre de 40%, une perte des avantages sociaux, une dégradation des conditions de travail et, à terme, la mise en œuvre de délocalisations et donc des risques sur l’emploi en France.
Dans ce contexte, les organisations syndicales démentent négocier quoi que ce soit, refusent le projet et exigent le maintien des emplois dans le Groupe SFR.
Selon les délégués syndicaux CFTC, « ce projet a été mis en place par la Direction dans le plus grand secret en tenant les organisations syndicales à l'écart et en bafouant les accords signés récemment pour pérenniser nos emplois ». Pire, selon les représentants du personnel, « cette décision s'apparente à un plan social qui ne dit pas son nom et que ne souhaite pas assumer SFR. Elle fera porter le sale boulot par les sous-traitants. »
En effet, selon les informations communiquées par les délégué(e)s CFTC, c'est Infomobile (filiale de Teleperformance) et non directement Teleperformance qui reprendra les salariés.
Le syndicat redoute dès lors que cette entreprise de taille beaucoup plus réduite n'ait pas les reins assez solides pour supporter la masse salariale à moyen terme. Il subodore que SFR « paye le prix » pour maintenir l’emploi de ses anciens salariés durant 1 à 3 ans pour laisser par la suite la porte ouverte à toute sorte de licenciement ou de suppressions d’emplois. Il estime ainsi être en présence d’un plan social déguisé.
Selon le syndicat, le "procédé" utilisé permettrait ainsi à SFR de préserver son image d'entreprise citoyenne face à ses clients grands publics, les licenciements n’étant pas directement opérés par le groupe télécom, mais par Téléperformance, voire même une des filiales de cette dernière.
De plus, il n’est pas totalement irréaliste de penser que TP envisage de recourir rapidement à la délocalisation, alors que le Maroc redouble d’offres alléchantes pour attirer les « clients » dans son nouveau centre « offshore » ouvert récemment et baptisé Casashore.
Selon les syndicats, le groupe Teleperformance ne serait pas totalement « hostile » à l’utilisation de pratiques permettant de procéder en plusieurs étapes, en vue « d’optimiser » les résultats de l’entreprise. A savoir : ouverture d’un site via l’octroi de subventions acquises par la reprise de personnel, création d’emploi/création d’entreprise, fermeture du site dans les trois années qui suivent puis délocalisation au Maroc, en Inde, Tunisie, etc....
Face à la situation, le CCE du groupe SFR a lancé un droit d’alerte. La résolution votée à l’unanimité souligne que la direction « présente son projet comme une manifestation de l’esprit GPEC (accord sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences du 12 octobre 2006), alors même qu’à aucune des réunions de la commission relations clientèles mise en place par l’accord il n’a été fait mention des faits ou perspectives qui aujourd'hui justifient l’externalisation. »
Les élus voient dans cette annonce une « trahison » des engagements pris au titre de l’accord GPEC, qui prévoyait « le maintien d’une stabilité globale des effectifs du Groupe SFR à compter de la signature du présent accord ».
Les syndicats rappellent par ailleurs que le groupe SFR a réalisé en 2006 un résultat net de 1,7 milliard d’euros pour 8,6 milliards de chiffre d’affaires, une des rentabilités les plus élevées en France.
Ils notent également que Vivendi, actionnaire majoritaire de SFR, s’est engagé en 2004 à créer 2100 emplois durables en 5 ans dans des centres appels externes et dans des zones de reconversion en contrepartie d’un avantage fiscal (régime du bénéfice mondial consolidé accordé par le ministre d’état, ministre de l’économie et des finances de l’époque, Nicolas Sarkozy) évalué à 500 millions d’euros par an pendant 7 ans.
Sources : Miroir social, CFTC-SFR, UNSA-SFR, AFP
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5 Commentaires
1
http://sfrencolere.canalblog.com/
Blog Officiel des salariés de SFR Service Client
26 mai 2007 à 12:142
Pour soutenir les salariés vous pouvez consulter ce blog :
http://haarweyn.unblog.fr/
27 mai 2007 à 13:523
Encore une entreprise d'un grand groupe qui veut encore plus d'euros en sous payant ses employés, que du liceciement déguisé, de la précarité pour les 1900 salariés. en 1er SFR la carte, en second le 7 de cegetel, SFR abonement, ensuite le réseau et l'informatique, à qui le tour mais la ce n'est pas la française des jeux, tu gangnes pas plus. travailler plus pour gagner moins, politique de Mr LEVY.
27 mai 2007 à 14:064
Sarkozy avait inventé le concept du "trailler plus gagner plus" et bien les fonds de pension et le libéralisme ambiant ont inventé le nouveau concept "travailler plus pour gagner moins".
29 mai 2007 à 20:57Quelle honte !
Et dire que ce sont des vieux cons qui appartiennent à ces fonds de pension car ils ont peur pour leurs petites économies. Alors pour ne pas perdre leurs pécules, il vaut mieux appauvrir ceux qui travaillent et les laisser dans la précarité. N'oubliez pas, que 82 % des plus de 75 ans ont voté pour un mec qui mesure 1,58 m. Lui, il nous disait qu'il était pour la France qui se lève tôt. Sûrement que vous devez vous levez trop tard. Alors mes chers salariés, n'ayez pas peur d'aller le voir lors d'un de ces meetings. Pas de pitié pour tous ces cons qui nous gouverne et qui se moquent bien de vous. Foutez le bordel partout où vous le pouvez et que l'on vous entende. Il n' y a que ce moyen qui marche en FRANCE pour se faire entendre.
Je suis de tout coeur avec vous et n'oubliez jamais une chose : le pouvoir appartient au peuple.
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TRAVAILLER PLUS ?????
30 mai 2007 à 10:39Ce slogan a fait le bonheur de SARKOSY and co .Mais pour mettre cette loi en oeuvre les députés UMPISTES prennent du "nurofen".
Première difficulté: la loi va faire de très nombreux déçus.Il s'agit de dégrever de cotisations sociales et d'impots les heures sups,la mesure ne touchera pas les travailleurs à TEMPS PARTIEL qui font des heures, COMPLEMENTAIRES et NON SUPPLEMENTAIRES .Le correctif destinée à en limiter les effets provoquerait >.
En clair,les employeurs subventionnés (sans cotisations,les heures sups sont moins chères) risquent de licencier .
Mais du coup les salariés les plus pauvres seraient exclus de la mesure emblématique du quinquénat?
De plus on ne sait même pas combien d'heures sups sont effectuées en France:270millions? 600 millions ?La facture de la mesure se révèle donc Hypothétique :de 4 à 5 millions d'€.
Une concertation avec les partenaires sociaux est indispensable mais seront ils écoutés,pris aux sérieux par le marathonien décideur des ministères qui change d'avis aussi vite que l'on change de chaine de télé .
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