Une enquête préliminaire de police a été ouverte fin avril par le parquet de Paris sur les indemnités perçues par le co-président d'EADS Noël Forgeard à son départ d'EADS, selon des informations communiquées par des sources judiciaires.
La procédure vise à "déterminer les conditions dans lesquelles Noël Forgeard a touché son indemnité de départ et son indemnité de non-concurrence", pour un total de 8,5 millions d'euros.
I – Plainte pour abus de biens sociaux
La décision du parquet fait suite à une plainte déposée par un petit actionnaire d'EADS le 18 avril pour "abus de biens sociaux". Légalement, l'enquête préliminaire ne constitue pas une poursuite mais vise à déterminer si les soupçons de délit sont suffisants pour ouvrir une procédure plus contraignante, comme une information judiciaire.
Les conditions de versement de ces indemnités restent énigmatiques. La polémique a pris de l’ampleur tout au long de la campagne présidentielle, et ce d’autant plus que le groupe Aibus annonce parallèlement un plan de 10.000 suppressions d'emplois.
Noël Forgeard et les actionnaires français d'EADS assurent qu'il était impossible d'éviter ce versement, prévu selon eux dans le contrat d'origine du dirigeant. Dans un "démenti formel", le groupe Lagardère avait indiqué "que Noël Forgeard bénéficiait d'un contrat (...) dont les clauses avait été fixées par le (conseil) d'EADS en 2000, clauses qui ont été factuellement appliquées au moment de son départ".
Certains dirigeants allemands assurent néanmoins que l'argent a été versé sur pression des autorités politiques françaises
II – Breton dément toute intervention
En avril dernier, le ministre de l'Economie Thierry Breton s'était défendu de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard du groupe EADS, jugeant "scandaleux" qu'on puisse l'accuser d'une telle action, répondant ainsi aux mises en causes du journal "Challenges".
Selon le magazine, Thierry Breton serait intervenu pour aider Noël Forgeard à obtenir le "parachute doré" de 8,4 millions d'euros prévu par son contrat de travail, alors que les groupes privés français Lagardère et allemand DaimlerChrysler, actionnaires de référence d'EADS, auraient souhaité qu'il s'en aille sans, compte tenu des 10.000 suppressions annoncées par l'avionneur en février 2007. C'est "tout simplement scandaleux", avait alors réagi M. Breton.
"Je n'ai parlé de la question du montant d'une quelconque indemnité de Noël Forgeard avec aucun des administrateurs d'EADS, ne fut-ce qu'une seule seconde, et je mets au défi n'importe lequel des administrateurs de vous dire le contraire", avait lancé M. Breton sur France info. A la suite, Bercy avait affirmé que les "allégations" de Challenges étaient "totalement infondées et grossièrement erronées".
Rappelant que l'Etat, qui détient 15% du capital d'EADS, n'était "pas actionnaire en direct" du groupe, le ministre a accusé le gouvernement de Lionel Jospin qui a "bâti le pacte d'actionnaires en 2000" d'avoir "voulu à l'époque que l'Etat ne puisse avoir aucun moyen d'intervention au sein de la société EADS". Les responsables socialistes "savent mieux que quiconque que l'Etat ne peut pas intervenir, je le regrette du reste", a affirmé M. Breton.
"Ce qui est choquant dans cette affaire, c'est que l'Etat ne puisse pas faire entendre sa voix", avait dit le ministre en s'interrogeant toutefois sur la justification de l'inscription de clauses concernant les indemnités de départ dans le contrat de M Forgeard, lors de sa signature en 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Sous-entendu, c'est plutot du côté des ministres en poste à l'époque, qu'il faudrait "investiguer" ...
III – Challenges met en cause Breton
"Tant Arnaud Lagardère, actionnaire français d'EADS, que Manfred Bischoff, représentant de DaimlerChrysler au conseil d'administration du groupe aéronautique européen, souhaitaient que (Noël) Forgeard fasse place nette sans se prévaloir de son parachute doré", écrit le magazine économique. La solution aurait alors été de le licencier pour faute, ce qui aurait entraîné un recours en justice de M. Forgeard, au risque de mettre en avant les différends franco-allemands et les difficultés du programme A380, explique le journal.
"Il n'en a pas fallu davantage pour que Thierry Breton, le ministre de l'Economie, impose un règlement négocié", écrit Challenges.
Toujours selon le magazine, M. Breton a donc fait appel à Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, pour servir de médiateur. "Son rôle a consisté à convaincre Noël (Forgeard) de partir et à convaincre les actionnaires d'accepter une séparation à l'amiable", explique un proche du dossier cité par Challenges, ajoutant que la seule solution consistait à respecter le contrat et verser les indemnités prévues.
IV – La France aurait fait pression selon les Allemands
Selon le coprésident allemand d'EADS, Thomas Enders, le gouvernement français aurait fait pression pour que l'ex-coprésident exécutif d'EADS, Noël Forgeard, se voit octroyer une indemnité de départ de plus de 8 millions d'euros. Thomas Enders affirme dans un entretien à la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) paru mardi 15 mai : "Le gouvernement français nous a d'une certaine façon tordu le bras". Le conseil d'administration a certes accepté que Noël Forgeard quitte le groupe avec les indemnités prévues dans son contrat de travail, "mais sous la pression du gouvernement français", ajoute-t-il.
Les membres allemands du conseil d'administration ont indiqué dans une note au bas du document entérinant les indemnités que ces dernières avaient été établies telles quelles sur le souhait du gouvernement français, poursuit-il.
Louis Gallois vient quant à lui de répondre dans un entretien accordé au journal Le Monde aux critiques de son homologue allemand, Thomas Enders. "Je ne comprends pas bien. Si des administrateurs n'étaient pas d'accord avec ces indemnités, ils n'avaient qu'à voter contre. Personne ne pouvait les obliger à voter pour."
V – Sarkozy n'aurait pas eu vent des conditions
Ancien collègue de M. Breton au gouvernement, Nicolas Sarkozy avait dit ne pas "connaître cette affaire", tout en jugeant "choquant" le fait que "Noël Forgeard soit parti avec 6 millions d'indemnités".
M. Sarkozy avait par ailleurs réaffirmé ne pas accepter "le principe des golden parachutes". C'est selon lui "la certitude qu'on aura pas de risque en cas d'échec. C'est donc contraire aux valeurs que je défends", a-t-il précisé.
L'Etat français étant "actionnaire de cette entreprise", la candidate socialiste Ségolène Royal avait jugé "inimaginable que le gouvernement n'ait pas été au courant" du montant de ces indemnités, soit 8,5 millions d'euros au total, octroyées à M. Forgeard lors de son éviction en juillet 2006.
Elle avait notamment précisé que – selon elle - "le fait que Noël Forgeard soit parti avec huit millions d'euros, alors que le gouvernement français, M. Breton, donc M. Sarkozy étaient parfaitement au courant, montre que dans cette affaire il y a eu beaucoup trop d'opacité".
Sources : AFP, Reuters, Challenges, Le Monde
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3 Commentaires
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L'économie et l'état sont incompatibles.
22 mai 2007 à 14:452
Le groupe Bolloré publie ce matin ses comptes de l'exercice 2006. Avec un chiffre d'affaires de 5,98 Milliards d'Euros, l'activité a crû de 9,8% par rapport à 2005. Le résultat opérationnel, en revanche, recule de 121 à 102 Millions d'Euros (-15,7%). Cela s'explique par les investissements lourds consentis dabs les batteries et voitures électriques ainsi que dans les médias. Le bénéfice financier 2006 de 557 ME intègre principalement une plus-value de cession de 541 ME sur les titres Vallourec. Le bénéfice net consolidé, à 640 ME, est en hausse de 64,1%. Le bénéfice net part du groupe ressort à 583 ME, plus que doublé en un an.
Côté bilan, les fonds propres ressortent à 3,89 MdsE contre 3,01 MdsE un an avant. L'endettement recule de 1,73 à 1,24 MdE. Le ratio dette nette sur fonds propres s'améliore de 0,57 à 0,32.
Un dividende de 0,72 euro par action sera proposé lors de la prochaine assemblé.
23 mai 2007 à 22:23http://www.boursier.com/vals/FR/bollore-benefice-net-2006-dope-par-les-plus-values-vallourec-news-227226.htm
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La nébuleuse Bolloré en Belgique PLUS DE 700 PERSONNES EMPLOYéES ET D'IMPORTANTS INTéRêTS FINANCIERS
Chez nous aussi, le milliardaire breton Vincent Bolloré, proche du nouveau président Sarkozy, possède des intérêts très diversifiés, depuis le holding Socfin jusqu'aux activités dans la publicité.
Les holdings La logistique et le transport L'industrie La communication
Avec près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires et plus de 30.000 personnes employées dans le monde, le groupe Bolloré fait partie des 500 plus grandes entreprises mondiales. Sa structure, qui manie les holdings en cascade, lui a permis de bâtir un empire avec une mise de départ relativement limitée. De l'entreprise familiale, et grâce à une valse d'acquisitions, de prises de contrôle et de cessions, Vincent Bolloré a construit un pôle industriel lié aux films plastiques et aux papiers, avant de se développer dans le tabac et le transport, puis de s'emparer du groupe Rivaud et d'investir dans les plantations, où il détient désormais plus de 140.000 hectares, principalement en Indonésie et en Afrique. Ses nouvelles ambitions ? La communication et les médias. Principal actionnaire de Havas et Aegis, il a lancé les quotidiens gratuits Direct Soir et Matin Plus et une chaîne de télévision numérique terrestre.
Atypique et en pleine mutation, son groupe a des allures de toile où même une araignée peinerait à retrouver son fil. Et ni Vincent Bolloré ni les sociétés de son groupe ne s'avèrent très diserts sur les détails de leurs activités. Nous avons malgré tout réussi à dresser la liste de ses principaux intérêts en Belgique. Pièce maîtresse : le holding Socfin, lié de près ou de loin à nombre d'activités du groupe : plantations, transport, industrie, communication.
La simplification, amorcée avec la fusion de Bolloré et Bolloré Investissement, pourrait bientôt toucher la Belgique. Certains spéculent notamment sur une liquidation de Nord-Sumatra. Et dans les filiales liées à la communication, si l'on se refuse à faire tout commentaire sur les relations avec le groupe Bolloré, la question d'un rapprochement entre Havas et Aegis agite les esprits.
Socfin (Société financière des caoutchoucs) (100 %)
Ce holding, logé au numéro 2 de la place du Champs de Mars à Bruxelles, a été radié de la cote le 11 septembre dernier, après la reprise par Bolloré des 3 % du capital détenus par le public - une offre qui valorisait Socfin à 333 millions d'euros. Son principal actif ? Une participation de 18,1 % dans Plantations des Terres Rouges, holding basé à Luxembourg, actif dans la production d'huile de palme, qui détient aussi des participations dans d'autres sociétés du groupe, et dont la capitalisation boursière se monte à 1,380 milliard d'euros.
Autres participations importantes de Socfin : 22,2 % dans Nord Sumatra Investissements ( voir ci-dessous ) ; 28,8 % dans Forestière Equatoriale, qui pèse 56 millions d'euros et détient des intérêts dans la liaison ferroviaire reliant la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, ainsi que dans le cacao et le café en Côte d'Ivoire ; et 18,7 % dans Safa, valorisée à 16 millions d'euros, active dans les palmeraies et les hévéas au Cameroun.
Nord Sumatra Investissements (72,4 %)
Capitalisation boursière de cette société basée à Bruxelles : 200 millions d'euros. Depuis la vente de sa participation dans Vallourec, elle gère surtout ses liquidités. Au 31 décembre dernier, ses placements de trésorerie et son disponible atteignaient en effet 159,4 millions d'euros - notamment logés dans 18.470.000 actions Aegis et 200.000 actions Bolloré.
SDV Belgium (99,18 %)
Spécialisée dans la logistique et transport tant à l'import qu'à l'export, cette filiale du groupe SDV, actif dans 88 pays, est installée à Anvers. Elle dispose aussi d'implantations à Brussels Airport et à Ostende. Elle emploie 125 personnes, et a réalisé en 2006 un peu plus de 92 millions d'euros de chiffre d'affaires. Comme le groupe Bolloré, elle a les yeux tournés vers l'Afrique : elle a récemment acheminé vers le Congo, via le port de Durban en Afrique du Sud, une vingtaine d'engins pour l'exploitation des mines de cuivre, transportés ensuite à travers le continent par camions surbaissés. Autre spécialité, parmi d'autres : le transport de fleurs (300 tonnes chaque semaine en provenance du Kenya, et 150 tonnes d'autres régions d'Afrique).
Saga Air Belgium (98,98 %)
Nettement plus petite, cette filiale est spécialisée en fret aérien, surtout à destination de l'Afrique et de la France. Elle emploie six personnes, et réalise un peu plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires.
Automatic Systems (86,96 %)
Le groupe Bolloré a repris en 2002 la société Automatic Systems, installée à Wavre. Spécialisée en portillons automatiques dans les métros ou les bureaux et en barrières de parking, elle emploie 300 personnes dans le monde. Son chiffre d'affaires consolidé avoisine les 50 millions d'euros. La majeure partie de la production est toujours effectuée en Belgique. Parmi les récents contrats, l'équipement d'autoroutes en Malaisie.
Euro RSCG
C'est une des trois divisions du groupe Havas, dont Vincent Bolloré est président et principal actionnaire à 30,54 % (il vient récemment d'acquérir les 3,94 % détenus par Sebastian Holdings). En Belgique, Euro RSCG réalise environ 15 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 145 personnes dans la publicité (Euro RSCG Brussels), le marketing relationnel (Euro RSCG 4D), le marketing commercial (The Retail Company) et le marketing santé (Euro RSCG Life)
MPG
24 mai 2007 à 00:02Autre filiale d'Havas active en Belgique, cette agence de media planning et d'achat d'espace emploie 25 personnes. En 2006, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 37 millions d'euros, ce qui représente 3 % du marché belge.
Aegis Media Belgium
C'est la filiale belge du groupe britannique Aegis. Un groupe dont Vincent Bolloré détient 29,16 % du capital, mais où il reste pour l'instant simple actionnaire - il bataille toutefois pour être représenté au conseil d'administration, et certains lui prêtent l'intention de rapprocher ensuite Havas et Aegis. Elle comprend les sociétés Carat et Vizeum (conseil média et achat d'espace) et Posterscope (affichage outdoor ). Elle emploie un peu plus de 100 personnes, et a réalisé en 2006 un chiffre d'affaires de 236 millions d'euros en Belgique, où elle détient 18 % de parts de marché.
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