Après Thierry Gaubert, c'est désormais Patrick Ouart, proche de Nicolas Sarkozy et nommé jeudi conseiller du Président pour les affaires judiciaires, qui se défend sur sa mise en examen.
"On n'aurait pas parlé de cette affaire si je n'avais pas été nommé à l'Elysée. C'est une affaire dans laquelle il n'y a pas de plainte, pas de victime, pas de préjudice et où j'interviens dans le cadre strict des fonctions que j'occupais alors en qualité de secrétaire général de Suez ", a-t-il déclaré sur France info.
Patrick Ouart souhaite ainsi relativiser sa mise en examen depuis 2006 en Belgique dans le cadre d'une affaire d'intrusion informatique. Il tient par ailleurs à rappeler que selon la loi française et els éléments actuels contenus dans le dossier , il bénéficie de la présomption d'innocence.
L'hebdomadaire Capital a annoncé vendredi sur son site internet que Patrick Ouart, mis en examen depuis 2006, devait être jugé dans les mois qui viennent par le tribunal correctionnel de Bruxelles.
L'affaire remonte à 2004, alors que Patrick Ouart, ex-conseiller d'Edouard Balladur à Matignon, occupait le poste de secrétaire général du groupe Suez, explique Capital.
Le dossier concerne une présumée tentative d'espionnage industriel menée en février 2004 par le groupe français Suez sur sa filiale belge à 51% Electrabel. Les relations étaient alors tendues entre Suez et Electrabel, qui contribuait alors largement aux bénéfices de Suez. Suez affichait alors de très mauvais résultats et craignait une offre hostile du groupe espagnol Iberdrola. Suez a pris, à l'automne 2005, le contrôle total d'Electrabel.
En 2005, le groupe français est accusé d'« accès non autorisé à un système informatique et (de) tentative d’écoute illicite ». "Un mouchard découvert sur l'ordinateur d'un employé d'Electrabel, l'EDF belge filiale de Suez dans ce pays, avait à l'époque entraîné l'ouverture d'une instruction judiciaire. L'enquête avait ensuite démontré que Suez avait commandité des intrusions informatiques chez Electrabel", écrit quant à lui l'hebdomadaire.
Pour se défendre, l'un des "plombiers" aurait assuré qu'il était en mission afin de vérifier la fiabilité du système informatique et pour contrôler l'ordinateur d'un cadre suspecté de divulguer des informations confidentielles à l'extérieur.
En août 2006, le parquet de Bruxelles a confirmé qu'il comptait demander devant la chambre du conseil le renvoi en correctionnelle de la SA Suez et de cinq personnes physiques dans le cadre du dossier connu sous le vocable "Electragate", dont Patrick Ouart.
"Les infractions retenues par le parquet ressortent de la sphère informatique", avait alors précisé la subsitute Wenke Roggen. Il s'agit d'incitation au hacking pour Suez, un employé d'Electrabel et un employé de Suez, de hacking et d'interception de communications privées pour Suez et les cinq personnes physiques. Les peines prévues vont de six mois à cinq ans et une amende allant jusqu'à un million d'euros pour l'incitation au hacking, de six mois à un an et d'un maximum de 500.000 euros pour le hacking et d'un an à trois ans et d'un maximum de 250.000 euros pour l'interception de communications privées.
Les chefs d'inculpation d'abus de biens sociaux et de vols avec effraction, prononcés en cours d'instruction, n'ont pas été retenus par le parquet dans son réquisitoire, avait alors précisé Mme Roggen. Elle avait souligné qu'en cours d'enquête des commissions rogatoires avaient été menées en France. Selon le site www.bakchich.info, des perquisitions ont été ordonnées par le juge d’instruction Lutgen, dont une au domicile de M.Ouart, dont il "réchappe" néanmoins.
Mme Roggen n'avait pas voulu confirmer les noms de Jean-Pierre Hansen (numéro 2 de Suez) et de Patrick Ouart (ancien secrétaire général), mentionnés par L'Echo et De Tijd. Le parquet avait cependant signalé l'année dernière qu'ils figuraient parmi les inculpés. "Pour ma part, je ne citerai aucun nom", a dit Mme Roggen.
Lorsque l'affaire avait éclaté, M. Hansen, interrogé par les enquêteurs, n'avait pas nié s'être introduit de nuit en février 2004 dans les locaux d'Electrabel à Bruxelles avec trois informaticiens. M. Hansen, qui était au moment des faits président d'Electrabel et directeur opérationnel de Suez, avait expliqué qu'il avait voulu tester l'efficacité des systèmes de sécurité d'Electrabel.
Amusant tout de même de savoir qu'en 2003, Patrick OUART est nommé Secrétaire général de SUEZ et surtout déontologue du Groupe .. Il est ainsi en charge de la Direction juridique de Suez ainsi que de la direction des secrétariats des organes de direction du Groupe (conseil d'administration, comité de la stratégie, comité des rémunérations …). Il est également chargé des questions d'éthique et de corporate governance... tout un programme...
Ancien élève de l'Ecole Nationale de la Magistrature, Patrick OUART, 43 ans, a été magistrat au Tribunal de Grande Instance de Lille, à la Direction des Affaires Civiles, Conseiller technique auprès du Premier Ministre, Edouard Balladur, avant de rejoindre le groupe Suez Lyonnaise des Eaux en 1998.
Mais à la suite de cette « affaire » précitée, notre homme quitte très discrètement Suez et se fait embaucher chez LVMH où il est conseiller de Bernard Arnault, Président de LVMH. Arnaud Lagardère, Hubert Vedrine – un temps pressenti pour être le nouveau ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Fillon .. où plutôt du Président Sarkozy, sont quant à eux membres du Conseil d'Administration de LVMH.
A lire également :
. Thierry Gaubert, proche de Sarkozy soupçonné de détournements

3 Commentaires
1
Sur veolia et le gouvernement
http://www.bakchich.info/article1155.html
alors que Mestrallet est pro PS
la bourse va devoir rentrer ses "données" dans ses graphiques
19 mai 2007 à 19:592
ce qui devient interessant c'est que Sarkozy est "tiraille" entre Bouygues et Bolloré
il va devoir choir entre Suez et veolia ... etc, etc
19 mai 2007 à 20:053
ca en devient presque "mignon" ...
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Alain Juppé pense qu'aucune charge n'est retenue contre lui
Reuters 20.05.07 | 20h34
PARIS (Reuters) - Alain Juppé s'est déclaré à la disposition de la justice, tout en pensant qu'aucune charge n'était retenue contre lui dans l'affaire des chargés de mission de la ville de Paris, pour laquelle il a récemment été entendu comme témoin.
"Je suis un citoyen comme les autres. Lorsqu'on entend quelqu'un comme témoin c'est parce qu'a priori il n'y a pas de charge contre lui. J'ai fait mon devoir", a dit le nouveau ministre d'Etat chargé de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.
Alain Juppé a été entendu comme témoin mardi par la police financière dans le cadre d'une enquête portant sur des emplois présumés fictifs au cabinet de Jacques Chirac, à la mairie de Paris, dans les années 1980 et 1990, ont dit ses proches mercredi.
Il était interrogé en qualité d'ancien adjoint aux Finances de Jacques Chirac à la mairie de Paris (1983-1995) sur commission rogatoire de la juge d'instruction de Paris Xavière Simeoni.
Le dossier de la juge Simeoni, instruit depuis 1998, vise une quarantaine d'emplois présumés fictifs accordés à des personnalités RPR ou à leurs proches, au sein même du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris.
Cette affaire est susceptible de conduire à une audition de l'ancien président Jacques Chirac à partir du 16 juin, quand il perdra définitivement l'immunité pénale dont il a bénéficié durant ses douze années à l'Elysée.
"Le président a un statut quand il est président de la République. Quand il n'est plus président de la République, il est un citoyen comme les autres", a dit Alain Juppé au cours de cette même émission.
Prié de dire s'il trouvait normal que les juges auditionnent également Jacques Chirac, il a répondu: "Je pense que c'est l'application des textes et de la loi."
Alain Juppé a été condamné en décembre 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour "prise illégale d'intérêt" dans une autre affaire concernant la rémunération frauduleuse de cadres du RPR par la mairie de Paris.
20 mai 2007 à 22:01Ajoutez un commentaire
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