La situation actuelle des dirigeants d'EADS et d'Airbus devient de plus en plus tourmentée.
En effet, alors qu'Arnaud Lagardère - coprésident français de la maison mère d’Airbus - vient d'être auditionné mardi par l’autorité des marchés financiers (AMF) à la suite de Jean-Paul Gut directeur général délégué d’EADS, c'est au tour des co-présidents exécutifs d'EADS, Tom Enders et Louis Gallois, d'être entendus mardi après-midi par les rapporteurs de la commission des affaires économiques du Sénat, chargés d'un rapport d'information sur le groupe européen.
L’ancien coprésident allemand du groupe européen d’aéronautique et de défense, Manfred Bischoff, aujourd’hui président du conseil de surveillance de DaimlerChrysler, était entendu quant à lui jeudi dernier.
I – Gallois et Enders entendus par la Commission économique du Sénat
L'audition à huis clos de MM. Gallois et Enders a commencé à 17H00 et se prolongeait vers 19H15 mardi soir. Les rapporteurs, Jean-François Le Grand (UMP, Manche) et Roland Ries (PS, Bas-Rhin), ont indiqué qu'ils ne feraient aucune déclaration à l'issue de cet entretien qui se déroulait en présence d'une dizaine de sénateurs.
Toutefois, Jean-François Le Grand a rappelé avant l'ouverture de la séance que cet entretien contribuerait au rapport prévu pour la deuxième quinzaine de juin sur la situation actuelle d'EADS et ses perspectives d'évolution, notamment la portée du plan de restructuration Power8, la gouvernance du groupe et les conditions de financement de son développement.
Dans le cadre de ces auditions les rapporteurs ont notamment déjà eu "un entretien de quatre heures extrêmement riche avec l'ensemble de l'intersyndicale d'Airbus à la mi-mai", a précisé M. le Grand.
Les rapporteurs ont également rencontré à Madrid les représentants de la SEPI, holding d'Etat espagnole qui détient 5,5% du capital d'EADS. "Ils ont manifesté leur intention d'améliorer leur participation et ont marqué une volonté très forte d'une construction industrielle européenne", a indiqué M. Le Grand.
Le co-rapporteur UMP a précisé qu'ils allaient auditionner prochainement "les représentants du gouvernement anglais pour avoir son opinion" et qu'ils attendaient une réponse similaire de l'Allemagne.
Les rapporteurs doivent aussi entendre l'ancien co-président français d'EADS Noël Forgeard à une date qui n'a pas encore fixée et les deux co-présidents du conseil d'administration d'EADS, représentant les grands actionnaires privés, Arnaud Lagardère (15% du capital dont 7,5% en cours de cession) et Rüdiger Grube (DaimlerChrysler, 22,5% en association avec des investisseurs allemands).
Le groupe a vu son bénéfice net divisé par 16 en 2006 (à 99 millions d'euros) en raison de la déconfiture financière de sa filiale Airbus (-572 millions en 2006 contre +2,3 milliards de bénéfice opérationnel en 2005), minée par les retards de production de l'A380.
II – Des délits d'initié de plus en plus probables
A noter par ailleurs, que selon La Tribune de mardi 29 mai, les dirigeants d’EADS auraient été au courant dès le 6 mars 2006 des retards du programme A380, incitant même les dirigeants du groupe à exercer leurs stock-options dès le lendemain. Selon le quotidien, un nouveau plan interne de production aurait été édité le 6 mars 2006, prévoyant la livraison en 2007 de seulement 24 A380 au lieu des 29 initialement.
Cette révision à la baisse des livraisons n’était pourtant pas mentionnée dans le procès verbal du conseil d’administration d’EADS qui s’était tenu le lendemain à Amsterdam pour arrêter les comptes du groupe, ajoute La Tribune.
Dans une conversation téléphonique entre l’homme d’affaires Jean Galli Douani et l’ex-directeur technique d’Airbus Alain Garcia, ce dernier affirme pourtant que lors du conseil d’administration « de graves problèmes industriels d’Airbus » et des retards « conséquents » ont été abordés, selon le quotidien.
L'enregistrement de cette conversation a été remis aux autorités judiciaires, poursuit le journal, soulignant qu’EADS a démenti les propos d’Alain Garcia, parti en retraite en avril.
Le 7 mars au soir, l’ancien coprésident exécutif d’EADS Noël Forgeard avait fait signer par Hans-Peter Ring, directeur financier du groupe, l’autorisation de vendre ses stock-options. Au total, 85% des 800 dirigeants possédant des stocks les avaient alors exercé, précise La Tribune.
III – Audition des principaux dirigeants
L’autorité des marchés financiers (AMF) devait entendre ce mardi Arnaud Lagardère, coprésident français d’EADS, dans le cadre de l’enquête sur l’exercice de stocks-options et de possibles délits d’initiés.
Le 22 mai, l’AMF avait déjà entendu Jean-Paul Gut, le directeur général délégué d’EADS.
L’enquête concerne les ventes d’actions effectuées par les principaux dirigeants du groupe en mars-avril 2006, alors que l’action était au plus haut, entre 30 et 35 euros l’action, moins de trois mois avant l’annonce des retards du programme A380. Le titre EADS, qui s’était déjà replié sous les 30 euros en avril-mai, perdait plus de 26% en une seule séance, le 14 juin, pour tomber à 18,73 euros.
L’enquête vise d’une part l’exercice de stock-options et les plus-values immédiatement engrangées par les principaux cadres dirigeants du groupe dont l’ancien coprésident exécutif Noël Forgeard et Jean-Paul Gut, et d’autre part la cession par les deux grands actionnaires privés, Lagardère et DaimlerChrysler d’un bloc de 7,5% du capital chacun le 4 avril 2006. Arnaud Lagardère, actionnaire d’EADS à hauteur de 15% (dont 7,5% en cours de vente), avait confirmé devant l’assemblée générale des actionnaires du groupe Lagardère le 27 avril 2007 qu’il serait entendu par l’AMF à la fin mai sur cette procédure de vente. Il a maintes fois réaffirmé qu’il n’y avait pas eu de délit d’initié de sa part ou de celle du groupe Lagardère.
Pour rappel, pendant une période autorisée pour la vente d’actions issues de stock options, entre le 8 et le 28 mars 2006, Noël Forgeard a réalisé une plus-value de 2,5 millions d’euros tandis des ventes d’actions réalisées par ses enfants avaient rapporté un million de plus-value supplémentaire.
De son côté, Jean-Paul Gut a réalisé une plus-value de 1,15 million d’euros. Quatre autres salariés membres du comité exécutif d’EADS ont réalisé des plus-values s’échelonnant de 365.000 à 1,2 million d’euros. Quant aux ventes lancées par les groupes Lagardère et DaimlerChrysler, elles représentent un produit d’environ 2 milliards d’euros pour chacun d’entre eux au cours du 4 avril 2006, alors que le 14 juin, les actions cédées n’auraient valu que 1,15 milliard.
Sources : AFP, La Tribune, Reuters, L'Expansion, l'Economiste
A lire également :
. Caisse des Depots : éventuelle procédure contre EADS
. EADS : information judiciaire ouverte pour "délit d'initié"
. AIRBUS : effet de dérive: sur vente de stocks options
. EADS : enquête préliminaire sur les indemnités de Forgeard

6 Commentaires
1
uyuyuutyuty
30 mai 2007 à 00:182
Monsieur a des lettres ;)
30 mai 2007 à 00:233
Element très interessant fourni par La Depeche du Midi
à suivre donc sur le journal
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Délit d'initiés: la nouvelle piste de l'hôtel
L'étau commence à se resserrer autour des « initiés ». Après l'enregistrement audio de propos tenus par Alain Garcia qui démontrerait que le management d'Airbus était au courant des retards de l'A380 depuis mars 2006, un nouvel élément fait surface.
Selon nos informations la direction générale d'Airbus aurait été au courant des retards industriels dès juin 2004.
En effet, afin d'assurer un accueil hôtelier digne de ce nom aux clients de l'A380, Noël Forgeard avait souhaité la construction d'un hôtel quatre étoiles à l'entrée de la zone Aeroconstellation. Dirigé à l'époque chez Airbus par Guy Weissenbacher aujourd'hui en poste chez Latécoère, le projet d'aménagement de la zone, était calé sur le calendrier de livraison de l'A380.
« Notre cahier des charges prévoyait l'ouverture de l'hôtel Hyatt pour lequel nous avions été sélectionnés par Airbus pour le mois de juillet 2006, date de la première livraison à Singapore Airlines » racontent Édouard et Marie-Pierre Le Marié, lauréats de l'appel d'offre.
Alors que Guy Weissenbacher maintenait une pression artificielle sur les délais de livraison initiaux, les époux Le Marié sont prêts à témoigner que plusieurs membres du jury de l'appel d'offre et des proches d'Airbus auraient déclaré en juin 2004 que le programme A380 connaîtrait de « sérieux retards, permettant ainsi plus de souplesse pour la livraison du parc hôtelier ».
Sans vouloir confirmer cette version, Jean-Philippe Aumoine, directeur de la Setomip (société d'économie mixte aménageur de la zone), concède que « la construction de l'hôtel était calée sur le calendrier industriel de l'A380 ».
Dès juin 2004, Airbus envisageait donc bien une ouverture de l'hôtel retardée à fin 2007 au lieu de juin 2006 ce qui laissait présager un décalage du programme A380 de près de 18 mois.
Et les époux Le Marié appuient cette version : « L'hôtel faisait toujours l'objet de négociations de la part d'Airbus et de la Setomip en mai 2005.
Compte tenu de la taille de l'hôtel (NDLR : 328 chambres, trois restaurants) et des délais de construction, Airbus savait bien que l'ouverture de l'hôtel n'aurait jamais lieu avant mi 2 007 » poursuit le couple qui est persuadé que l'iceberg A380 cache bien plus que des délits d'initiés.
Voilà une piste qui pourrait bien intéresser Xavière Siméoni, la juge en charge de l'instruction de l'enquête sur d'éventuels délits d'initiés.
30 mai 2007 à 12:29Les époux Le Marié déposeront leur témoignage la semaine prochaine à la commission d'enquête du Sénat chargé d'un rapport sur EADS.
4
ME CANOY A DÉPOSÉ PLAINTE CONTRE NOËL FORGEARD ET JEAN-PAUL GUT.
Journée marathon pour Arnaud Lagardère. Le coprésident français d'EADS a été entendu pendant neuf heures par l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans le cadre de l'enquête sur de possibles délits d'initiés au sein du groupe aéronautique.
Arrivé à 9h du matin, hier, Arnaud Lagardère n'est ressorti qu'à 17 h 45 de chez le gendarme de la Bourse. Durant son audition, le patron aurait récusé tout délit d'initié de sa part ou de son groupe qui a cédé 7,5 % du capital d'EADS le 20 mars 2006 soit près de trois mois avant l'annonce des retards de l'A380.
Des déclarations qui n'impressionnent pas Maître Canoy. C'est l'avocat qui a fait tomber Jean-Marie Messier. Et il s'est emparé du dossier EADS avec autant de détermination que pour le dossier Vivendi.
À 55 ans, Me Frédérik-Karel Canoy n'hésite pas à s'attaquer à plus gros que lui pour le compte des petits porteurs qu'il représente. Arnaud Lagardère est sa dernière cible en date.
[....]
Même recette pour EADS dont l'avocat représente environ 300 petits porteurs. Après la dégringolade du cours d'EADS, il a porté plainte contre Noël Forgeard pour divulgation de fausse information, délit d'initié et abus de biens sociaux quand l'ancien patron d'Airbus a déployé son parachute de 8,5 M€.
« Nous démontrerons que les dirigeants d'EADS bénéficiaient bien d'une information privilégiée notamment à l'occasion d'un conseil d'administration tenu le 7 mars 2006 où les retards de l'A380 auraient été évoqués ».
[...]
Si l'ensemble des actionnaires individuels et institutionnels rejoignent l'action de Me Canoy, l'homme de loi sera fondé à réclamer un dédommagement de dix milliards d'euros.
Pour y parvenir, il faudra que le gendarme de la Bourse d'un côté et la Justice de l'autre recueillent assez d'éléments pour prouver que les dirigeants d'EADS étaient au courant des retards industriels avant leurs annonces officielles.
Des perquisitions de l'AMF ont déjà eu lieu au siège d'Airbus à Toulouse en septembre 2006 alors que le juge Courroye avait fait de même en décembre y compris au siège parisien d'EADS.
Me Canoy fait confiance à la juge Xavière Siméoni pour aller vite : « C'est une pugnace. En deux ans, ça peut être clos cette affaire » espère-t-il.
Source : Depeche du Midi
30 mai 2007 à 12:335
plus de 16 Md$ de commande pour le A350 "ça fait du bien là ou ça fait mal"!!
31 mai 2007 à 10:496
témoin dans l'affaire eads j.galli douani a saisi la cour européenne des droits de l'homme contre l'état français pour menaces ,harcèlement,atteinte a la liberté de circuler suite aux déclarations de policiers français faisant etat de manoeuvres du ministère de l'intérieur le visant.contact:0616327559
01 juin 2008 à 21:06Ajoutez un commentaire
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