C'est le contraire qui aurait créé la surprise : François Fillon, un juriste de 53 ans, considéré comme un modéré, a été nommé en début de matinée Premier ministre par le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy.
François Fillon a pris ses fonctions jeudi après une brève passation de pouvoirs avec Dominique de Villepin à l'hôtel Matignon.
La nomination de M. Fillon, un proche de M. Sarkozy, plusieurs fois ministre et qui avait notamment mené en 2003 une réforme des retraites, intervient au lendemain de l'investiture du nouveau président, élu le 6 mai avec 53,06% des voix. La composition de son gouvernement devrait être annoncée vendredi, selon l'entourage de M. Sarkozy.
"Je respecterai tous les engagements que nous avons pris. La rénovation de la vie politique est à ce prix (...) La France en mouvement a besoin de tous", a déclaré M. Fillon après un entretien avec M. de Villepin.
En 1993, sous le gouvernement Balladur, François Fillon est ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Sous Alain Juppé, il est ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace.
En 2002, Jean-Pierre Raffarin le nomme ministre des Affaires sociales, il mènera alors la réforme des retraites, qui conduira à d'énormes manifestations, mais qui sera au final votée. François Fillon prend ensuite le ministère de l'Education nationale, où il sera confronté à la pression de la rue. Il abandonnera d'ailleurs une partie de ses réformes. Après la démission de Jean-Pierre Raffarin, il n'obtiendra aucun ministère dans le nouveau gouvernement.
M. de Villepin, qualifié de “rival politique” de M. Sarkozy, a pour sa part définitivement quitté l'hôtel Matignon où il aura passé 23 mois. Il devra désormais tenter de ne pas se perdre dans les méandres de l'affaire Clearstream, affaire fortement lié à Airbus et EADS.
Preuve que l'entourage des hommes politiques peut faire de l'humour ... ou en tout cas véhiculer des messages, lors de la cérémonie, l'épouse de l'ancien Premier ministre, Marie-Laure, arborait une veste à imprimés bleus où on pouvait lire "adios, bye bye, ciao ciao, salut".
Nommé Premier Ministre le 31 mai 2005, Dominique de Villepin qui se donne alors 100 jours pour convaincre se lance alors dans un duel sans merci avec Nicolas Sarkozy que certains décrivent comme de « véritables frères ennemis », les deux “personnages” souhaitant accèder à la fonction présidentielle.
Bénéficiant d’une grande popularité, Dominique de Villepin passera sans grande difficulté la fameuse crise des banlieues où près de 5000 voitures bruleront en une semaine. En décrétant l’Etat d’Urgence, il maintient le cap. Mais sa popularité prend fin via la tentative de passage en force du projet concernant le CPE. Une grave crise va alors débuté et occasionner manifestations et blocages d'université par les syndicats. La crise s’amplifie et gagne même les rangs de l’UMP. Dominique de Villepin est alors critiqué de toute part jusqu’à l’intervention de Jacques Chirac qui renoncera à faire appliquer la loi.
En avril 2006, Dominique de Villepin est cette fois impliqué dans l’affaire Clearstream mais reçoit encore le soutien du Président de la République malgré le tollé qu’il suscite en pleine Assemblée Nationale en parlant de « la lâcheté » du chef de l'opposition. De plus en plus critiqué au sein même de la majorité, certains demandent son départ. Il ne se remettra jamais de cette ultime crise et finira par renoncer à se présenter à la Présidentielle.
Pour rappel, M. Fillon avait été évincé quant à lui du gouvernement de M. de Villepin en juin 2005 et s'était alors définitivement rapproché de M. Sarkozy.
Le nouveau premier ministre s'est parfois montré très critique envers son prédécesseur Dominique de Villepin. Il a notamment réglé ses comptes dans son livre "La France peut supporter la vérité", paru à l'automne 2006 chez Albin Michel, où il évoque nommant la "faute" du Contrat première embauche (CPE).
"L'ignorance du Premier ministre des ressorts profonds du pays ou bien une trop grande confiance en soi" sont deux explications "plausibles" au CPE. "Dans les deux cas, ce sont des défauts sérieux pour un dirigeant politique". "Pour forcer le destin, il faut préparer le terrain. Par orgueil et précipitation, Dominique de Villepin a malheureusement fauté".
Sources : AFP, telenews, Nouvel Observateur, Europe 1
A lire également :
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. Clearstream: remaniement, motion de censure ?
. Clearstream: Alliot-Marie perquisitionnée

6 Commentaires
1
merci à atlas vista , de reprendre la depeche et bcp d'autres tres intéressantes :
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Sarkozy et Fillon sont comme "l'eau et le feu", estime la presse
PARIS (AFP) - Les éditorialistes de la presse quotidienne sont nombreux à souligner les personnalités opposées de Nicolas Sarkozy et François Fillon, que le premier vient de nommer à Matignon, marquant ainsi une "présidentialisation" du régime.
"Tout les sépare. Aussi tempéré que le chef de l'Etat est explosif, aussi laconique qu'il est volubile, aussi patient qu'il est pressé, François Fillon a longtemps fait figure à ses yeux comme aux yeux des autres d'anti-Sarkozy", estime Alexis Brézet dans un éditorial pour Le Figaro intitulé "L'eau et le feu".
"Partisan d'une présidentialisation du régime, François Fillon ne devrait pas vivre comme une offense la conception, assurément extensive, que Nicolas Sarkozy a de sa fonction", ajoute-t-il.
Dans Libération, Renaud Dély entonne le même refrain: "Nicolas Sarkozy ne voulait pas s’embarrasser d’un second indocile et imprévisible, modèle Jean-Louis Borloo. Il lui fallait un lieutenant appliqué, discipliné, un rien effacé: le choix de François Fillon s’imposait".
Dans L'Humanité, sous la plume de Patrick Apel-Muller, le nouveau Premier ministre est présenté comme "un homme adroit et à droite" qui a "pour tâche de faire ingurgiter sans spasme la potion des réformes ultralibérales".
Pierre Taribo, dans L'Est républicain, remarque que "François Fillon est là (...) mettre en musique la politique d'un président à l'américaine dans un pays quasiment entré dans la VIe République avec un chef de l'Etat actif : M. Sarkozy; un chef du gouvernement : M. Sarkozy; un chef de la majorité : M. Sarkozy."
Même analyse dans La Voix du Nord signée Hervé Favre: M. Fillon "n'est pas du genre à faire de l'ombre au nouveau président" et saura tenir le rôle "du paratonnerre et du fusible placés là pour attirer la foudre et absorber toutes les sautes de tensions sociales".
Même si "à première vue, une grande complicité lie les deux hommes (...) elle s'avère récente et découle principalement de l'amertume qu'a ressentie François Fillon d'avoir été congédié par Dominique de Villepin", avertit Jorge d'Hulst dans Libération Champagne. "Il n'est pas dit par conséquent qu'elle soit si solide que cela. Car tout sépare Nicolas Sarkozy de François Fillon".
"Le mariage du feu et de la glace", une métaphore utilisée par Didier Louis dans Le Courrier Picard.
Enfin, dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, Hervé Cannet juge que "le risque pour le sénateur de la Sarthe est clair : devenir un super-directeur de cabinet limité au quotidien harassant de la gestion, drivé depuis le secrétariat général de l'Élysée par le véritable commissaire politique du sarkozysme triomphant, Claude Guéant."
19 mai 2007 à 13:322
Très forte hausse de l'emploi salarié au premier trimestre
Le nombre d'emplois dans le secteur concurrentiel a augmenté de 0,6 % au premier trimestre, soit un niveau jamais atteint depuis mars 2001.
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Jacques Chirac a quitté l'Elysée, mercredi, en laissant à son successeur un niveau de créations d'emploi record, jamais atteint depuis mars 2001. Les créations de postes au premier trimestre dans le secteur marchand, hors agriculture, ont en effet progressé de 93.700 (+ 0,6 %), selon les statistiques provisoires publiées mercredi par le ministère du Travail. C'est trois fois plus qu'au cours du trimestre précédent. « Les économistes n'attendaient pas une telle performance, même si l'accélération de la croissance au deuxième trimestre 2006 laissait augurer une nette amélioration six mois après », explique Mathieu Kaiser, économiste à BNP Paribas. Les chiffres provisoires sont en tout cas nettement meilleurs que ne l'espérait l'Insee qui tablait, en mars, sur 85.000 emplois marchands au cours des six premiers mois de l'année.
La composition de l'emploi salarié traduit un « rééquilibrage assez sain », se réjouit Nicolas Bouzou (Asterès). Le marché de l'emploi se révèle ainsi moins dépendant du secteur de la construction, qui contribuait jusqu'alors à près de la moitié des créations de postes. Celui-ci connaît un léger ralentissement, le nombre d'emplois progressant de 11.300 (+ 0,8 %).
Informatique et intérim
La tendance est, en revanche, particulièrement positive dans le secteur tertiaire, où l'on recense 91.800 emplois supplémentaires entre janvier et mars (+ 0,9 %), ce qui est conforme à l'évolution des autres pays européens. Le secteur est tiré par l'explosion des activités informatiques et le travail temporaire qui constitue, souvent, le signe avant-coureur de la reprise de l'emploi durable. Quant à l'industrie, elle parvient à contenir l'hémorragie de ses emplois, dont le nombre recule de 0,3 % sur trois mois (- 9.400).
Dix jours avant les « assises des chiffres du chômage », au cours desquelles les syndicats de l'ANPE, de l'Insee et du ministère de l'Emploi espèrent imposer de nouveaux indicateurs, ces statistiques ont surtout l'avantage d'illustrer une concordance quasi parfaite entre l'évolution de l'emploi et celle du chômage. Entre mars 2006 et mars 2007, le nombre de chômeurs a reculé de 293.000. Le nombre d'emplois salariés, quant à lui, a augmenté de 223.000, auxquels il faut ajouter 30.000 emplois de plus dans le secteur non marchand, et plusieurs milliers d'emplois non salariés (créations d'entreprise, etc.).
Il revient au nouveau gouvernement de pérenniser cette embellie, dans un contexte de croissance qui reste encore fragile. « La progression de l'emploi devrait être plus modérée au deuxième trimestre. La machine va se refroidir », prévient Mathieu Kaiser.
19 mai 2007 à 14:03http://www.lesechos.fr/info/france/4576791.htm
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Le nouveau conseiller pour la justice de l'Elysée inculpé en Belgique dans une affaire de piratage informatique
PARIS (AP) - Inculpé à Bruxelles dans une affaire de piratage informatique chez Electrabel, filiale belge du groupe Suez, le nouveau conseiller de l'Elysée pour les affaires judiciaires, Patrick Ouart, a déclaré samedi sur France Info attendre avec "sérénité" la décision de la justice belge.
19 mai 2007 à 19:21Patrick Ouart a souligné que la justice belge "a abandonné l'essentiel des poursuites qui avaient été engagées". A présent, a-t-il noté, "il demeure une différence d'appréciation sur la législation belge en matière de sécurité informatique. C'est pourquoi j'ai confiance dans la sérénité de la justice belge et j'attends avec la même sérénité sa décision".
L'affaire, évoquée vendredi par le site Internet Capital.fr, remonte à 2004, alors que Patrick Ouart occupait le poste de secrétaire général du groupe Suez. Le groupe, explique Capital.fr, redoutait à cette époque que sa filiale belge, très rentable, veuille se détacher de sa maison mère. La découverte sur l'ordinateur d'un employé d' Electrabel d'un dispositif de piratage informatique a entraîné l'ouverture par la justice belge d'une instruction judiciaire.
En août 2006, le parquet de Bruxelles a requis le renvoi en correctionnelle dans cette affaire de cinq responsables d' Electrabel et de Suez, dont Patrick Ouart, pour piratage informatique, tentative de piratage informatique et interception de communications privées, selon Capital.fr. La date d'un éventuel procès n'a pas été fixée.
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Oui !!!! je mets en ligne l'article dans 2 minutes !!!!
19 mai 2007 à 19:345
Xavier Bertrand promet "la défiscalisation du travail étudiant"
Le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité Xavier Bertrand a promis dimanche "la défiscalisation du travail étudiant", l'un des chantiers de l'été, avant de s'attaquer "à la question des heures supplémentaires", à "la question du service minimum" et "la question des retraites".
"La feuille de route, elle est simple: tenir tous les engagements. Elle est claire, elle est nette, elle est ambitieuse", a annoncé le ministre, invité de "Dimanche+" sur Canal+. "Il y a une responsabilité collective de tenir tous les engagements du président. En ce qui me concerne, il n'y a pas de priorité, parce que tout est prioritaire".
Xavier Bertrand a annoncé que "le sujet de l'été, c'est la défiscalisation du travail étudiant. Pas seulement les jobs d'été. Les étudiants qui aujourd'hui ont un boulot payent des impôts dessus. Mais on a toujours peur que ça fasse tomber l'allocation logement ou les bourses. On veut justement avoir la clarté là-dessus et défiscaliser complètement".
Le ministre du Travail a ajouté que "la question des heures supplémentaires" serait examinée prochainement avant de s'attaquer à "la question du service minimum".
"On va travailler avec Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat chargé des Transports, qui a été nommé dès maintenant sans attendre le lendemain des élections législatives", car la question du service minimum dans les transports "est un dossier important", a expliqué Xavier Bertrand, n'excluant pas la fermeté sur le dossier. "Je refuse par principe que l'on me dise que c'est impossible. Là encore (...) nous sommes déterminés à réformer".
"Il y a bien sûr, le temps de la pédagogie, de la concertation, du dialogue", a souligné le ministre. "Un moment donné, il y a le temps de la décision parce que (...) l'important c'est l'obligation de résultat". Enfin, Xavier Bertrand a annoncé qu'"au début de l'année 2008", il s'attaquerait "au dossier des retraites".
20 mai 2007 à 17:31http://www.boursorama.com/pratique/actu/detail_actu_politique.phtml?&news=4214099
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Une minorité continue à faire la loi par la rue et nous promet des réjouissances pour nov. Nous qui soutenons les décisions gouvernementales aimerions pouvoir répondre aussi par des manifestations de rue en W-E et organisées de manière à ne gêner ni les gens qui travaillent, ni les touristes. Je suis persuadé que nos syndicalistes militants auraient des surprises.
27 octobre 2007 à 23:38Paul Lambert
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