Poutine félicite – enfin - Sarkozy

Chirac_putin_100203Mieux vaut tard que jamais ... alors que l'annonce du résultat du scrutin des élections présidentielles françaises a eu lieu dimanche 6 mai à 20 heures, il a fallu tout de même attendre mardi après-midi pour qu'enfin Vladimir Poutine félicite le candidat élu : Nicolas Sarkozy.

Il est vrai qu'entre temps la presse russe n'avait pas caché son inquiétude face à la politique que pourrait mener le nouveau Président de la République française, réputé très pro-Bush.

Vladimir Poutine a également envoyé un message au président sortant Jacques Chirac louant son rôle dans le développement des relations russo-françaises.

Le président russe Vladimir Poutine a adressé mardi à Nicolas Sarkozy un message de félicitations à l'occasion de son élection au poste de président de la République Française, rapporte le service de presse du Kremlin.

"La France a été et reste toujours pour la Russie l'un de ses partenaires essentiels tant dans la politique globale que dans les affaires européennes. D'une année à l'autre, nos liens économiques et commerciaux se resserrent toujours plus. Notre coopération culturelle et humanitaire, y compris en matière de promotion de la langue française en Russie et du russe en France, se développe sans marquer un seul temps d'arrêt. Un très haut niveau de confiance et de compréhension mutuelle s'est instauré dans les relations russo-françaises. J'associe à votre élection l'espoir de leur renforcement ultérieur", peut-on lire dans les principaux termes du message de Vladimir Poutine.

Le président de la Fédération de Russie a souligné qu'historiquement, la Russie et la France étaient liées par des rapports très solides, basés sur cette sympathie et ce respect réciproques que les Russes et les Français éprouvent depuis toujours les uns pour les autres.

Parmi les grandes priorités de la coopération bilatérale pour une proche perspective, le chef de l'Etat russe a évoqué le maintien d'une étroite action conjointe de la Russie et de la France au sein de l'Organisation des Nations Unies et de son Conseil de sécurité. "Je compte aussi sur le maintien par la France du rôle de "locomotive" dans le développement et le renforcement du partenariat stratégique entre la Fédération de Russie et l'Union européenne (UE), y compris à la lumière de la future présidence tournante de votre pays à l'Union européenne au second semestre de 2008", lit-on en substance dans le message du président de la Fédération de Russie.

"Profitant de cette occasion, je voudrais exprimer les sentiments d'amitié les plus sincères au peuple français et vous souhaiter plein succès dans vos activités pour le bien de la France", a indiqué dans son message de félicitations Vladimir Poutine.

“Les relations entre la France et la Russie ne devraient pas se détériorer avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française”, avait estimé auparavant le président du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) Sergueï Mironov.

"La rhétorique de la campagne électorale diffère clairement des agissements concrets des dirigeants du pays", a-t-il indiqué mardi, lors d'une conférence de presse à Moscou.

"Les relations entre la Russie et de la France sont un élément clé de la coopération entre l'Union Européenne et la Russie", a souligné M. Mironov. "Je ne crois pas qu'on puisse facilement changer ce qui a été construit pendant des dizaines d'années et qui profite à la coopération réciproque", a déclaré Sergueï Mironov.

Il était temps ! Plus de 36 heures après la publication des résultats de l'élection présidentielle en France, Vladimir Poutine n'avait toujours pas «félicité» son futur homologue, alors que les réactions continuaient d'affluer du monde entier.

Les relations entre Moscou et Washington étant des plus tendues, notamment en raison du projet américain de déploiement d'un bouclier antimissile près des frontières russes, toute déclaration favorable aux États-Unis est perçue comme étant anti-russe par le Kremlin, selon les analystes. Or Nicolas Sarkozy ne cache pas sa préférence pour la première puissance mondiale. Il y a quelques mois, il avait ainsi reproché à Jacques Chirac de «serrer la pogne de Poutine» et répliqué aux questions sur son penchant supposé pour l'Amérique en demandant si on s'attendait à ce qu'il soit un «admirateur de la Russie».

Durant la campagne, M. Sarkozy a à plusieurs reprises critiqué la Russie sur la guerre en Tchétchénie, un sujet extrêmement sensible pour Moscou.

Le quotidien Izvestia voit d'un très mauvais oeil le fait qu'il ait parmi ses conseillers le président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN Pierre Lellouche, «particulièrement malveillant à l'égard de la Russie». Une éventuelle nomination de M. Lellouche au poste de ministre des Affaires étrangères, même si elle est peu probable, serait «un scénario catastrophique pour la Russie», estime Izvestia.

Pour le quotidien, la position atlantiste de Nicolas Sarkozy rend notamment peu probable une réapparition du camp de la paix Berlin-Moscou-Paris contre la guerre en Irak largement inspiré par Jacques Chirac.

Pour certains politologues, les racines hongroises de Nicolas Sarkozy sont aussi perçues en Russie comme un mauvais signe, la Hongrie étant un ancien satellite de l'URSS passé dans l'UE et converti rapidement à l'Alliance atlantique.

Mais les relations économiques pourraient bien faire ”pencher la balance” .... La France devrait demeurer un important investisseur en Russie et la Russie devrait continuer à fournir des matières premières à la France», selon l'analyste Boris Kagarlitski, directeur de l'Institut russe des problèmes de globalisation.

Sources : Ria Novosti, AFP, Cyberpresse

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2 Commentaires

  1. 1

    el gringo

    Russie, Inde et Chine grandes absentes des priorités du président Sarkozy (experts russes)

    MOSCOU, 7 mai - RIA Novosti. La Russie, de même que l'Inde et la Chine, ne fait pas partie des priorités du nouveau président français, affirment les experts russes, estimant cependant que la coopération russo-française dans les domaines les plus importants sera maintenue.

    "Nicolas Sarkozy a décrit trois cercles de priorités en politique extérieure. Ni la Russie, ni l'Inde, ni la Chine n'y figurent", a déclaré Mme Evguenia Obitchkina, professeur à la chaire d'histoire et de politique des pays d'Europe et d'Amérique à l'Institut des relations internationales, lors d'une table ronde intitulée "Résultats de la présidentielle française vus de Moscou".

    Ces priorités sont l'UE, où Sarkozy souhaite débloquer le problème de la Constitution européenne, soutient le déploiement d'un système ABM près des frontières russes et s'oppose à l'adhésion de la Turquie à l'UE, ainsi que "la solidarité atlantique" avec les Etats-Unis, et les questions relatives à l'immigration et à la coopération régionale en Méditerranée et en Afrique.

    "La Russie n'étant pas mentionnée, Moscou se prépare à un travail difficile pour bâtir des relations avec la nouvelle administration française", a fait savoir Mme Obitchkina.

    "D'autre part, Sarkozy a été élu avec le concours du gros capital. Et l'on sait que les grandes sociétés souhaitent réaliser des investissements en Russie. Aussi est-il peu probable qu'il se permette d'abandonner les trois orientations les plus importantes de la coopération russo-française: l'aérospatiale (tirs à Kourou), la recherche nucléaire et les livraisons de gaz", a souligné Mme Obitchkina.

    Evoquant des propos désobligeants tenus par Sarkozy à l'égard de la Russie, Mme Kira Zouïeva, maître de recherche à l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, a déclaré qu'ils s'expliquaient par des considérations politiques. "Les déclarations antirusses faites par Sarkozy et les autres candidats pendant leur campagne électorale avaient pour but de gagner la sympathie des électeurs, car les tendances antirusses caractérisent une partie considérable de la société française", a-t-elle constaté.

    Analysant les raisons de la victoire de Nicolas Sarkozy au second tour, les experts russes ont souligné la bonne stratégie électorale qui avait uni la droite autour d'un seul candidat.

    "L'état-major de Sarkozy a travaillé comme un mécanisme bien huilé", a constaté M. Sergueï Fedorov, chercheur au centre des problèmes sociaux affilié à l'Institut de l'Europe près l'Académie des sciences de Russie. "Il a réussi à opérer une rénovation idéologique des forces de droite et à amener ses partisans à ne plus avoir honte d'être de droite", a-t-il souligné.

    http://fr.rian.ru/world/20070507/65060151.html

  2. 2

    Elisabeth

    Très clairvoyants les Russes ... vraiment ...
    ""Les déclarations antirusses faites par Sarkozy et les autres candidats pendant leur campagne électorale avaient pour but de gagner la sympathie des électeurs" : un des pb de Sarkozy va être celui_là , il a dit et promis beaucoup juste pour avoir des voix ... mais les gens l'attendent au tournant ... pour des paroles, qui, en se concrétisant ont des conséquences internationales .

    Sarko devrait re-lire le Cid .. ou Shakespeare ?

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