Les syndicats du secteur pétrolier du Nigeria ont annoncé samedi qu'ils suspendaient leur mouvement de grève lancé jeudi, le gouvernement ayant accepté leurs revendications.
Des ouvriers de la compagnie nationale de pétrole avaient débuté une grève illimitée pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail et une remise en cause des principes de cession des raffineries du pays au secteur privé. Les syndicats avaient alors déclaré que le mouvement pourrait affecter la production de pétrole si leurs demandes n`étaient pas examinées d`ici quelques jours.
Ces informations menaçantes avaient fait progresser le cours du pétrole, déjà à un niveau fort élevé.
Les travailleurs pétroliers avaient décidé le 21 mai de mener une grève générale à partir de jeudi en protestation à la vente de la raffinerie de Port Harcourt et à la réduction de salaires dans l’industrie. La réunion regroupait à Abuja des responsables des deux syndicats du secteur -NUPENG (National Union of Petroluem and Natural Gas Workers) et PENGASSAN (Petroleum and Natural Gas Senior Staff Association of Nigeria)-et leurs sections au sein de la NNPC.
Les syndicats menaçaient alors de fermer toutes les raffineries et les dépôts, ce qui pouvait très rapidement conduire à une pénurie de carburant. Les travailleurs de Nigerian Gas Company (NGC) envisageaient de couper la fourniture de gaz à la plupart des turbines électriques à gaz du pays. Par ailleurs rapporte Vanguard, le MEND menaçait de faire sauter la raffinerie de Port Harcourt suite à la vente de 51% de la participation du gouvernement fédéral à Dangote Industries et du solde à Femi Otedola et à Transcorp.
"Nous avons décidé de suspendre notre mouvement de grève parce que le gouvernement a accepté d'honorer sa promesse d'augmenter de 15% les salaires. Le gouvernement a également accepté de conserver 51% du capital des raffineries de pétrole, en n'en privatisant que 49%", a néanmoins déclaré samedi Peter Esele, président du syndicat des cadres du secteur.
Le gouvernement nigérian prévoyait, contre l'avis des deux puissants syndicats des employés Nupeng et des cadres Pengassan, de revendre au secteur privé deux raffineries de pétrole, situées l'une à Port-Harcourt (Sud) et l'autre à Kaduna (Nord).
M. Esele a cependant précisé que la suspension ne signifiait pas la fin de leurs revendications: "La suspension ne signifie pas la fin de l'affaire," a-t-il dit, toutes les parties concernées doivent encore se réunir pour suivre les nouveaux développements.
Plusieurs opposants soupçonnent le président sortant Olusegun Obasanjo, qui doit remettre le pouvoir à son successeur mardi, d'avoir organisé des ventes à la sauvette pour céder les raffineries à des proches.
Selon la revue de presse de l'ambassade de France au Nigeria en date du 18 mai, Blue Star Oil Services (BSOS), une succursale du Groupe de Compagnies Dangote, aurait signé un accord il y a moins de deux semaines en vue d'acheter acheté a raffinerie de Port Harcourt (PHRC) pour un coût de 561 millions USD. Cette transaction intervient à moins de 12 jours de la fin du mandat de l’actuelle administration au pouvoir. Des centaines de travailleurs de PHRC avaient alors protesté à Abuja devant le siège de PHRC contre la vente de la compagnie.
Le journal Daily Trust précise que BSOC avait remporté l’appel d’offre de PHRC - la plus importante raffinerie du Nigeria - devant deux autres postulants-Oando et Refinee Petroplus-éliminés au premier tour de l’appel d’offre par le BPE (Bureau of Public Enterprises).
Lors de l’ouverture des offres par BEP, la compagnie chinoise CNPC (Chinese National Petroleum Corporation), seule postulante pour la raffinerie de Kaduna, a proposé 102 millions USD. Le gouvernement fédéral avait cependant estimé au départ que l’offre était inférieure au montant garanti pour la cession de la compagnie. Le BEP devait tenir des discussions avec CNPC pour lui demander de relever son offre.
A noter par ailleurs que le groupe pétrolier américain Chevron a annoncé jeudi la reprise de la production sur l'un de ses champs pétroliers en mer dans le sud du Nigeria, qui avait été interrompue début mai après l'enlèvement de six travailleurs étrangers.
"La production a redémarré à Funiwa", a annoncé un porte parole du groupe, Michael Barrett. Le groupe avait arrêté la production de 15.000 barils par jour dans cette installation du sud du Nigeria après l'enlèvement de quatre Italiens, d'un Américain et d'un Croate par des hommes du Mouvement d'émancipation du delta du Niger (MEND). Ce mouvement séparatiste, le principal de la région, réclame notamment que les revenus pétroliers profitent davantage aux communautés locales autour du delta du Niger. Troisième opérateur dans le pays, Chevron produit 520.000 b/j.
Sources : AFP, Reuters, Revue de Presse Ambassade de France au Nigéria
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Privatisations : Un proche du pouvoir acquiert une deuxième raffinerie
AFP 28.05.07 | 21h22
L'homme d'affaires nigerian Aliko Dangote a acquis lundi le contrôle d'une importante raffinerie de pétrole, deuxième transaction du genre en quelques jours, a-t-on annoncé de sources officielles.
Le groupe de M. Dangote, proche du président sortant Olusegun Obasanjo, Bluestar Oil Services Consortium, a racheté 51% du capital de la raffinerie de Kaduna (nord) pour un montant non révélé.
Il y a dix jours, le même groupe avait racheté avec le Chinois SINOPEC comme opérateur technique, 51% de la plus grande raffinerie du pays à Port Harcourt (sud).
M. Dangote est un important soutien financier du parti au pouvoir, People's Democratic Party.
29 mai 2007 à 00:19Ajoutez un commentaire
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