Opep : production inchangée malgré flambée du pétrole

Refinery_wideweb__470x3100Le ministre algérien de l'Energie et des Mines Chakib Khelil a exclu mercredi une augmentation de la production de l'OPEP pour freiner la hausse des prix qui avoisinent les 70 dollars le baril, leur niveau le plus élevé depuis neuf mois.

Pourtant, le cabinet spécialisé CGES a estimé dans son rapport mensuel publié lundi que la production actuelle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole était insuffisante et rendait probable une nouvelle hausse des prix du brut cet été.

I – L'Algérie contre une hausse de production de l'OPEP

« La flambée actuelle des prix du pétrole n'est pas due à l'insuffisance de l'offre", a estimé le ministre algérien de l'energie dans une déclaration à Londres, rapportée par l'agence algérienne pas, alors que M. Khelil participe dans la capitale britannique à une rencontre internationale sur l'énergie.

« L'OPEP ne peut intervenir pour un problème conjoncturel comme le recul de la production du Nigeria et décider d'augmenter la production des pays membres", a ajouté le ministre, qui est également vice-président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

Pour le ministre algérien, "la principale raison de la hausse actuelle des prix est le recul du stock des produits distillés, notamment l'essence, du fait de l'interruption du fonctionnement de certaines raffineries pour maintenance". "Le manque de produits distillés sera comblé par le redémarrage des raffineries qui ont suffisamment de réserves de brut, et le marché n'a pas besoin d'être approvisionné davantage", a-t-il poursuivi, en accusant "les spéculateurs d'avoir exploité les appréhensions autour des marchés pétroliers pour augmenter les prix".

II – Une étude de la CGES estime la production trop faible

La production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est insuffisante et rend probable une nouvelle hausse des prix du brut cet été, a estimé le cabinet spécialisé CGES dans son rapport mensuel publié lundi.

"Le monde a besoin de plus de pétrole que ce que l'Opep semble vouloir fournir et il va donc être difficile d'éviter une nouvelle hausse des prix du brut cet été", selon les experts du Centre for global energy studies. "L'Opep pense que des prix du pétrole supérieurs à 60 dollars le baril sont à la fois raisonnables et viables et elle semble déterminée à essayer de les maintenir à ce niveau", ajoutent-ils.

Les experts du CGES estiment que le marché du pétrole n'est pas à l'équilibre, comme l'affirme l'Opep, mais "traverse une période de forte volatilité des prix qui durera tant que les producteurs continueront à vouloir des prix supérieurs à 60 dollars le baril".

D'après eux, la hausse des prix du pétrole au cours des cinq dernières années s'expliquait par une forte croissance de la demande. "Mais cette croissance est déjà sapée par les prix élevés", estiment-ils.

"L'Opep affirme que les prix actuels du pétrole n'ont pas eu d'impact sur la croissance économique mondiale, qui est toujours nettement au dessus de 4%. Néanmoins, une croissance aussi robuste est traditionnellement accompagnée d'une hausse de la demande de pétrole égale ou supérieure à 2%, pas d'une hausse inférieure à 1%, comme nous le prévoyons pour 2007", ajoutent-ils.

L'Opep a fait savoir à plusieurs reprises qu'elle n'envisageait pas d'augmenter sa production dans l'immédiat et qu'elle attendrait sa réunion ministérielle de septembre pour évaluer le marché et décider de la marche à suivre. Selon ses dernières statistiques disponibles publiées en mai, l'Opep aurait produit en avril 30,136 millions de barils par jour (mbj), et 28,060 mbj pour l'Opep-10 (moins l'Angola et l'Irak).

III – Nouvelle envolée des cours du pétrole

Les prix du pétrole ont fortement augmenté la semaine dernière, tirés par les inquiétudes concernant les stocks d'essence aux Etats-Unis à l'approche de la saison des déplacements en voiture, par les problèmes techniques qui touchent plusieurs raffineries américaines et par les violences qui perturbent la production au Nigeria.

A noter également que des interruptions de production ont eu lieu également en Alaska.

Jeudi dernier, le baril de Brent de la mer du Nord a atteint son plus haut niveau depuis huit mois à 70,35 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. La semaine dernière, les cours ont progressé de plus de 2,50 dollars à Londres et à New York.

Les prix du pétrole ont un peu progressé mercredi, en dépit d'une nouvelle hausse des stocks d'essence américains, supérieure aux attentes du marché, mais dont le niveau reste bien inférieur aux années précédentes à la même époque. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en juillet a clôturé en hausse de 26 cents à 65,77 dollars.

Sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, le cours du Brent de la mer du Nord pour l'échéance de juillet a, lui, gagné 1,08 dollar, terminant à 70,60 dollars, après un pic à 70,84 dollars, un nouveau sommet depuis fin août.

Les marchés ont hésité durant toute la séance sur la direction à suivre, après un rapport hebdomadaire sur les stocks de pétrole américains, qui peut être jugé positif ou négatif selon les modes d'interprétation.

En effet, le rapport a certes fait état d'une hausse des réserves d'essence, pour la troisième semaine consécutive, de 1,5 million de barils lors de la semaine achevée le 18 mai, quand les analystes prévoyaient une hausse de 1,2 million de barils seulement. Mais par rapport à l'an dernier à la même époque, ces réserves restent inférieures de 6,9%.

Or les courtiers restent tendus, s'attendant à une hausse de la consommation de ce carburant dès le week-end prochain, qui marque le début de la saison des grands déplacements en voiture aux Etats-Unis.

Les analystes notent également la "nette amélioration du taux de fonctionnement des raffineries américaines", qui ont tourné à 91,1% contre 89,5% la semaine précédente. Les interruptions de production, dont ont régulièrement fait état, au cours des derniers mois, les raffineries américaines, expliquent en partie la hausse des prix de l'essence à la pompe. Ceux-ci ont atteint mercredi un nouveau record à 3,22 dollars le gallon (3,78 litres), selon les chiffres de l'Association automobile américaine (AAA).

Le fait que les importations d'essence aient diminué la semaine dernière, avoisinant 1,3 million de barils par jour (contre 1,5 mbj la semaine précédente), a aussi contribué à soutenir les cours.

Les courtiers ont aussi été attentifs aux développements entourant le dossier nucléaire iranien, qui est toujours susceptible, selon Bart Melek, de "doper les cours". Les Etats-Unis ont reproché mercredi à Téhéran son attitude de défi après un nouveau rapport critique de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur les activités nucléaires iraniennes, tandis que d'importantes manoeuvres militaires américaines ont eu lieu dans le Golfe.

Les courtiers commencent aussi à s'inquiéter d'une saison des ouragans qui pourrait s'avérer particulièrement "active", si l'on en croit les dernières prévisions. L'Administration américaine océanique et atmosphérique (NOAA) a ainsi estimé qu'il y avait 75% de chances que la saison des ouragans dans l'Atlantique soit plus sévère que d'habitude.

Source : AFP

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2 Commentaires

  1. 1

    ryfxor

    L'OPEP ne veut elle pas ou ne PEUT elle pas augmenter sa production?

    Dans un même ordre d'idée, les sous investissments dans les raffineries américaines ne sont elles pas le signe d'un déclin attendu dans les besoins de production à l'avenir?

  2. 2

    Sof

    C'est bizarre! qd le prix du pétrole est bas tout le monde néglige et minimise le fait que l'Opep réduit sa production alors que dans la situation inverse on s'inquiète qu'elle ne veut pas augmenter sa production!

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