Le président du groupe espagnol de construction Sacyr Vallehermoso, Luis del Rivero, qui a lancé une offre publique d'échange sur le numéro 3 français du BTP Eiffage, a affirmé lundi qu'il n'était pas dans ses intentions de "démanteler" le groupe français ni d'opérer "une fusion".
Les relations sont loin d'être au beau fixe entre les deux groupes ces derniers temps. Si le premier coup avait été porté par Jean-François Roverato, président d'Eiffage, en refusant cinq sièges au conseil d'administration à Luis del Rivero, dont le groupe détient 33,2% des actions d'Eiffage, le groupe espagnol a répondu par une estocade en déposant un projet d'OPE sur le groupe français, dont l'AMF doit apprécier la recevabilité.
"Je n'ai jamais parlé de fusion", a insisté le PDG de Sacyr, jugeant au contraire qu"une fusion serait dangereuse pour l'emploi", ce qui serait le cas si "Eiffage venait à fusionner avec Vinci", groupe français numéro 1 mondial de construction-concessions, a-t-il ajouté. "Avec notre offre, cela n'arrivera pas", a affirmé Luis del Ribero devant un groupe de journalistes au siège de son groupe à Madrid. Reste toutefois que les rumeurs de fusion entre Vinci et Eiffage ont été démenties par les deux groupes.
Il a insisté sur sa volonté, en cas de succès de son OPE, de "ne pas démanteler" Eiffage, mais de maintenir le groupe "français en France, coté à la Bourse de Paris" et de conserver "les salariés et les cadres français". "C'est pour cela que nous faisons une offre en titres et non en cash", a-t-il ajouté, "car dans le cas d'une offre en cash, nous ne serions plus associés avec les cadres et les salariés". Il a assuré qu'il avait proposé une "OPA", précisant : "une offre publique d'acquisitions en titres".
Evoquant ses relations difficiles avec M. Roverato, M. del Rivero a assuré qu'il ne "voulait pas rentrer dans des luttes personnelles", mais a-t-il dit, "c'est vrai, pour M. Roverato, ce n'est pas bon que nous soyons là". Mais "nous l'avons toujours prévenu avant de monter au capital", a-t-il dit ajoutant que "si on ne veut pas être acheté, il ne faut pas être en Bourse".
Quant à l'Autorité des marchés financiers (AMF) qui doit se prononcer sur l'OPE, "je crois qu'ils diront oui", a estimé M. del Ribero. "Nous avons fait une offre magnifique aux actionnaires français" pour "prendre le contrôle d'Eiffage, mais nous resterons une compagnie française", a-t-il précisé.
Pour rappel, des poursuites judiciaires ont été engagées de part et d'autre suite à l'assemblée générale d'Eiffage du 18 avril au cours de laquelle le bureau de l'AG a privé de leurs droits de vote 89 actionnaires espagnols accusés d'avoir agi de concert avec Sacyr.
Si Eiffage a déposé plainte devant le Tribunal de grande instance de Paris contre Sacyr et les groupes espagnols présents à son capital afin de dénoncer leur "action de concert", Sacyr a quant à lui assigné Eiffage devant le tribunal de commerce de Nanterre pour contester les décisions de la dernière assemblée générale.
La plainte déposée par Eiffage devant le TGI de Paris est basée sur deux fondements: "défaut de déclaration de franchissement de seuil et diffusion d'informations fausses et trompeuses, contre l'ensemble des co-auteurs ou complices des infractions afin qu'ils soient identifiés ou poursuivis", a indiqué Eiffage.
Lors de ladite assemblée, Sacyr Vallehermoso s'était vu refuser une nouvelle fois les cinq postes d'administrateurs qu'il réclamait au titre de ses 33,2% du capital. Dès le lendemain, le groupe espagnol de construction et d'immobilier lançait une offre publique d'échange (OPE) valorisant son offre à 6,5 milliards d'euros, proposant d'échanger cinq actions du français contre 12 actions Sacyr de nouvelle émission. A la suite, Eiffage contre-attaquait: un conseil d'administration décidait, à l'unanimité, de refuser l'offre de Sacyr, dénonçant une action de concert et annonçant qu'il allait porter plainte.
Dans une interview publiée dans le Figaro, M. Roverato, président d'Eiffage justifiait sa position par le fait que - selon lui - Sacyr n'est pas en état de réaliser les "synergies" entre les deux groupes qui en feraient "un acteur majeur de la construction" en Europe, le patron français estimant au contraire que Sacyr "apporterait ses dettes" tandis qu'Eiffage lui apporterait son savoir-faire.
De plus, selon J-F Roverato, "cette offre en titres n'est qu'un habillage, une façon pour Sacyr de couvrir sa prise de contrôle rampante d'Eiffage".
Pour rappel, Sacyr Vallehermoso est l'un des groupes espagnols du BTP/immobilier qui a connu la plus fulgurante ascension au cours des dernières années. En 2006, le groupe a investi 8,9 milliards d'euros dans diverses prises de participations en 2006, année qui a vu sa dette nette doubler, passant de 923 millions à 1,89 milliard d'euros.
Sources : AFP, Le Temps.ch, Le Figaro
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1 Commentaire
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bonjour,
21 mai 2007 à 01:18je suis un petit actionnaire du groupe, et je fais parti d'une entreprise du goupe eiffage.
j'ai du mal a comprendre que des mangeurs de tapas et des joueurs de golf vienne foutre le bazar dans le groupe ou vatons.
des gens comme ca il non pas de scrupule pour notre outil de travail pour eux c que le profit qu'il recherche
a bientot
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